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Tunisie – Corruption dans les administrations tunisiennes : Les syndicats au banc des accusés !

Le président de l’Association Tunisienne de Lutte contre la Corruption, Ibrahim Missaoui a affirmé dans une interview accordée ce jeudi 6 août 2015 à Africanmanager que le fléau de la corruption persiste toujours sous différentes formes dans les entreprises tunisiennes, accusant certains responsables dans les administrations publiques de veiller à conclure des accords avec les syndicats afin de servir leur intérêt personnel et échapper à la justice.

« Des entreprises publiques transformées en entreprises familiales »

Ibrahim Missaoui  a, dans le même cadre, assuré que plusieurs entreprises publiques se sont transformées en entreprises familiales où la mère, le père et les enfants travaillent dans la même branche d’activités, ce qui dénote, selon lui, que les concours d’entrée à la fonction publique ne sont plus aujourd’hui soumis aux critères de la compétence ou encore du niveau scolaire, mais plutôt à l’intérêt personnel.

Il a par ailleurs précisé que le phénomène de succession en matière de fonction publique n’a cessé de se propager dans les administrations tunisiennes, accusant les syndicats d’abuser des concours de recrutement dans la fonction publique à travers leurs interventions dans les opérations de recrutement.

Le président de l’association de lutte contre la corruption a, en outre, indiqué que la corruption a touché tous les secteurs et les branches d’activités, signalant que l’association a reçu durant la dernière période plusieurs plaintes en relation avec quelques entreprises publiques à l’instar des établissements de santé publiques et l’Office Nationale de la Famille et de la Population (ONFP). Le secteur de l’énergie et du transport ainsi que celui des marchés publics ont été les plus touchés par la corruption, selon ses dires.

Ibrahim Missaoui a, sous un autre angle,  indiqué que les voitures administratives présentent encore un lourd fardeau pour l’entreprise tunisienne, assurant que la décision de réduire le nombre des voitures de fonction n’a pas eu lieu et ce malgré l’engagement du gouvernement depuis l’année dernière à le faire.

« 85% des Tunisiens ne font pas confiance aux responsables administratifs »

Outre, Missaoui a indiqué que les gouvernements qui ont succédé après la Révolution n’ont pas pris les  bonnes décisions et l’ensemble des mesures capables d’éradiquer le fléau de la corruption de ses racines : « Tous les gouvernements n’ont pas fourni d’efforts pour rompre avec la corruption, la malversation et l’abus des ressources publiques », a-t-il dit.

Il a, dans ce contexte, noté que l’association de lutte contre la corruption a mené récemment une enquête selon laquelle 85% des Tunisiens ne font pas confiance aux responsables administratifs.

Ibrahim Missaoui n’était pas le premier ayant alerté contre la propagation voire l’augmentation de la corruption dans les entreprises et les administrations tunisiennes après la Révolution.

« 50% des responsables tunisiens sont en situation de conflit d’intérêts »  

Lors d’une rencontre récente organisée à Tunis à l’initiative de la présidence du gouvernement en collaboration avec la PNUD, le président de l’instance nationale de la lutte contre la corruption Samir Annabi a confirmé cette tendance à la hausse, soulignant que 50% des responsables tunisiens sont en situation de conflit d’intérêts.

Plusieurs autres responsables ont mis en garde contre la non déclaration des sources de financement par plusieurs partis politiques et associations. Le président de la commission de la réforme administrative, de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Sofiene Toubel a annoncé lors d’une rencontre  récente à Tunis que 20% seulement des députés ont déclaré leur patrimoine,  alors que le reste ne l’ont pas encore fait et ce depuis qu’ils sont entrés en fonction.

« La Révolution n’a pas mis un terme à la corruption »

Un rapport de la Banque Mondiale rendu public en juin dernier en confirme aussi la persistance du phénomène de la corruption en Tunisie. « La Révolution n’a pas mis un terme à la corruption et la fraude douanière en Tunisie n’a cessé d’augmenter », lit-on dans le rapport.

Il en ressort aussi selon le rapport que la fraude douanière a augmenté après la Révolution pour toutes les entreprises dans leur ensemble. Cette augmentation est estimée, selon la BM à 5%.

Toujours selon le rapport de la Banque Mondiale, la fraude douanière en Tunisie a entraîné des pertes fiscales considérables, mais a également engendré de grandes inégalités dans la mesure où les entrepreneurs liés au pouvoir politique, qui étaient aisés, semblent avoir été particulièrement enclins à tirer profit de la fraude douanière.

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4 Commentaires

    • Corruption, fraude tous genres (fiscale sur IR, taxes foncières, TVA etc …) abus de biens sociaux et publiques, tricherie et gaspillage sont les gangrènes qui ruinent le pays. Personne n’a confiance à personne. Triste Tunisie qui mérite mieux que cela.

  1. Une honte, un frein à l’économie et à la justice.
    Dès qu’on commence à « acheter » l’indulgence d’un policier pour dix dinars, imaginez les désastres que peut engendrer la corruption…

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