Le secteur pharmaceutique et les difficultés rencontrées par les officines notamment dans les régions intérieures ont été au centre d’une réunion tenue ce vendredi entre le ministère de la Santé et le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT).
Selon un communiqué du SPOT, le ministère de la Santé s’est engagé à prendre un ensemble de mesures d’accompagnement visant à garantir la pérennité de l’activité des pharmacies et à consacrer le droit d’accès équitable aux médicaments et aux services de santé sur l’ensemble du territoire en attendant de trouver d’autres solutions conjointement.
Les deux parties ont également convenu de mettre en œuvre la plateforme de veille pharmaceutique et de lancer les travaux techniques nécessaires à son entrée en activité.
La rencontre a, par ailleurs, porté sur les moyens de maintenir une bonne relation entre le Syndicat des pharmaciens et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et la nécessité de trouver des solutions pratiques qui préservent les droits de toutes les parties concernées.
Le Syndicat a, en outre, soutenu la proposition de la présidente du conseil national de l’ordre des médecins relative à l’adoption de la prescription en dénomination commune internationale (DCI) des médicaments, comme le recommande l’Organisation mondiale de la Santé et conformément à ce qui est déjà en vigueur dans le secteur public.
D’après le communiqué, il a été convenu d’appliquer cette orientation et de l’inscrire dans le cadre légal et réglementaire, afin de rationaliser la consommation de médicaments, améliorer la qualité des services de santé et renforcer l’industrie pharmaceutique locale.
Des médicaments vitaux touchés
Rappelons également, que la secrétaire générale du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT), Thouraya Ennaifer a souligné, dimanche à l’Agence TAP, que le marché pharmaceutique tunisien enregistre une pénurie de certains médicaments, fortement constatée au cours de la semaine écoulée.
Cette pénurie a touché plusieurs médicaments vitaux, notamment ceux utilisés dans le traitement de la thyroïde, de troubles psychiques et de certains cancers, et qui sont pour la plupart des médicaments importés.
Selon Ennaifer, cette situation est due essentiellement à des difficultés financières et logistiques au niveau de la Pharmacie Centrale de Tunisie qui attend toujours le règlement de ses créances auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.
Elle a appelé à la tenue régulière de la réunion du Comité de Pharmacovigilance au sein de l’Agence Nationale des Médicaments et des Produits de la santé (ANMPS), prévue une fois par mois, afin de chercher des solutions efficientes pour surmonter la crise.
Le purgatoire des patients !
De son coté, Hichem Boughanmi, membre de la Fédération générale de la santé et secrétaire général du Syndicat des pharmaciens d’officines, a déclaré sur Mosaïque que des malades vivent un calvaire quotidien, en raison de la pénurie de certains médicaments essentiels.
« Il y a manque, sinon pénurie, de médicaments traitant l’épilepsie, le cancer, le diabète, les maladies du sang, qui n’ont pas de génériques en Tunisie.
Des patients meurent parfois parce qu’ils n’ont pas reçu suffisamment ou régulièrement les doses nécessaires à leur survie », a-t-il déploré.
Et d’ajouter : « la pénurie de médicaments existe, depuis longtemps. Parfois, elle est moins visible ou moins grave, mais elle n’a jamais vraiment disparu. La crise que connaît la société pharmaceutique SIPHAT n’a fait qu’aggraver la situation », a-t-il ajouté.









On ne peut pas faire partie du problème et de la solution.
Le problème s’appelle CNAM. Tant que cette aberration existera, il n’y aura jamais de ressources pour les hôpitaux et la pharmacie centrale.