Le traumatisme du 11 septembre ne s’est pas résorbé 15 ans après que 19 pirates de l’air d’Al-Qaïda avaient détourné quatre avions pour les précipiter sur les tours du World Trade Center à New York, sur le Pentagone près de Washington et dans la campagne de Pennsylvanie à Shanksville. Des attentats qui avaient marqué la première attaque étrangère sur le sol métropolitain des États-Unis depuis près de 200 ans. Les États-Unis répondraient en lançant une « guerre mondiale contre le terrorisme » qui fait rage encore aujourd’hui. Quelque 75 000 personnes souffrent toujours aujourd’hui de troubles mentaux et physiques liés à ces attaques, dont de nombreux urgentistes ayant respiré des particules cancérigènes en tentant de sauver des vies.
Des traces indélébiles non seulement aux Etats-Unis , mais presque partout dans le monde singulièrement, au Proche et Moyen-Orient, l’Afghanistan et plus encore en Irak, en ruines et très fréquemment par des attentats plus meurtriers les uns que les autres.
Aux antipodes des chiffres jusqu’à présent convenus , comme les 110 000 morts avancés par l’une des références en la matière, l’« Iraq Body Count » (IBC), qui inclut dans une base de données les morts civils confirmés par au moins deux sources journalistiques, la revue médicale « Lancet », laquelle avait estimé le nombre de morts irakiens à 655 000 entre 2003 et 2006. Depuis le déclenchement de la guerre par George W. Bush, il est question du chiffre vertigineux d’au moins 1 million de morts civils en Irak, 220 000 en Afghanistan, et 80 000 au Pakistan. Si l’on ajoute, concernant l’ancienne Mésopotamie, le bilan de la première guerre du Golfe (200 000 morts), et ceux du cruel embargo infligé par les États-Unis (entre 500 000 et 1,7 million de morts), ce sont presque 3 millions de morts qui sont directement imputables aux politiques occidentales, le tout au nom des droits de l’homme et de la démocratie.
Le 11 septembre a constitué un véritable tournant dans la politique étrangère de Washington : son action contre les « Etats voyous » et les groupes terroristes a été élevée au rang de doctrine officielle. Cette nouvelle croisade, sous le slogan générique de la « lutte contre le terrorisme », a rendu légitime les ingérences dans des pays considérés comme des complices potentiels du terrorisme international. C’est ainsi que l’Afghanistan a été attaqué par les Etats-Unis un mois après l’effondrement des tours jumelles. Selon Bush, un acte de terrorisme nécessite une réponse militaire. Cependant, de nombreux Américains ont critiqué les excès de cette administration catastrophique. La guerre d’Afghanistan a été menée avec l’approbation explicite ou passive de la communauté internationale. Grâce à sa nouvelle politique de sécurité du territoire national, Bush a bénéficié de largesses dans la définition du principe de droit international relatif à la légitime défense. Pour la plupart des Américains, l’attaque était effectivement considérée comme une action d’autodéfense. Telle fut la justification apportée par les Etats-Unis pour avoir envahi l’Afghanistan.
Quinze ans après, le président Barack Obama a rappelé aux Américains que le monde entier regardait la façon dont les États-Unis réagissaient au terrorisme, et a mis en garde contre les réponses simplistes, dans une allusion à Donald Trump. « C’est notre diversité, notre façon d’accueillir tous les talents, de traiter tout le monde de la même manière, quels que soient sa race, son sexe, ou sa religion, qui contribue à faire de notre pays un grand pays », a-t-il déclaré. « Et si nous restons fidèles à ces valeurs, nous honorerons la mémoire de ceux que nous avons perdus et nous garderons notre pays libre et fort. »
Le président américain n’en a pas moins promis que les États-Unis continueraient de « combattre sans relâche les organisations terroristes comme Al-Qaïda et le groupe Daech ». « Nous les détruirons et nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger notre pays », a-t-il encore dit.
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