Tunisie : C’est la guerre des tranchées. Chahed s’échine à repousser les...

Tunisie : C’est la guerre des tranchées. Chahed s’échine à repousser les assauts !

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Au zénith de cet été caniculaire se joint en Tunisie un échiquier politique en ébullition, bruissant à outrance de rumeurs, de non-dits, de phrases assassines, dessinant les contours d’une guerre des tranchées dont l’enjeu principal le gouvernement, et pour être précis, celui qui le dirige, et à moins court terme, l’échéance, déjà aux allures funestes de 2019. Une sorte de bronca à laquelle se trouvent mêlés tout le ban et l’arrière-ban politique, qu’il soit institutionnel ou autre, les organisations nationales, et bien d’autres appartenant au spectre tant public que privé. C’est encore un épisode à ce point tumultueux qu’il rejaillit forcément sur l’ordonnance du pouvoir dans le pays que soulignent sous de sombres traits une guérilla mobilisant un large éventail d’armes où les racontars, les insinuations les fake news ont la part belle.

En un mot comme en mille, il s’agit de se débarrasser de Youssef Chahed. Et le président de la République, Béji Caïd Essebsi n’y est pas allé du dos de la cuiller en lui demandant de rendre le tablier on d’aller solliciter au Parlement le renouvellement de la confiance. Le site « The National », sous la plume de l’analyste Simon Speakman Cordall, spécialiste des affaires tunisiennes, affirme que « les pressions pour évincer l’actuel chef du gouvernement sont exercées dans une large part par Hafedh Essebsi, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, le parti politique dont son père a été le fondateur en « 2012 ».

En poussant le chef du gouvernement vers la sortie, le président de la République se fend d’une « proposition qui n’a pas de poids légal ou constitutionnel, mais politiquement, cela signifie beaucoup », affirme Lamine Ben Ghazi de l’observatoire Bawsala, cité par la même source. ». « Béji Caïd Essebsi ne soutient pas Chahed, et il a décidé d’appuyer la faction dirigée par son fils qui, au cours des dernières semaines, a demandé à Chahed de partir ».

Hafedh se veut « faiseur de rois » !

*La dernière crise ne semble pas trouver racine dans une opposition idéologique sincère parmi les protagonistes, mais plutôt dans la conquête du pouvoir lors des élections présidentielles de l’année prochaine. «  Youssef Chahed veut être le principal candidat aux élections de 2019. Pour ce faire, il doit contrôler Nidaa Tounes, ou du moins le camp laïciste », explique, pour sa part, Hamza Meddeb , chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence, spécialisé dans les affaires tunisiennes.

“Cependant, cela le met en travers des ambitions de Hafedh Caïd Essebsi. Ce dernier n’entrera probablement pas dans la course aux élections présidentielles, mais il veut jouer le rôle de faiseur de rois », poursuit l’analyste, se référant au fils du président. “En ce moment, Youssef Chahed essaie de postuler à la Présidentielle sans son soutien et, pour Hafedh, cela en fait un candidat potentiellement faible et qui risque de diviser le camp laïc ».

Et l’économie dans tout cela !

L’économie tunisienne présentait déjà des inquiétants au début de la révolution de 2011, mais la mauvaise gestion, les troubles sociaux et une série d’attaques terroristes ont tous accéléré son déclin, note The National. En juin, l’inflation atteignait 7,8%. Le dinar, monnaie nationale du pays, est passé de 1,57 dollar en octobre 2012 à 2,63 aujourd’hui. Les augmentations des prix et des impôts en janvier de cette année ont provoqué des protestations et des troubles dans tout le pays. Un secteur public gonflé et un chômage élevé ont également exacerbé les problèmes.

Au rebours de ce tableau, le gouvernement se montre, aujourd’hui, quelque peu rassurant sur l’évolution de la situation économique en affichant des chiffres qui jurent avec ceux d’il y a quelques mois. Un taux de croissance de 2,5% validé par les institutions financières internationales, un déficit commercial qui se résorbe, un déficit budgétaire qui semble pouvoir tenir fin 2018, le taux de 4,9%, et surtout l’engagement proclamé par les bailleurs de fonds de poursuivre leur soutien à la Tunisie           pour peu que la stabilité politique ne soit pas prise en défaut et que l’on ne revienne pas au cycle des changements successifs et récurrents des gouvernements.

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