Douja Gharbi, vice-présidente de la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) a accordé une interview à Africanmanager, où elle a qualifié le climat des affaires des Petites et Moyennes Entreprises (PME) de catastrophique et défavorable à l’investissement et au développement.
Elle a évoqué, en outre, les difficultés auxquelles font face les PME en Tunisie notamment en matière d’accès au financement bancaire, appelant à l’intervention urgente et immédiate de l’Etat pour réformer le système bancaire afin qu’il réponde aux nouvelles orientations des PME. Interview :
Qu’est ce que vous pensez du climat des affaires en Tunisie ?
Le climat des affaires des PME est catastrophique et il n’est favorable ni à la création, ni au développement. La situation, aujourd’hui, est très difficile et il faut conjuguer tous les efforts et que l’on se batte tous pour le climat des affaires.
La seule issue pour sortir de la crise qui accable la machine économique en Tunisie, c’est l’entreprise. C’est le seul recruteur possible.
Il faut aider l’entreprise à se développer pour pouvoir recruter et les jeunes entrepreneurs à créer leurs propres projets notamment dans les secteurs innovants et à forte valeur ajoutée.
Le climat des affaires n’est propice ni à l’investissement local ni étranger surtout avec les grèves, les problèmes sociaux, l’inconscience des gens de la valeur du travail et la lenteur de l’administration.
Avez-vous des chiffres sur le nombre d’entreprises qui sont en difficulté ?
Non, nous ne disposons pas de chiffres mais il faut dire que toutes les entreprises installées en Tunisie sont en difficulté. Les PME tunisiennes sont sous-capitalisées en raison notamment de la difficulté d’accès au marché extérieur, de la dépréciation du dinar etde la détérioration du pouvoir d’achat.
Alors qu’elles représentent près de 85% du tissu économique et offrent entre 10 et 200 postes d’emplois chacune, les PME tunisiennes souffrent d’énormes problèmes et n’accèdent qu’à hauteur de 15% au financement bancaire, et ce sont toujours les entreprises publiques très connues qui bénéficient du reste.
Quelle solution vous proposez ?
On est pour la refonte complète du secteur bancaire notamment les banques (publiques et privées) pour qu’elles soient adaptées au changement sachant que la majorité des investissements se font aujourd’hui dans le secteur des services.
Il faut changer le système de financement pour qu’il réponde au mieux au secteur des services dont le financement est très difficile. Il faut que le système bancaire réponde aux besoins de l’économie et à ses nouvelles orientations.
Il faut être aussi courageux pour pouvoir prendre des décisions très importantes au niveau des banques pour aller vers ce qui change en termes d’investissement.
Les PME intègrent-elles facilement le Programme de mise à niveau (PMN) ?
Pour que les PME accèdent au PMN, il faut qu’elles répondent à un certain nombre de conditions, ce qui n’est pas possible aujourd’hui devant la désorganisation et les difficultés structurelles dont souffrent les PME tunisiennes. Elles ont besoin de bonne gouvernance et d’organisation et de tout un grand travail pour se restructurer.
Les avantages bancaires se limitent seulement aux grandes entreprises qui sont bien organisées. Les autres sont marginalisées.
Il faut que l’Etat intervienne et accorde la riorité aux PME en difficulté et au volet économie en général autant qu’à l’environnement des affaires.
Khadija Taboubi








