«Visé par des mesures de gel d’avoirs après la chute du régime Ben Ali, Lazhar Sta est aussi confronté à ses créanciers privés. La Qatar National Bank (QNB) organisera le 13 octobre la saisie-vente de l’hôtel El Ksar à Sousse, mis à prix à 3,7 millions € (…). Les choses s’étaient pourtant un peu arrangées pour Lazhar Sta, qui a pu reprendre, en 2014, la direction générale de Bina Holding». C’est ce que rapportait il y a quelques jours le site d’information français «Maghreb Confidentiel», une information qui a été confirmée à Africanmanager par Lazhar Sta lui-même.
L’hôtel «El Ksar», «conçu pour être un lieu de villégiature exceptionnel» comme le décrit son PDG Amina Sta, est l’un des premiers hôtels de la région touristique de Sousse, bâti dans les années 70 par un ensemble de familles de «Ouardanine», ville natal de la famille Sta.
Pour sa rénovation et son extension, au cours des années 90, l’hôtel qui avait alors été complètement repris par la famille Sta avait dû s’endetter auprès d’un groupe de banques, dont la STB, les anciennes BNDT et BDET, l’ancienne TQB avant son rachat par les Qataris de la QNB ainsi que la TKB. Le total de cette dette était alors de 33,892 MDT. Du fait des énormes marges de l’époque et des crises successives de tout le secteur et la boule de neige des consolidations, l’impayé est désormais de… 50 MDT, malgré le paiement de 29.142 MDT jusqu’à 2015.
En 2012, la STB (Société tunisienne de banque) essayait de vendre l’hôtel d’un Sta qui résiste aux accusations et arrive à rester à la tête de son projet phare, Carthage Cement et ne tarit pas d’idées de projets comme la «Bina Academy» du nom de «Bina Holding» qui détient 50,24 % de la cimenterie et l’Academie «Cement Management», deux nouvelles institutions de formation pour les ingénieurs et techniciens supérieurs, pour la Tunisie et l’Afrique, dans les métiers du ciment.
La tentative de vente par la STB sera avortée par décision de justice. Après la STB, c’est désormais la QNB, dont la dette ne dépasse pas les 2 MDT, devenue 5 par les effets des consolidations, qui s’engage dans la même démarche, plus pour être en règle avec les procédures de recouvrement, que pour y parvenir réellement. On apprend d’ailleurs que des négociations pour un compromis qui verrait Sta verser une partie de la dette et pourraient aboutir à l’arrêt des procédures de vente d’un des titres fonciers concomitants à l’hôtel.
- La naissance de Sirius
Entre temps, le gouvernement de Habib Essid avait pris la décision de permettre à tous les hôteliers endettés d’exploiter 30 % des surfaces de leurs unités dans des projets de promotion immobilière de luxe. Le but est de leur permettre de dégager assez de liquidités pour honorer le reste de leurs dettes auprès d’un secteur bancaire lui-même en grande difficulté. Un 2 en 1 qui devrait contribuer à résoudre le problème des hôteliers et celui des banquiers.
Sirius, c’est le nom de la nouvelle filiale du groupe de l’homme d’affaires. Elle est depuis quelques semaines chargée d’un nouveau projet immobilier de résidences touristiques de haut de gamme, sur une partie des terres de l’hôtel El Ksar. 3,7 hectares, correspondant à 540 lits d’hôtels, devraient ainsi être consacrés à 32 résidences, des aires d’animation, et 76 résidences collectives et individuelles.
Le projet, qui a déjà reçu l’aval de l’ONTT et des autorités municipales, devrait être financé au moins par une des grandes banques de la place pour un investissement total de 110 MDT en deux phases, dont 55 pour la construction, devrait engendrer un chiffre d’affaire de 185 MDT et dégager un RBE de 85 MDT, de quoi payer toutes les dettes de l’hôtelier et résoudre une partie des problèmes financiers de l’homme d’affaires.









