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70% des importations tunisiennes sont incompressibles et l’accord avec la Turquie en cours d’évaluation

La valeur  des exportations tunisiennes a été estimée à 42,07 milliards de dinars au cours des 11 premiers mois de 2021, alors que celle des importations s’était élevée à 56,7 milliards DT,  ce qui signifie que le déficit commercial s’est situé à 14,6 milliards de dinars, avec un taux de couverture de 47,2 %, selon les chiffres fournies par la directrice générale du commerce extérieur au ministère du Commerce et du Développement des exportations, Dora Borji Selmi dans un entretien à Africanmanager.ar, jeudi 23 décembre 2021.

Elle a expliqué que les échanges commerciaux avec l’extérieur ont connu une forte baisse au cours des deux dernières années, compte tenu des répercussions de l’apparition de la pandémie de Covid-19 sur l’économie nationale, alors que les exportations tunisiennes ont reculé d’environ 5,7 milliards de dinars entre 2019 et 2020, , beaucoup moins que les importations qui ont  baissé d’environ 11,8 milliards de dinars au cours de la même période, ce qui a contribué à la baisse du déficit commercial de 19,41 milliards de dinars en 2019 à 12,7 milliards de dinars en 2020.

Le  déficit commercial en dents de scie

La DG du commerce extérieur a  précisé que  le déficit commercial qui a connu une augmentation significative au cours de la dernière décennie était imputable aux perturbations politiques et aux turbulences économiques. Il est  passé de 8,3 milliards de dinars en 2010 à 19,41 milliards de dinars en 2019 (soit une augmentation de 11,1 milliards de dinars). Il est à noter que le taux de couverture a diminué aussi de 4,6 points (de 73,9% en 2010 à 69,3% en 2019).

Plus précisément, ce déficit est attribué  à l’augmentation des importations par rapport aux exportations pour plusieurs raisons, dont la plus importante est la chute du dinar tunisien vis-à-vis des devises étrangères et la hausse des prix, notamment ceux des carburants.

Borji a déclaré que plus de 70 % sont des produits de base et nécessaires à l’économie nationale comme les matières de transformation, les matières premières et produits semi-finis ainsi que les denrées alimentaires de base, soulignant dans ce contexte  que ces exportations sont incompressibles dès lors que l’intervention pour rationaliser les importations ne peut pas conduire à un changement à la balance commerciale. En fait, le déficit commercial est dû à d’autres facteurs structurels, dont le plus important est le coût élevé des importations, notamment dans le secteur de l’énergie, et l’incapacité à atteindre le développement  souhaité des exportations, en particulier celles du phosphate, avec la baisse continue du taux de change du dinar.

Des accords commerciaux léonins

Concernant l’étendue des  répercussions des accords commerciaux avec la Turquie et d’autres pays   sur  l’économie tunisienne, la directrice générale du commerce extérieur a déclaré que la décision d’en modifier et de revoir les clauses est une décision politique par excellence et n’est pas du ressort exclusif du ministère de tutelle.

D’autre part, elle a confirmé que les services du ministère du Commerce travaillent  actuellement à  l’évaluation de l’accord de partenariat avec la Turquie, entré en vigueur le 1er juillet 2005, et qu’une étude d’évaluation est également en cours de préparation pour les échanges commerciaux  avec l’Union européenne dans le but de modifier certains chapitres dans le sens de la protection du tissu industriel national.

De plus, il existe la possibilité de prioriser le secteur agricole dans le cadre de la révision des protocoles agricoles annexés à ces accords.

Dans le même contexte, elle a annoncé le début de la clôture de l’évaluation de l’accord commercial bilatéral avec l’Algérie, au vu de l’aggravation du déficit de la balance commerciale avec ce pays, à condition que les protocoles agricoles soient priorisés dans le processus de la révision et de l’élargissement de la liste des produits tunisiens bénéficiant de régimes préférentiels.

Protéger l’industrie nationale

Dans le but de protéger le tissu industriel tunisien vis-à-vis des importations, la responsable a évoqué le projet de création d’une structure de défense commerciale sous la forme d’une Direction générale au ministère du Commerce. A cet effet, un programme de formation a été élaboré pour les cadres.

Des bases de données ont été lancées, en outre, sur les produits importés qui ont un équivalent fabriqué localement.

Et il a été indiqué que dans le cadre de l’activation des moyens de défense commerciale, une enquête a été ouverte sur la prise de mesures préventives au profit de l’industrie nationale pour les autobus de petite taille contre les importations, et cela a été publié dans le Journal officiel n° 90 en date du 1er octobre 2021.

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1 COMMENTAIRE

  1. Des centaines de PME tunisiennes ont mis la clé sous la porte et ont plongé des milliers de tunisiens dans le chômage, à cause de l’importation abusive de produits qui ont leur équivalent tunisien.
    La DG dit que « revoir les clauses est une décision politique par excellence et n’est pas du ressort exclusif du ministère de tutelle ». Mais le ministère du commerce doit bouger pour acculer le pouvoir politique à réviser ces clauses.
    Les traités de libre échange ont lésé l’économie et les finances tunisiennes, parce que certains pays comme la Turquie pratiquent le Dumping, une pratique interdite dans le commerce international.
    La Tunisie doit suivre l’exemple du Maroc qui a annulé le traité de libre échange avec la Turquie.

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