La Tunisie 7ème dans l’indice Mo Ibrahim de gouvernance en Afrique. Elle...

La Tunisie 7ème dans l’indice Mo Ibrahim de gouvernance en Afrique. Elle fait beaucoup moins ailleurs !

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La fondation Mo Ibrahim vient de rendre public son rapport sur la gouvernance en Afrique, dont les résultats ont été mesurés pendant la décennie 2006-2015.

La Tunisie y est classée 7ème, précédée par l’Afrique du Sud (6e) et la Namibie (5e) en matière de gouvernance globale, et suivie par le Ghana (8e) et le Rwanda (9e). L’Algérie et le Maroc, eux, sont respectivement 22e et 12e sur les 54 pays africains étudiés.

L’Ibrahim Index of African Governance (IIAG), mis en place en 2006, se définit comme un «outil de mesure et de surveillance de la gouvernance de tous les pays africains, pour évaluer les progrès effectués au fil des années et soutenir le développement des solutions efficaces et adaptées aux politiques». La gouvernance, elle, est décrite comme étant la «fourniture des biens et des services publics politiques, sociaux et économiques que chaque citoyen est en droit d’attendre de son Etat, et qu’un Etat a la responsabilité de fournir à ses citoyens».

La Tunisie y figure en bonne place (7ème) et à la première position parmi les pays du Printemps arabe Elle a amélioré la moyenne de sa tendance annuelle de +0,61 durant la dernière décennie à +0,90 au cours des cinq dernières années. En 2016, la Tunisie a réalisé le meilleur score dans toutes les catégories et dans 10 sous-catégories, à savoir l’Etat de Droit, la redevabilité, la sécurité personnelle, la sécurité nationale, la participation, les droits, l’égalité entre les sexes, la gestion publique, le bien-être et l’éducation.

Dans le détail, la Tunisie obtient le score de 62,9 au titre de la sécurité & Etat de Droit, où elle est classée 14ème en Afrique, alors que pour l’Etat de Droit, son score est de 67.0 ce qui la place à la 12ème position.

Elle est 1ère en matière d’accès à la justice avec le score de 100.0, 8ème en transfert des pouvoirs, 9ème en indépendance de la justice, 11ème en droits de propriété mais 35ème en matière de procédures judiciaires avec le           score de 33,3.

Pour ce qui est de la redevabilité, la Tunisie est créditée du score de 61,9, ce qui lui vaut la 5ème place en Afrique. Elle est 2ème en services publics en ligne, 3ème dans la sous-catégorie corruption des fonctionnaires, avec le score de 80,0, 4ème en matière de détournement de fonds publics, 19ème en enquêtes sur la corruption et 7ème pour ce qui est de la redevabilité et de la transparence du secteur public avec le score de 74 ,6.

La sécurité, talon d’Achille

Au chapitre de la sécurité personnelle, la Tunisie est 33ème pour un score de 42,1, en régression de – 1,86 au cours des 10 dernières années et -0,10 durant les 5 dernières années. Elle est 36ème pour la sécurité de la personne, 24ème pour le services de police, 50ème pour les désordres sociaux, 17ème pour la criminalité avec le score de 59,3, 17ème également pour la violence politique et 21ème pour la traite des êtres humains avec le score de 25.0.

S’agissant de la sécurité nationale, la Tunisie obtient le score de 80,8, et la 29ème position dans le continent africain. Elle est classée 19ème en matière d’implication du gouvernement dans les conflits armés, 25ème en conflits armés intérieurs et 31ème en tensions transfrontalières. Toutefois, elle est créditée de la 1ère position pour ce qui est des personnes déplacées et de la 20ème pour les réfugiés politiques.

Au volet participation et droits de l’homme, la Tunisie est classée dans l’Ibrahim Index of African Governance (IIAG) à la 18ème position avec le score de 57,7. Sa meilleure performance tient à la légitimité et processus politique où elle figure à la 7ème place pour un score de 77,8, la moins bonne, c’est celle ayant trait à la liberté d’expression où elle est 33ème avec le score de 54,4, mais aussi au titre des élections libres et transparentes, où elle est classée 29ème pour le score 51,3.

Mais c’est dans la catégorie égalité entre les sexes qu’elle fait mieux, surtout en matière de la place de la femme dans le système judiciaire où elle occupe le 1er rang en Afrique et en matière de protection contre la discrimination où elle est 3ème et en matière d’égalité dans l’emploi où elle tient la 4ème position en Afrique.

Mauvaises Fiscalité et transparence

Pour les opportunités économiques durables, la Tunisie est 19ème à l’échelle africaine avec le score de 49,5. Dan cette catégorie, elle est 23ème en gestion publique pour un score de 47,8, 7ème en administration publique avec le score de73,9, 21ème en en gestion budgétaire et 40ème en matière d’équilibre du budget. Concernant la politique fiscale, la Tunisie occupe la 14ème place pour le score de 74,6 et la 22ème place pour la mobilisation de ressources financières avec le score de 50,3, sans oublier l’important volet ayant trait à la transparence des entreprises publiques où le score est 0.0 et le classement 26ème.

S’agissant du climat des affaires, la Tunisie figure en milieu du tableau sauf en matière d’intégration régionale où elle est 3ème pour le score de 87,5. Ainsi, pour l’environnement de l’investissement, elle est classée 21ème avec le score de 61,1, alors que concernant la concurrence, elle est 30ème moyennant le score de 48,4.

Performances en développement humain

Pour ce qui est enfin du développement humain, la Tunisie obtient le score de 70,5, qui la place au 9ème en Afrique, le même qu’elle occupe s’agissant du bien-être avec le score de 61,5. A ce titre, elle aligne les performances et les premiers rangs, notamment en matière de campagnes de santé publique et d’enraiement de la sous-alimentation où elle est classée 1ère avec le score sans appel de 100.0. Elle est 2ème en lutte contre l’exclusion sociale, en qualité de l’éducation et en ressources humaines dans l’enseignement primaire, 3ème en politique environnementale et vaccination, 4ème pour ce qui est du filet de protection sociale et mortalité infantile, 5ème en services sociaux, en inscriptions dans l’enseignement supérieur, en mortalité maternelle, en accès à l’assainissement et en morbidité. Mais la Tunisie fait beaucoup moins en matière de priorités de réduction de pauvreté (37ème) en services de santé de base (31ème), en inégalités de revenus ( 31ème) et en prestations en matière d’éducation ( 32ème).

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