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Une eau potable pas si potable que cela. Au mieux, elle sentirait le soufre !

La période estivale a été entachée d’une avalanche  de plaintes des citoyens quant à la qualité de l’eau potable en Tunisie, en particulier pendant la période de consommation de pointe, compte tenu de la saison touristique.

En effet, la société locale chargée du « traitement de l’eau », la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution de l’Eau (SONEDE),  a rarement réussi à assurer la distribution de  l’eau dans toutes les régions, comme en témoignent les  fréquentes interruptions massivement enregistrées,  en plus de son incapacité de fournir aux clients une eau potable de qualité acceptable pour ne pas dire élevée.

On en est arrivé aujourd’hui au point où quand on ouvre le robinet, on trouve de l’eau avec du goût, de l’odeur et de la couleur, une eau qu’on ne peut ni  boire, ni utiliser pour la cuisson, ni se baigner avec.

La ruée vers l’eau en bouteille

Au jour d’aujourd’hui, le citoyen tunisien se voit obligé d’acheter de l’eau minérale en bouteille ou de creuser des puits pour ceux qui en ont les moyens.

La Tunisie a, en effet, enregistré la consommation de 2,7 milliards de litres d’eau minérale en 2020, soit une augmentation de 831% par rapport à l’année 2000, où la consommation était estimée à 290 millions de litres.

La Tunisie se classe au quatrième rang mondial pour la consommation d’eau minérale, avec une moyenne de 227 litres par habitant.

Le secteur des eaux minérales comprend 30 unités de production et 24 entreprises réparties sur 12 gouvernorats, avec une capacité de production de 364.000 bouteilles par heure, une capacité d’exploitation équivalente à 3.000 emplois et un  chiffre d’affaires de 813 millions de dinars, selon les chiffres de l’année 2020.

Une eau potable saine, affirment  les autorités

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Mahmoud Elyes Hamza, a souligné que la SONEDE est soucieuse de fournir une eau potable répondant aux normes tunisiennes, car elle effectue une surveillance quotidienne de l’eau distribuée sur tout le territoire, allant de la source jusqu’au client,  au travers d’analyses bactériologiques avec environ 53 mille échantillons pratiquées par  les services de l’entreprise et 35 mille échantillons à travers le ministère de la Santé. Le pourcentage d’échantillons identiques a atteint 97,2%.

À cet égard, le ministre a nié la possibilité d’une contamination de l’eau à la suite de fuites que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur des conduites d’eau  étant donné que le réseau de l’entreprise fonctionne sous pression.

Hamza a souligné, dans un communiqué de presse, que la coupure d’eau dans certaines zones pendant le pic estival est principalement due à la pénurie des ressources en eau suite aux fréquentes sécheresses depuis sept ans  dues aux changements climatiques.

La goutte qui a fait déborder le vase !

Mais la goutte qui a fait déborder le vases, c’est cet appel lancé  par le  Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme, Pedro Araujo Agudo, à l’issue d’une visite en Tunisie, la semaine dernière,  demandant aux autorités d’accorder  la priorité à la distribution de l’eau pour usages personnels et domestiques plutôt qu’industriels, et assurer l’accès des Tunisiens à l’eau potable face à la rareté des pluies et des ressources en eau dans plusieurs régions du pays.

Pedro Araujo a effectué une visite de 12 jours en Tunisie, au cours de laquelle il a rencontré un certain nombre de responsables gouvernementaux, dont le ministre des Affaires étrangères et des militants des droits de l’homme.

À l’issue de sa visite, il a recensé une série de défis auxquels est confrontée  la distribution d’eau potable en Tunisie, notamment en milieu rural.

Sécheresse et changement climatique

Le président directeur général de la Société nationale d’exploitation et de distribution de l’eau, Mosbah Helali, a pointé les six années de sécheresse, soulignant que les réserves des barrages est estimé à seulement 39% de leur capacité.

Le stock d’eau de la Tunisie au niveau des barrages a diminué à 953 millions de mètres cubes, ce qui constitue un taux de remplissage de 41,2% à un moment où la plupart des régions vivent dans un état de sécheresse.

L’Observatoire national de l’agriculture a indiqué dans son dernier bulletin que les précipitations enregistrées entre le 21 septembre 2021 et le 22 juillet 2022, se sont élevées à environ 131,8 mm, soit 59% par rapport à la moyenne de la même période de la saison précédente.

Le Sud-est arrive en tête de liste des régions les plus déficitaires en termes de précipitations avec un taux de 79,2%, suivi de la région du Sud-ouest avec 56,9%, le Centre-est de 47,1% et le Centre-ouest de 38%, alors que ce déficit atteint 21,6% dans le Nord-est et 14,6 % dans le Nord-ouest.

Les réserves totales des barrages, au 17 juillet 2022, s’élevaient à environ un milliard et 90 millions de mètres cubes, ce qui représentait une baisse d’environ 754 millions de mètres cubes par rapport aux débits enregistrés au cours de la même période estimés à un milliard et 845 millions mètres cubes, contre une augmentation d’environ 305 millions de mètres cubes par rapport au 17 juillet 2021.

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