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jeudi 6 août 2020
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Tunisie: Connaissez-vous l’agence «A.R.P Voyage»?

Ils ne font pas que du nomadisme politique, mais aussi du tourisme parlementaire. Les députés tunisiens se révèlent être de véritables pigeons voyageurs. Sauf que, c’est le contribuable tunisien qui est le véritable pigeon de l’affaire, puisque tous ces «voyages de mission» se font au frais de la princesse Tunisie et que la 1ère autorité du pays ne communique rien quant à l’utilité de tels déplacements.

Entre le 1er janvier et le 31 août 2016, les députés de l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple) ont «convolé en justes missions» à l’étranger 152 fois en seulement 8 mois, ce qui fait 19 missions par mois ou 1 mission à l’étranger tous les deux jours.

Les députés sont pourtant ceux qui connaissent le mieux les réelles capacités financières du pays et ce sont aussi eux qui opposent à chaque gouvernement l’urgence de «donner du développement» aux régions déshéritées et défendent les milliers de sans-emploi !

  • 152 voyages à l’étranger, financés par un budget déficitaire

En 8 mois de l’exercice 2016, l’Etat tunisien, un Etat endetté à 56 % de son PIB, a dû débourser presque 111 mille DT (billets d’avions non compris) en avances sur les frais de missions de Messieurs les Députés, les «patrons» comme les a appelés un ancien chef de gouvernement tunisien.

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Grâce à ce qui pourrait être décrit comme l’agence «ARP Voyages», les députés d’une Tunisie dont le budget souffre d’un gros déficit ont sillonné les continents, sans qu’on sache ce que ces missions ont rapporté à l’économie du pays.

Au cours du seul mois de janvier 2016, pas moins de 19 missions ont été financées par l’Etat, 29 en février, presqu’un voyage par jour, avec un pic de 38 missions et missionnaires pendant le seul mois de mai 2016.

  • Qui a voyagé le plus, qui a voyagé le plus loin et quelle est la délégation la plus nombreuse ?

Au palmarès des destinations les plus «prisées» par les députés tunisiens, encore une fois sans qu’on sache les objectifs de ces missions et sans qu’on trouve un quelconque rapport sur ces missions sur le site de l’ARP, on trouve Le Caire en Egypte (20 missions en 8 mois), suivi par la France et l’Italie et à moindre raison le Maroc, la Belgique où Bruxelles, dont 12 la même journée, pourrait expliquer de possibles missions au Parlement européen, 12 pour l’Allemagne dont 10 missionnaires le même jour  en mai dernier, 11 missions en Jordanie pour les réunions des femmes parlementaires où une délégation de 8 parlementaires d’un seul coup reste incompréhensible pour un pays qui crève la dalle.

Le 2ème voyage le plus long, après celui d’Olfa Soukri, ce sont les députés Fayçal Tebbini, Mongi Rahoui, Mohamed Jbira et Jamila Ksiksi qui l’auront fait en Afrique du Sud (7.609 Km). La députée Soulef Ksantini s’est même fait payer Lusaka en Zambie et Jakarta en Indonésie pour Olfa Soukri.

Il faut ajouter à tout cela les frais des voyages des députés sur les lignes intérieures. En effet, comme pour les bus et les trains, les députés tunisiens bénéficient de la gratuité du voyage sur les lignes intérieures de la compagnie Tunisair Express et ils ne s’en privent pas, notamment sur Djerba et le Sud tunisien

  • Plus de 2 MDT en 2015, en dépenses de mission, tous ministères confondus !

Les ministres tunisiens ne sont d’ailleurs pas en reste. Rien qu’en 2015, pas moins de 2,087 MDT  ont été dépensés en frais de voyages pour les membres du gouvernement, tous départements confondus. Un chiffre pour le moins incohérent avec le budget d’un pays qui s’endette pour payer les salaires de ses fonctionnaires et dont les chefs de gouvernement successifs connaissaient ces difficultés financières et en faisaient même un argument pour expliquer la faillite de leurs gestions. Un chiffre aussi dont le nouveau chef de gouvernement devrait s’occuper et l’inclure dans ses prochaines mesures d’austérité. Charité bien ordonnée commence par soi-même et il est indécent de parler de mesures, de compression des dépenses de gestion, pour ne pas parler d’austérité, si La Kasbah continue de fermer les yeux devant ce genre de dépense, même de souveraineté, mais qui gagnerait à être rationalisé quand bien même c’est nécessaire quelques fois.

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