Tunis : Pétrole-fiction ou propos de comptoir?

Tunis : Pétrole-fiction ou propos de comptoir?

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Les langues se délient mais apparemment pas dans le bon sens. Ce qui se dit actuellement sur les ressources naturelles dont regorgerait la Tunisie

Les langues se délient mais apparemment pas dans le bon sens. Ce qui se dit actuellement sur les ressources naturelles dont regorgerait la Tunisie, notamment le pétrole, singulièrement à la faveur de la campagne « Winou el Pétrole » ne concorde que très rarement avec verdict des chiffres. Il est affirmé sur tous les toits et toutes fréquences, que la Tunisie repose sur une mer de pétrole et que les gouvernements successifs n’en veulent piper mot, alimentant une déluge de rumeurs que le gouvernement avait accueillis au départ par un haussement des épaules, puis, la campagne « winou el Pétrole » allant croissant , il s’est résolu à « remettre les pendules à l’heure », pour ainsi dire , balayer d’un revers de main, tout ce qui est colporté sur la question.

On doit à la vérité de dire que les autorités, surtout celles en charge de l’énergie en Tunisie, y assument une grande part de responsabilité en se retenant de communiquer sur les ressources naturelles du pays, comme s’il s’agit d’un sujet tabou, étant stratégique par excellence. Et il n’en fallait pas davantage pour que les imaginations se laissent aller à ce qui pourrait ressembler à des fantasmes, comme il s’en passe sur les réseaux sociaux.

Ghannouchi monte au créneau

Devenu une question « brûlante » le pétrole « caché » s’est répandu comme un feu de brousse, au point d’interpeller vivement la classe politique. Le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, vient de livrer le fin fond de sa pensée sur le sujet, en jouant le pompier. Il a affirmé que « parler d’une Tunisie assise sur un océan de pétrole n’a aucun rapport avec la réalité », ajoutant que la Tunisie n’a pas assez de pétrole pour pourvoir à ses besoins et à sa consommation quotidienne et appelant le gouvernement de dire au peuple ce qu’il en est des ressources naturelles du pays.

Répondant aux accusations des d’hommes politiques derrière la campagne « winou el Pétrole » qui vise à renverser le gouvernement comme ils le soutiennent, Rached Ghannouchi a affirmé que celui qui veut renverser le gouvernement ou le remplacer devra solliciter les urnes ou l’ARP. « L’unique moyen de remplacer le gouvernement es le Parlement ou les élections », a-t-il dit.

D’une autre eau est notoirement la démarche de ceux qui sont derrière la campagne, et qui viennent d’y ajouter une autre, «”Hil eddoussi”, lancée par un dérivé du CPR, le « Courant démocratique ».Il s’agit, selon ses organisateurs, de « sensibiliser l’opinion publique sur les richesses naturelles du pays et à mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il ouvre ce dossier sensible ». Le membre du bureau politique du parti, Ghazi Chaouadi a même annoncé que le « Courant démocratique » est en train de mener des contacts avec des partis politiques et blocs parlementaires de l’opposition pour la création d’une commission d’enquête sur le dossier des richesses naturelles et ce dans le but d’amender le code des hydrocarbures.

Le parti a fait appel à un expert pétrolier, Habib Ben Farhat, pour donner crédit à ce qu’il avance, lequel a affirmé que les réserves pétrolières annoncées de la Tunisie s’élevaient en 1987 au 1 milliard 800 millions de barils, soit une moyenne de 10 000 barils au kilomètre carré, soit le double de celle du sous-sol algérien.

Ce volume à régressé en 1994-1995 à seulement 416 millions de barils, a-t-il indiqué se déclarant surpris que plus de d’un milliard 300 millions de barils se soient « évaporés ».

L’ETAP incrédule et parle de fiction!

Le PDG du principal acteur pétrolier du pays, l’ETAP, a affirmé et juré des grands Dieux que « la Tunisie ne dort pas sur une mer de pétrole, c’est une fiction et que des tiraillements politiques sont derrière la campagne ‘Winou el Pétrole’ sur les réseaux sociaux ». Et pour étayer ses affirmations, il a rappelé que le pays produisait auparavant 55.000 barils de pétrole par jour mais n’en produit à tout casser que 51.000 suite à la suspension de deux chantiers à Kébili, révélant ensuite que « la production de pétrole cette année atteindra 6 millions de tonnes alors que la consommation, elle, sera de 10 millions de tonnes », soit 4 millions de tonnes manquantes.

M.L.

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