AccueilLa UNETunis-UBCI :Une AG agitée avec querelles verbales et accusations!

Tunis-UBCI :Une AG agitée avec querelles verbales et accusations!

L’assemblée générale des actionnaires de l’UBCI, filiale tunisienne du groupe bancaire français BNP Paribas, s’est enfin tenue ce jeudi 5 février 2015. Ouverte dans une atmosphère tendue, elle ne s’est pas terminée sans quelques accrochages verbaux, avec parfois des échanges assez violents entre un membre du conseil d’Administration français (Jacques Desponts) et un actionnaire tunisien à la tête d’un important groupe exerçant dans le secteur du bois et dérivés (Khaled Sellami) et même entre ce dernier et un autre Tunisien membre du Conseil d’Administration (Mohamed Riahi). Des propos mots indécents parfois, des secrets bancaires jetés en pâture et des accusations ont fusé de part et d’autre, avec un Khaled Sellami qui n’arrêtait pas de se saisir du micro et d’interrompre les travaux de l’AGO pour relever des «irrégularités» par ci et par là, en promettant de porter tout cela en justice après s’être assuré que les travaux de l’AGO sont enregistrés et sans oublier de lancer une accusation de faux à l’encontre de la direction de la banque alors qu’il évoquait la transcription des travaux de l’AGO précédente. Khaled Sallami ira jusqu’accuser un autre administrateur français d’avoir fait disparaître des factures. Il étale sur la place publique le contrat salarial du DG de l’UBCI Patrick Poupon en le comparant au Smig tunisien, demande la restitution de la contrepartie financière de toutes les conventions, «prise en dehors de toute légalité » dit-il. Dans la salle, il n’y avait presque lui qui parlait essayant de faire feu de tout bois et même parfois de paille !

La querelle entre le groupe Sallami et la banque où le père est pourtant administrateur, ne date pas d’aujourd’hui. Cela remonte à plusieurs années et cela s’est même transformé en plusieurs plaintes pour faux et usage de faux, pour abus de biens sociaux et autres accusations déposées par le groupe Sellami notamment qui traîne en justice administrateurs français et tunisiens sans distinction. L’affaire culmine lorsqu’en juillet de l’année dernière la BCT refuse les comptes suite à des réserves des commissaires aux comptes sur le bilan de l’exercice 2013. A cela, s’ajoutera plus tard un litige sur les conventions qui lient l’UBI et sa banque-mère et leur volume financier considéré comme prohibitif par des actionnaires tunisiens qui en demandent la révision. De nouveau intervient la BCT qui suspend tout transfert d’argent à la BNP Paribas.

Mais la BCT entreprend en même temps une médiation entre Français et Tunisiens et arrive à la fin de l’année à une solution médiane. Aux termes de cet accord, notamment, la banque française BNP Paribas rembourse à l’UBI 17 MDT, mais ne le dit pas en ces termes. Pour la banque, il s’agit simplement de «mesures financières complémentaires». L’accord fixe, aussi et surtout, l’impact financier de toutes les conventions qu’elle pourrait signer avec sa filiale, à un taux maximum de 2,5 % du PNB de l’exercice précédent. Cette intermédiation supposait alors que le groupe Sallami et ceux qui le suivent, retirent toutes leurs plaintes. On croyait alors que l’affaire UBI était définitivement close. Il n’en sera rien. Les plaintes continuent et le dernier à avoir reçu une convocation de la Brigade économique était l’administrateur Mohamed Riahi. On nous dit même, en marge de cette AG agitée, que les contestataires vont essayer d’annuler cette énième AG de l’exercice 2013.

En attendant, toutes les résolutions ont été votées à la majorité, et même lorsque les membres français du Conseil d’Administration ne votaient pas, pour des résolutions où ils n’avaient pas droit de vote, la résolution passait. Nous y reviendrons.

Khaled Boumiza

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