Cela fera bientôt une année qu’elle est à la tête de la compagnie aérienne, Tunisair. Sarra Rjeb avait alors repris une compagnie qui était déficitaire de 205 MDT pour l’exercice 2013 et qui n’arrivait pas à appliquer son dernier plan de redressement, social et financier, et ce n’était pas faute de volonté du prédécesseur de Rjeb. L’année dernière se sera finalement terminée par un résultat bénéficiaire de 76 MDT, malgré la crise du secteur touristique.
L’éternelle souriante Dame de fer de Tunisair serait-elle en train de relever le défi que lui lançait l’ancien ministre du Transport, Mahmoud Ben Romdhane, en la nommant, le 2 avril 2015, à la tête de Tunisair ?
Elle avait en tout cas pris le temps de connaître l’entreprise dans tous ses recoins et y travaillé sans DGA, malgré l’ampleur de la tâche et la complexité de Tunisair, l’entreprise aux 8400 employés, déstructurée par la fin de la filialisation, mise à mal par les crises successives du secteur du tourisme et par la montée des revendications syndicales de tous genres. Pour l’anecdote, triste certes, la compagnie fait face depuis peu à 840 plaintes en justice pour régularisation salariale. Ses rares déplacements étaient pour convoyer les nouveaux avions de la compagnie et très rares étaient ses sorties médiatiques, focalisant dans son bureau sur la refonte du plan de redressement et négociant avec le gouvernement sa réalisation dans les plus brefs délais.
Entretemps, elle nommera un nouveau DGA et remportera le bras de fer avec l’ancien administrateur judiciaire de «Tunisie Catering», y nommera une nouvelle équipe de chez Tunisair et reprendra en grande pompe les services restauration à bord. Une reprise, après remise aux normes de l’entreprise qui était pendant de longs mois durant en arrêt et arrive déjà à intéresser de nouveau les anciens clients de Tunisie Catering qui l’avaient désertée.
- 52 MDT, déjà bloqués pour les départs en retraite et un nouvel organigramme consensuel
Le premier dossier de cette restructuration, est celui des départs à la retraite anticipée de 400 employés de la compagnie. Bon signe, le coût financier de ces départs, 52 MDT, est déjà disponible dans les caisses de Tunisair. Un projet de convention est déjà en négociation avec la CNSS. Bon signe aussi, «les réunions avec les syndicats, pour la fixation des critères de ces départs à la retraite, sont en cours. En cours aussi, la fusion de la filiale informatique, AISA qui développe un chiffre d’affaires de 9,6 MDT, avec l’entreprise mère Tunisair. Le dossier a été finalisé et a été envoyé depuis le 4 mars à la Primature pour accord.
En attendant et dans le même ordre d’idées de la restructuration, Sarra Rjeb planche aussi sur la refonte de l’organigramme où elle veille, d’abord, à ce qu’il soit discuté aussi avec les employés de l’entreprise, ce qui a été déjà fait et accepté par tous, et ensuite à ce qu’il permette de «diminuer les étages d’intermédiation entre les différentes structures de l’entreprise, pour fluidifier la gestion et la prise de décision», dit-elle à Africanmanager.
On passera sur le succès de la reprise de travail à Tunisie Catering par des cadres de Tunisair. Une reprise qui a été marquée, pour l’anecdote, par une commande pour la réunion des ministres arabes de l’Intérieur «qui ont beaucoup apprécié la qualité», nous dira non sans fierté la PDG de Tunisair.
On s’arrêtera plutôt sur l’activité du Fret où Tunisair vient de s’offrir un nouveau scanner, d’un coût de 1 MDT, pour assurer la célérité d’embarquement des marchandises. Une activité dont le chiffre d’affaires est de 23 MDT et dont le terminal vient d’être remis à niveau et remis en état, pour consolider cette activité chez le transporteur et où l’augmentation du reliquat des passagers grâce au nouveaux avions que vient d’acheter Tunisair, devrait pouvoir augmenter le chiffre d’affaires Fret.
Pour le volet financement de tout son plan de restructuration, la PDG de Tunisair s’est limitée à dire, pour Africanmanager, que «j’ai actuellement des problèmes de trésorerie, qui se résoudront prochainement par la prochaine vente de l’A340, l’ancien avion présidentiel». Un tantinet superstitieuse et certainement tenue au devoir de discrétion qui entoure généralement ce genre d’opération, Sarra Rjeb n’ira pas plus loin dans ce sujet.
- Montréal, Khartoum et Moscou, prochaines destinations de la Gazelle
En attendant, Tunisair prépare fiévreusement ses trois prochaines escales qui permettront de diversifier ses clients et de rentabiliser les longs courriers que la compagnie achète de l’avionneur européen Airbus.
C’est ainsi que le 20 mars, Tunisair se poserait à Moscou en Russie. Sur cette destination, la compagnie vendra des blocs de sièges, dans ce qui pourrait s’appeler un «faux Charter», ce dernier étant interdit dans le pays de Poutine. Ce procédé devrait aussi permettre de détourner le paiement en Rouble, monnaie qui ne fait pas encore partie du panier accepté par la BCT.
Le 17 avril, Tunisair se posera à Khartoum du Soudan. Les prévisions de la compagnie tablent sur 1.000 passagers par semaine, tous des patients soudanais qui iront directement se faire soigner dans les cliniques tunisiennes. Là aussi, Tunisair aurait trouvé le moyen de tourner la difficulté de la monnaie soudanaise, la Livre, qui n’est pas acceptée en Tunisie. La compagnie aurait trouvé un accord avec les opérateurs médicaux, au profit desquels elle transportera les malades, pour être payée en Dinar tunisien.
Le 18 juin prochain, Tunisair fera le grand saut vers le Nord, pour poser son vol inaugural à Montréal du Canada. La compagnie y table sur un trafic de 45.000 passagers par an, tous des Tunisiens. Opérant sous la 6ème liberté, il lui sera même possible de transporter des Canadiens vers Malte et Venise, Italie, pour le compte de TO locaux.
Il lui restera, d’ici là et notamment pour la destination soudanaise, de résoudre l’épineuse question du Visa. A la PDG de Tunisair, le ministère tunisien des Affaires étrangères aurait promis des procédures plus allégées et plus rapides pour les malades soudanais qui viendront se faire soigner en Tunisie.
Bien avant, Tunisair ouvrira la ligne Tozeur-France et devrait se poser à Charles de Gaule, le même aéroport français où devraient aussi désormais pouvoir se poser les prochains vols de Tunisair Express à partir de Sfax. Et c’est dans ce même aéroport français que devraient désormais aussi pouvoir se poser les prochains vols de Tunisair Express au départ de Sfax.









bonsoir Mr Khaled BOUMIZA, je voulaisa savoir combien de vols sont prevus pour absober 1000 voyageur par semaine du SOUDAN , je trouve ce chiffre un peu elevé qu’en pensez vous … avez vous vraiment vérifier vos sources