Le gouvernement semble avoir choisi résolument le parti de la transparence s’agissant des ressources naturelles du pays, surtout les ressources énergétiques. La campagne « winou el petrol » est-elle passée par là ? Sans doute. D’autant que rares étaient jusqu’alors les occasions où les autorités ayant la charge de la politique énergétique du pays, s’exprimaient sur la question avec force détails et chiffres à l’appui.
Le ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, Zakaria Hamad, avait affirmé il y a deux semaines devant une commission de l’ARP que « le gouvernement n’a rien à cacher concernant le dossier énergétique », et qu’il se tenait à la disposition de n’importe quelle commission spéciale intéressée par le suivi et le contrôle de l’exploitation des ressources naturelles. Donnant le la de cette démarche dite de transparence, il avait alors présenté aux parlementaires des chiffres qui attestent que, contrairement à ce que disent certains, « la Tunisie n’est pas un pays riche en gaz et en pétrole », sans s’excepter de s’égosiller à dire que « le rendement des gisements gaziers et pétrolifères est très faible par rapport à celui d’autres pays ».
Joignant l’acte à la parole le gouvernement vient par le biais de l’Observatoire National de l’Energie, livrer de nouveaux chiffres sur la production nationale de pétrole brut. Ils concernent ceux arrêtés à fin avril 2015, avec une baisse de 6% en atteignant 830 kt.
Ila été expliqué que cette régression est due à celle de 30% de la production du champ Hasdrubal, et ce au problème survenu au niveau de l’unité de traitement du GPL et qui a été accompagnée par une augmentation de la production d’eau à partir de janvier 2015. D’où, une réduction de la production a été nécessaire pour permettre de résoudre les problèmes engendrés par cette augmentation.
S’y ajoute l’arrêt de la production au champ Chergui à cause des problèmes sociaux ainsi qu’un recul de 45% de la production de champ Anaguid Est suite à la fermeture provisoire des puits Amani#2 et Nada#1 pour des raisons économiques afin de minimiser le torchage du gaz en attendant la finalisation du projet du pipeline.
Parmi les autres raisons de la baisse de la production nationale de pétrole brut, il est cité la poursuite du déclin naturel de la production au niveau des principaux champs, notamment ceux d’Hasdrubal, Adam, Cherouk, Ouedzar, Didon, et MLD.
En dépit de cette situation, une tendance haussière a été affichée au niveau de la production de certains champs comme El Hajeb/Guebiba (+9%), Champ Ashtart (+ 14%) sachant que la production a baissé en début de 2014 suite à des travaux sur ces deux champs, Champ Baraka (+39%) , Champ Cercina (+71%) et Champ Sabria (135%) suite à l’entrée en production du puits « Sabria 12 bis » le 14 décembre 2014 et l’entrée en production progressive d’un nouveau puits de développement « Sab#13 » depuis le 27/04/2015.
Le gaz naturel aussi !
La production nationale de gaz naturel n’est pas en reste. Elle aussi a baissé, et bien plus que le pétrole : -11%, selon le dernier rapport de l’Observatoire National de l’Energie. Ce recul s’explique, selon la même source, par la chute de la production du champ Hasdrubal (-24%), la diminution de production du champ Miskar (-5%) et celle de la production du champ chergui (-21%) à la suite à l’arrêt de la production entre le 10 mars 2015 et le 17 avril 2015 pour cause de problèmes sociaux.
Bien plus, les importations de gaz en provenance d’Algérie ont accusé un recul de 6% à fin avril 2015 par rapport à fin avril 2014 pour s’établir à 655ktep. Ce repli est dû à une substitution partielle du gaz naturel par une quantité de 145 ktep de fuel pour la production électrique du fait que son prix d’importation est encore en dessous de celui d’importation du gaz algérien.
Cette tendance baissière a aussi touché l’approvisionnement national en matière de gaz naturel, soit -10% pour se situer à 1456 ktep.
M.L.








