«L’ISIE n’a enregistré nul cas d’électeur déclaré décédé ayant voté au second tour des élections présidentielles». C’est ce qu’a assuré Chafik Sarsar, président de l’Instance lors d’un point de presse qui s’est tenu au palais de congrès, remarquant que «l’instance doit reprendre les 11 mille registres de vote repartis entre les différents bureaux de vote pour vérifier les listes et les personnes qui ont voté».
La déclaration de Sarsar vient en réponse à deux recours déposés, mercredi, par deux citoyens auprès duTribunal administratif contre les résultats préliminaires des présidentielles annoncés lundi dernier par l’ISIE.
S’appuyant sur l’article 8 de la loi électorale stipulant que l’ISIE est tenue de retirer les noms des personnes sitôt déclarées décédées, Chafik Sarsar a indiqué que l’ISIE s’est conformée à loi et le registre d’électeurs a été par la suite publié sur le site de l’instance depuis 26 août dernier. « L’ISIE élimine immédiatement les personnes déclarées mortes et cette élimination ne se ferait que sur la foi de la déclaration du décès auprès des autorités compétentes », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « depuis la clôture du processus d’inscription des électeurs le 26 août, aucune remarque n’a été reçue de la part de quiconque ».
Sarsar a cependant reconnu qu’ « il est ordinaire de trouver des noms de personnes mortes portés sur les registres et qui sont décédées après l’achèvement des procédures d’enregistrement et de mise en place des registres de vote ».
Il a par ailleurs souligné qu’ « on aurait préféré que ces deux citoyens aient eu recours à la justice, si jamais elles détenaient des preuves attestant des irrégularités alléguées ». Sarsar a dans ce cadre rappelé que les différents bureaux de vote ont été contrôlés par les représentants des partis politiques estimés à plus de 31 mille pour Moncef Marzouki contre 29 mille pour son concurrent, Béji Caïd Essebssi. « Tout ce qu’a été colporté à ce sujet ne l’a pas été à juste titre car seuls 2% des représentants de deux candidats à la présidentielle ont émis des réserves. Bien plus, le jour de scrutin, aucun dépassement de ce genre n’a été enregistré », a-t-il affirmé.
Un constat partagé par Riadh Bouhouche, membre de l’ISIE qui n’a pas manqué d’affirmer que l’ISIE a éliminé des registres 55940 personnes qui ont trouvé la mort outre 9982 nouveaux affiliés aux corps actifs ainsi que 984 interdits de vote, selon les dernières statistiques de ladite instance.
Bouhouche a dans contexte fait savoir que le retrait du registre électoral s’est effectué tout en se basant sur les donnés d’électeurs en établissant une comparaison entre les élections de 2011 et celles de 2014. « On ne peut se prononcer qu’au vu de données avérées et confirmées », a-t-il indiqué en réaction aux informations relayées sur les réseaux sociaux selon lesquelles des personnes décédées ont voté le 21 décembre. Des informations qui risquent de perturber le processus électoral, d’après certains observateurs étant donné que plusieurs régions se sont soulevées contre les résultats préliminaires en organisant des mouvements de protestation pour exprimer leur colère.
Le recours de Marzouki n’aura pas d’effet sur les résultats
De son côté, Kamel Toujani, membre de l’ISIE a assuré que si Marzouki veut saisir la justice judiciaire, ceci sera de nul effet sur les résultats définitifs du second tour qui seront annoncés prochainement. Comme explication, il a indiqué que la justice judiciaire n’a vocation à connaître que des dépassements considérés comme des crimes électoraux.
Les précisions de l’ISIE à propos de ces dépassements viennent alors même que le Tribunal administratif a rejeté, ce vendredi dans la matinée les recours déposés par les deux citoyens contre ces résultats pour vice de forme.
Suite à ce rejet, les résultats officiels du second tour des présidentielles seront vraisemblablement annoncés dans l’après- midi du lundi 29 décembre 2014, a précisé l’ISIE.
Wiem Thebti








