Dans une interview accordée à Africanmanager, Kacem Afaya, secrétaire général adjoint de l’UGTT a déclaré que la centrale syndicale reste attachée au dialogue comme un outil clé pour résoudre les problèmes d’autant plus que son coût serait le moindre non seulement pour toutes les parties, mais aussi pour le pays. Il a toutefois affirmé que les participants à ce dialogue devront commencer par s’y atteler loin des tiraillements politiques et du double langage. Interview :
Le ministère de l’Education a décidé l’accès automatique en classes supérieures de tous les élèves de primaire. Qu’en pensez-vous ?
La récente décision du ministère de l’Education relative au passage automatique en classe supérieure de tous les élèves du Primaire aura des répercussions négatives à court et long terme.
Cette décision est préjudiciable à la crédibilité des examens, au niveau de formation et à l’éducation de manière générale. C’est une atteinte au principe d’égalité de chances entre les élèves, mais le plus dangereux, c’est la fuite en avant du ministre de l’éducation.
A mon avis, cette décision aura des effets non seulement sur le secteur de l’éducation, mais aussi sur d’autres secteurs.
Il n’y a lieu de trouver des solutions que par les moyens qui permettent au gouvernement de retrouver sa crédibilité en honorant ses engagements et en répondant aux appels multiples et variés tout en réfléchissant à des solutions radicales à long terme loin des solutions improvisées.
Plusieurs rumeurs circulent ces derniers temps affirmant que l’UGTT fait face à une vague de tensions et une certaine division. Pouvez-vous nous donner des éclaircissements ?
L’UGTT est le pouls de la société civile et est la résultante des différentes composantes sociales, progressistes et civiles. Il est naturel qu’elle soit impactée par ce qui ce passe à l’intérieur de cette communauté d’autant plus qu’elle a choisi de faire partie de sa conscience.
Toutefois, même si rumeurs visent à nous perturber, l’UGTT a atteint un degré respectable de maturité et les expériences accumulées lui permettent d’y faire face. Donc, ces initiatives ne pourraient que consolider notre résistance et notre force.
Mais, plusieurs parties disent que vous êtes en train de mener une politique de bras de fer surtout dans le traitement de quelques dossiers brûlants. Qu’en pensez-vous ?
L’UGTT est attachée au dialogue comme un outil clé pour résoudre les problèmes parce qu’il est le meilleur choix qui coûterait le moins non seulement pour toutes les parties, mais aussi pour le pays. D’ailleurs on l’a prouvé. Mais nous sommes sûrs que le succès du dialogue dépend de sa crédibilité, car si l’une des parties impliquées dans ce processus venait à ne pas honorer ses engagements, elle toucherait non seulement la crédibilité du dialogue, mais aussi celle de l’autre partie.
Donc, le dialogue crédible demeure utile pour tous pour traiter les dossiers brulants ou autres.
Encore, je pense que les participants à ce dialogue devront commencer par les mêmes données en les traitants loin de la politique du double langage. Car, ceci toucherait à la confiance de ces parties.
L’UGTT est-elle pour ou contre un remaniement ministériel ?
L’UGTT favorise ce qui garantirait la mise en place de solutions adéquates à la situation qui secoue actuellement le pays et qui se caractérise par l’existence de plusieurs dossiers brûlants. Cette situation s’est aggravée également avec la perturbation ayant marqué le gouvernement dont certaines composantes n’ont pas encore clarifié leurs politiques et leurs décisions. D’ailleurs, on ne sait pas encore si elles appartiennent au gouvernement ou si elles font partie de l’opposition.
Wiem Thebti








