Bien qu’hypothétique, la nouvelle n’en était pas moins appelée de tous les vœux. Elle est tombée ce lundi. La balance commerciale de la Tunisie s’améliore. Et la présidence du gouvernement semble avoir confisqué la primeur de l’annoncer en prenant le manifeste soin d’attribuer cette éclaircie à la loi de finances 2018, un mois après son entrée en application, brûlant peut-être la politesse à l’Institut national de la statistique, généralement habilité à rendre publics les chiffres sur les échanges commerciaux, certes, mais aussi sur tous les autres indicateurs de l’économie nationale.
En revendiquant si prestement et tambour battant cette paternité, la Primature cherche visiblement à convaincre que la loi de finances, vivement décriée à tous les stades de son élaboration, a du bon et que les choix opérés ne sont pas si mal fondés comme l’enchérissaient ses détracteurs. En tout cas, les faits sont là, et il faut les prendre tels qu’ils sont et bien davantage sous l’angle des effets qu’ils ont vocation à produire, notamment sur la stabilisation du dinar au travers de la rationalisation des importations et le renforcement des exportations.
En effet, les échanges commerciaux enregistrés durant le mois de janvier 2018, ont signé une augmentation de 39% des exportations et de 25,5% des importations, par rapport à la même période de 2017. Surtout, le taux de couverture des exportations par les importations affiche une amélioration de 7 points atteignant 71,8% à fin janvier 2018 contre 64,8% à fin janvier 2017.
Les exportations du secteur agricole et des industries alimentaires enregistrées durant le mois de janvier 2018 ont ainsi doublé, par rapport à janvier 2017, s’établissant à 507 millions de dinars, celles du secteur du textile, de l’habillement, du cuir et des chaussures, ont évolué de 27% ; celles du secteur des industries mécaniques et électriques de 26%.
Dans le même trend, les recettes touristiques cumulées ont connu une hausse de 15,7%, en janvier 2018, s’établissant à 151,7 millions de dinars contre 131,1 millions de dinars durant la même période de 2017.
Le déficit commercial de plus en plus maîtrisé
Dès lors, on est de moins en moins dans la logique de descente aux enfers du déficit de la balance commerciale qui s’est aggravé à 5,2 milliards d’euros (15.592 millions de dinars/MD), à fin 2017, un niveau record jamais atteint auparavant par le pays. Ce déficit était de l’ordre de 4,2 milliards d’euros en 2016, rappelle l’INS, qui fait état d’un recul du taux de couverture d’un point par rapport à l’année 2016 pour s’établir à un niveau de 68,8 % contre 69,8 %.
En se délivrant des abysses qui étaient les siens, de longs exercices durant, la balance commerciale de la Tunisie se trace un autre cheminement qui requiert que son déficit soit désormais diligemment maîtrisé, non seulement par le maintien de la tendance haussière des exportations, mais surtout par un judicieux et nécessaire refrènement de ce que le pays achète à l’étranger de superflu, comme les produits de luxe, les biens autres que les équipements et les intrants indispensables au fonctionnement de la machine économique, notamment industrielle.
Cessons de vivre au-dessus de nos moyens !
Cela doit vouloir dire que les Tunisiens cessent de vivre au-dessus de leurs moyens, aidés en cela par cette frénésie de consommation de produits étrangers, guère de première nécessité, qui lestent lourdement la balance commerciale avec un déficit qui exerce de colossales pressions sur les réserves en devises. Au point que le dinar s’est pris dans une spirale de dégringolade qui fait craindre le pire.
L’éclaircie dont il a été fait état en ce début de mois devrait marquer rigoureusement la concrétisation d’une politique dont le gouvernement avait déjà jeté les fondements dans la loi de finances 2018 et à laquelle il est condamné à s’attacher sans broncher.








