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Tunisie : Les notes de la BNA confirmées par CI. Les créances douteuses restent élevées

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La note de solidité financière (FSR) de Banque Nationale Agricole a été confirmée à «B-» par l’agence de notation Capital Intelligence. Elle demeure limitée par la qualité très médiocre des actifs des prêts, par la faible couverture des pertes sur prêts et les faibles niveaux de liquidité et de capital, ces derniers étant exacerbés par l’insuffisance des provisions. La note de devises étrangères à long terme de la BNA est également maintenue à «B-». Celle à court terme est affirmée à «B». L’une et l’autre sont limitées par la faiblesse du profil financier de la Banque et par un environnement opérationnel très difficile, mais sont soutenues par la participation majoritaire de l’Etat. Les perspectives pour toutes les notes sont «stables». La note de soutien est maintenue à ‘3’. L’agence CI estime qu’il y a une forte probabilité que BNA soit soutenue in extremis, dès lors qu’elle appartient à l’État et détient une part de marché importante.

La BNA est la deuxième plus grande banque en Tunisie et contrôle une large part des services bancaires sur le marché domestique, avec environ 14% des actifs du marché, fin 2016. Le profil financier de la Banque est très faible, reflétant une très mauvaise qualité des crédits et une insuffisance de couverture de crédit, outre une faible liquidité et aussi de capital. Les créances improductives (NPL) en montants effectifs ont légèrement diminué en 2016, mais restent à un niveau très élevé, et le ratio des créances improductives est environ le double de celui du secteur. Le niveau élevé des créances improductives reflète la faiblesse de l’économie et les prêts accordés par le gouvernement dans le passé, ainsi que l’exposition aux secteurs problématiques. L’économie tunisienne continue de faire face à des défis importants, ce qui maintiendra les pressions sur la qualité des actifs de la Banque. La faiblesse de la qualité des actifs s’est traduite par une faible rentabilité (jusqu’en 2016) due au coût des frais de financement des créances improductives. Alors que la rentabilité et les bénéfices se sont améliorés en 2016, le résultat net a été stimulé par une charge de provisionnement moins élevée, malgré l’écart toujours important entre les créances improductives et les provisions pour pertes sur prêts.

La liquidité de BNA est limitée en raison du fait que les prêts représentent un pourcentage très élevé du total des actifs et parce que la base d’actifs liquides est faible. En outre, le marché des dépôts de la clientèle en Tunisie a été faible au cours des dernières années, les banques ayant recours à la Banque centrale de Tunisie (CBT) pour obtenir des liquidités supplémentaires. Néanmoins, il y a eu une légère amélioration de la liquidité en 2016, la croissance des dépôts des clients ayant dépassé celle des prêts. Cependant, la liquidité globale est restée limitée à fin juin 2017.

Les fonds propres doivent être augmentés, mais cela dépend quelque peu de l’orientation stratégique de la BNA à l’avenir. Il est question que la BNA pourrait ne pas avoir besoin de capitaux supplémentaires en raison des garanties explicites de l’État pour les prêts aux entreprises publiques et les ventes planifiées d’actifs. Cependant, CI considère que sa position de capital est faible.

La création de la Banque remonte à l’année 1959, date de fondation de l’une des deux banques spécialisées dans le financement agricole et associée à la fusion de 199, donnant naissance à la BNA. La République tunisienne et les institutions parapubliques possèdent 66% de la Banque. Le gouvernement conserve le total contrôle de la gestion. À la fin de 2016, l’actif total de BNA s’élevait à 9,8 milliards de TND (4,2 milliards de dollars).

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