La secrétaire générale du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT), Thouraya Ennaifer a souligné que le marché pharmaceutique tunisien enregistre une pénurie de certains médicaments, fortement constatée au cours de la semaine écoulée.
Cette pénurie a touché plusieurs médicaments vitaux, notamment ceux utilisés dans le traitement de la thyroïde, de troubles psychiques et de certains cancers, et qui sont pour la plupart des médicaments importés.
Citée par TAP, Ennaifer a expliqué que cette situation est due essentiellement à des difficultés financières et logistiques au niveau de la Pharmacie Centrale de Tunisie qui attend toujours le règlement de ses créances auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).
Elle a appelé à la tenue régulière de la réunion du Comité de Pharmacovigilance au sein de l’Agence Nationale des Médicaments et des Produits de la santé (ANMPS), prévue une fois par mois, afin de chercher des solutions efficientes pour surmonter la crise.
Les génériques couvrent 60 % des besoins locaux
Pour sa part, le président de l’Association tunisienne des médicaments génériques et expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Kamel Idir, a estimé que la rationalisation de l’usage des médicaments constitue l’un des piliers essentiels de la politique pharmaceutique.
Il a souligné que la promotion des médicaments génériques et des bios similaires représente un enjeu majeur pour le développement des systèmes de santé à l’échelle mondiale, afin de réduire les dépenses et garantir un accès équitable aux traitements, rapporte Mosaïque fm.
Idir a rappelé que 60% des besoins de la Tunisie en médicaments sont couverts par l’industrie nationale des génériques, initiée dans les années 1990. Il a cependant relevé que ce secteur fait face à certaines difficultés, malgré ses avantages thérapeutiques, identiques à ceux des médicaments d’origine.
Dans un contexte marqué par des perturbations dans l’approvisionnement, il a appelé à un effort collectif pour offrir aux Tunisiens les meilleurs médicaments, au moindre coût. À ce titre, l’Association tunisienne des médicaments génériques a conclu une convention avec la Faculté de pharmacie, visant à encourager l’usage des génériques.
A noter que le secteur pharmaceutique tunisien continue d’aller de l’avant malgré des défis persistants. Au-delà des difficultés que traverse le pays, cette industrie demeure robuste, en répondant aux besoins de la population en médicaments et en contribuant significativement à la prospérité économique du pays, et ce, même durant les moments les plus difficiles comme en témoigne sa résilience face à la crise sanitaire déclenchée par Covid-19.
Conscient de l’enjeu, l’État a renforcé son engagement en faveur de ce secteur depuis la fin des années 80. À cette époque, une industrie d’État ne couvrait qu’entre 5 et 6% des besoins nationaux en médicaments. « Une clarification politique en matière d’investissement sectoriel et des mesures incitatives spécifiques ont donc stimulé une dynamique positive dans le secteur » souligne le conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT).
Pendant longtemps en Tunisie, la gestion administrative des médicaments était fragmentée entre plusieurs structures, ce qui constituait un obstacle au développement du secteur de l’industrie pharmaceutique.
Longtemps réclamée par les professionnels du secteur, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé a été mise en place en vertu de la loi n° 2023-2 du 12 juillet 2023.
Perçue comme un signal fort de l’engagement de l’Etat en faveur d’une démarche de consolidation et de développement de cette industrie, cette agence unifie les structures de gestion des médicaments et produits de santé. Elle a pour mission d’instaurer une politique nationale cohérente dans le domaine pharmaceutique, renforçant les contrôles sur la fabrication, l’enregistrement, l’importation, l’exportation, la distribution et la commercialisation de ces produits.








