Une si grosse rémunération pour une petite banque, avec un «bénéfice par...

Une si grosse rémunération pour une petite banque, avec un «bénéfice par crédit» !

par -

Neuf mois après sa clôture, la filiale de la plus grosse des banques qataries, la QNB Tunisie, vient de rendre public son bilan financier pour l’exercice 2018. La petite banque affichait ainsi un total de produits d’exploitation, de moins de 100 MDT (96,888 MDT pour l’exactitude), certes en hausse de presque de 29 MDT, par rapport à 2017.

Le PNB reste cependant stable, au millime près, au niveau des 49,843 MDT de l’exercice 2017. L’explication pourrait se trouver dans les «pertes sur portefeuille des titres commerciaux et des opérations ». Une perte de 20,361 MDT, plus importante qu’en 2017.

Les provisions de la banque, pour risques et corrections, baissent de plus de 4,5 MDT. Mais les charges du personnel augmentent de presque 2,5 MDT. Il faudra aussi y ajouter les 0,687 MDT en hausse des charges générales d’exploitation. Le résultat d’exploitation n’en bondit pas moins de 1,383 MDT, laissant un résultat net de 3,191 MDT, en hausse par rapport au petit résultat de 1,887 MDT pour 2017.

La QNB n’en reste pas moins fragile. En effet, le total des actifs (dont fonds propres : 272,335 MDT) était de 1,671 milliard DT. Le total passif (dont BDT et autres 226,178 MDT), était par contre de 1,493 milliard DT. Une liquidité donc sur la corde raide. D’ailleurs, en fin de période, la liquidité était négative de 454,320 MDT.

Remarquons aussi que «la banque a constitué des réserves sur le portefeuille client, de 3,215 MDT qui ont été couvertes par une garantie de la banque-mère d’un montant de 49,306 MDT, par un Swift en date du 30 mai 2019», selon la même source. Cette pratique, peu orthodoxe estiment des experts contactés par nos soins, permet à la QNB de «réduire la somme des réserves nettes pour l’exercice 2018, à seulement 3,2 MDT (Cif : Rapport des CC) par un «crédit» octroyé par la banque-mère. Que serait donc le résultat, si cette provision n’avait pas été couverte par la banque-mère ? Certainement pas bénéficiaire. Ce qui est certain, c’est que le résultat net des 3,191 MDT ne provient nullement de l’exploitation et du travail de la banque, mais du soutien de sa banque-mère !

Remarquons aussi que, depuis avril 2003, la QNB bénéficie de la possibilité de déduire les pertes issues de la cession de son portefeuille de crédits et participations, à sa propre société de recouvrement, du résultat imposable. La QNB n’a ainsi payé au Fisc en 2018, que le minimum d’impôt, c’est-à-dire 302 mDT.

Cela fait donc ainsi 16 ans que la QNB, qui n’est par ailleurs plus une banque publique, n’arrête pas d’épurer son portefeuille accroché, de le revendre à petits prix à la TQR (société de recouvrement filiale de QNB) et d’empocher des dividendes de sa filiale de recouvrement. Selon le rapport des commissaires aux comptes, la QNB a empoché le total de 1,126 MDT, sans compter les 9.400 DT de loyer, à la TQR, dans les locaux de la QNB.

Pour un tel résultat, le DG a touché, en 2018, selon le rapport des commissaires aux comptes de la banque, une rémunération de 1,751 MDT en hausse de 41.581 DT par rapport à 2017. Un montant qui représente plus de 50 % du résultat net de toute l’année. Sans vouloir remettre en cause quoique ce soit ou donner des leçons de bonne gestion à quiconque, cela fait au DG de la QNB une rémunération mensuelle de presque 146 mille DT. Au lever de chaque jour, son compte bancaire est, pour ainsi dire, crédité de presque 5.000 DT.

Une rémunération annuelle enfin, celle de 2018, qui représenterait quelques 34 fois le salaire annuel du ministre des Finances, par exemple, et 25 fois salaire annuel du chef du gouvernement. Interrogé par nos soins, un expert financier commente que c’est «un salaire insolent» !

1 COMMENTAIRE

  1. Ça fait moins de 60 millimes par seconde. En trois secondes il achète une baguette. C’est peanuts pour ce pauvre homme!
    Quelle indécence!

Laisser un commentaire