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dimanche 28 février 2021
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Tunisie : Le déficit énergétique, toujours plus nocif !

On a tendance à trop peu le souligner : le déficit de la balance énergétique prend rang parmi les défis majeurs qu’il importe de relever, et de toute urgence. On l’a vu se creuser au fil des années, et bien plus encore depuis 2000 pour culminer, au mois d’avril dernier, à 36% et atteindre 1473 millions de dinars (MD). Même si, dans cette comptabilité, entre en ligne de compte la baisse du forfait fiscal sur le transit du gaz d’origine algérienne de 7%, entre fin avril 2017 et fin avril 2018, dont 77% est perçue en nature, il y a lieu de relever que la demande d’énergie primaire a régressé de 4%, alors que celle des produits pétroliers a baissé de 1%, durant les quatre premiers mois de l’année, cependant que la demande du gaz naturel a augmenté de 8%, sachant que 66% de la demande totale du gaz naturel est destinée à la production d’électricité.

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De toute évidence, c’est à l’aune des cours mondiaux que ce déséquilibre et le plus sérieusement jugé. D’autant que le prix moyen mensuel de Brent, sur le marché international, s’est élevé, en avril 2018, à 71,8 dollars par baril, contre 65,9 dollars/ baril en mars 2018, et 53,5 dollars/ baril en avril 2017. Un accroissement qui aura des répercussions négatives sur le budget de l’Etat 2018, dans la mesure où le gouvernement a fixé le prix de Brent à 54 dollars/ baril. Dans le même temps, la production nationale s’amenuise à vue d’œil au point que, durant les 4 premiers mois de cette année, la Tunisie n’a produit en moyenne que 39,8 mille barils/jour, contre 44,3 mille barils/jour à fin avril 2017, ce qui représente une baisse de 10%. Et malgré l’octroi de 23 permis d’exploration et de développement, à fin avril 2018, et le début de forage de deux nouveaux puits d’exploration, on n’est pas près d’attendre un léger mieux dans une configuration où les unités de production en Tunisie ont assuré environ 5,9 millions de m3/jour, durant les 4 premiers mois de cette année, contre 5,8 millions de m3/jour, au cours de la même période de 2017.

Un déficit qui file vers les abysses

Ces 20 dernières années, la demande intérieure énergétique n’a cessé de croitre due au développement socio-économique du pays et à une politique traditionnelle de subventionnement des énergies, alors que le pays ne dispose que de faibles ressources pétrolières. Entre 1990 et 2012 la consommation d’énergie primaire a ainsi plus que doublé, en passant de 4,5 à 8,5 Mtep. Exposé aux fluctuations des prix du combustible, l’Etat tunisien a consacré 13% de son budget aux subventions au secteur de l’énergie en 2014.

C’est la Banque Centrale de Tunisie qui l’annonce, la balance énergétique, dont le déficit est devenu structurel et exorbitant, risque de se détériorer davantage. Une perspective qui s’assombrit à l’enseigne de la montée des cours de pétrole qui ont franchi la barre des 75 dollars le baril, explique une analyse de la BCT sur les échanges commerciaux de la Tunisie au 1er trimestre 2018. C’est pourquoi l’institut d’émission appelle à la nécessité de la baisse de la production nationale en produits énergétiques et à la mise en place d’un programme d’efficacité énergétique qui s’articule autour de la diversification des sources, à savoir l’exploitation des énergies renouvelables (solaires, éoliennes, etc.). Sans oublier la rationalisation de la consommation et l’accélération des investissements dans les domaines d’exploration et de développement.

Repenser la compensation

C’est la Banque Centrale de Tunisie qui l’annonce, la balance énergétique, dont le déficit est devenu structurel et exorbitant, risque de se détériorer davantage. Une perspective qui s’assombrit à l’enseigne de la montée des cours de pétrole qui ont franchi la barre des 75 dollars le baril, explique une analyse de la BCT sur les échanges commerciaux de la Tunisie au 1er trimestre 2018. C’est pourquoi l’institut d’émission appelle à la nécessité de la baisse de la production nationale en produits énergétiques et à la mise en place d’un programme d’efficacité énergétique qui s’articule autour de la diversification des sources, à savoir l’exploitation des énergies renouvelables (solaires, éoliennes, etc.). Sans oublier la rationalisation de la consommation et l’accélération des investissements dans les domaines d’exploration et de développement.

En clair, il s’agit de limiter la croissance de la consommation d’énergie, avec un objectif pour 2030 d’une réduction de 40 % par rapport à la tendance actuelle. L’enjeu est de limiter le poids des subventions dans le budget de l’Etat. Une réforme d’autant plus cruciale que cette compensation bénéficie généralement aux ménages à revenu élevé, réduisent les dépenses en investissement public et atténuent les incitations à l’amélioration de la productivité et la compétitivité.

La stratégie recommandée à cet égard par la Banque mondiale consiste à réformer les produits pour lesquels l’impact est plus facile à quantifier et à compenser avant de réformer les produits plus complexes. L’objectif serait de redistribuer les subventions. Le gouvernement ayant déjà réformé la structure de la facturation de l’énergie électrique, l’objectif est de subventionner les ménages les plus démunis, dont la consommation se situe dans la première tranche, et de sauvegarder le pouvoir d’achat de la classe moyenne. Cela permettrait la réduction des inégalités et le poids des subventions énergétiques. Un objectif souligné tout récemment par le Fonds monétaire international tout en le jugeant comme une priorité pour le gouvernement tunisien.

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