AccueilLa UNE2020, l’année de tous les risques pour la dette tunisienne !

2020, l’année de tous les risques pour la dette tunisienne !

C’est la Banque centrale de Tunisie qui le certifie, les services de la dette extérieure cumulés ont augmenté de 38,5%, au 31 décembre 2019, par rapport à 2018, pour atteindre les 9,2 milliards de dinars. Mais le pire est peut-être à venir, ce montant grimpera à 12 milliards de dinars, en cette année 2020, celle où la Tunisie dépensera en service de la dette les prêts qu’elle aura contractés tout au long du présent exercice.

L’immensité de la tâche éclipse toutes les autres avancées dont faisait état en la même occurrence l’institut d’émission, par exemple, l’amélioration des revenus du travail cumulés (en espèces), à la même date, pour atteindre environ 5 milliards de dinars, contre 4,1 milliards de dinars en 2018, les recettes touristiques cumulées, lesquelles ont évolué de 35,7%, se situant au niveau de 5,6 milliards de dinars, à fin 2019. Surtout, les avoirs nets en devises qui ont atteint, le 6 janvier 2020, 19,1 milliards de dinars, soit 109 jours d’importation, contre 13,8 milliards de dinars (83 jours d’importation), à la même date de l’année précédente. Et pour compléter le tableau, une baisse du volume global de refinancement, passant de 16 milliards de dinars, en janvier 2019, à 11,8 milliards de dinars actuellement, soit une régression de 26,6%.

Tout cela, à l’évidence, pèse peu face à ce qui attend le prochain gouvernement, dont la formation est déjà balbutiante, auquel incombera la périlleuse mission de rembourser les dettes extérieures et intérieures accumulées dont certaines ont été contractées avant la révolution de 2011. Selon des experts économiques cités par « The Arab Weekly », la Tunisie a obtenu, depuis la révolution, près de 36 milliards de dollars de dons et de prêts de la part de nombreuses parties, dont l’Union européenne, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Des fonds de montants et de taux d’intérêt divers sont venus de la Banque africaine de développement et des pays arabes et européens.

Y aurait-il un problème de solvabilité ?

Sauf que, présentement, la Tunisie n’est pas en mesure, comme le constatent maints économistes, d’honorer ses obligations financières extérieures alors que des doutes pèseraient sur sa solvabilité. Ils vont même jusqu’à parler de défaut de paiement qui placerait le pays dans une spirale de rééchelonnement de la dette. Un tel résultat porterait un coup majeur à la réputation du pays sur les marchés financiers internationaux car la Tunisie n’a jamais traîné les pieds dans le remboursement de ses dettes depuis son indépendance, soutient-on.

Déjà, La Tunisie a maille à partir avec le Fonds monétaire international qui l’attend au tournant, le temps que se résolve l’actuelle crise de formation du gouvernement, pour en découdre de nouveau avec les autorités tunisiennes, privées, en décembre, du versement de 1,2 milliard de dollars, soit les sixième et septième tranches d’un prêt de 2016, à condition que les réformes requises soient menées à bien.

L’économiste tunisien Radhi Meddeb a déclaré que « 2020 sera pour la Tunisie plus difficile que les années précédentes, au motif que les indicateurs économiques ne sont pas de bon augure et sont exacerbés par une crise politique qui s’aggrave ». 2020 marque une nouvelle phase pour la Tunisie, car c’est la première fois que le pays remboursera plus de dettes qu’il n’empruntera.

Perclus de dettes

Explication par les chiffres, la Tunisie paiera 12 milliards de dinars (4,3 milliards de dollars) au titre du service de la dette, alors qu’elle n’empruntera que 11,7 milliards de dinars (4,2 milliards de dollars). Cela signifie que les fonds empruntés ne seront pas affectés à des projets d’investissement et de développement. Ils ne seront même pas suffisants pour couvrir la dette », a déclaré Radhi Meddeb, soulignant que le développement représente un problème majeur pour la Tunisie, qui n’a jamais connu une situation similaire.

De nombreux experts affirment que la situation du pays est pire que ce que l’on imagine. La Tunisie a commencé la nouvelle année sans promesses de ressources extérieures dont elle a besoin et qui sont estimées à 4,3 milliards de dollars, surtout si l’on considère le refus du FMI de débloquer le reste du prêt de 2016. Sachant que les bailleurs de fonds internationaux ne peuvent se résoudre à prêter à la Tunisie qui si le FMI en fait autant, leur donnant en quelque sorte         son feu vert. A telle enseigen que la question de la difficulté de régler les dettes accumulées induit un autre problème pour la Tunisie lié à l’obtention de nouveaux prêts sur le marché financier international. Les institutions étatiques tunisiennes ont tenté d’apaiser les craintes du public en disant qu’elles recherchent des alternatives basées sur un nouveau programme qui sera discuté avec les institutions donatrices.

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouane El Abassi, a , toutefois, assuré à propos de la décision du FMI de suspendre le décaissement de ses prêts que « la Tunisie a accompli un grand nombre des réformes convenues et d’autres sont en cours d’achèvement » Des gages qui fondent les autorités tunisiennes à discuter avec le FMI discuteraient d’un nouveau programme, jumelé sans doute à des approches qui, jureraient avec celles en place.

Synthèse et traduction : AM

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -