Fuyant les violents affrontements entre les différentes milices armées en Syrie, de nombreuses familles syriennes sont arrivées par vagues successives en Tunisie. Les Syriens ont suscité un élan de solidarité de la part des Tunisiens, qui se sont mobilisés pour leur apporter aide matérielle et réconfort moral.
Mais au fil des mois, le spectacle de ces familles campant dans les jardins publiques, au cœur de la capitale tunisienne, et les scènes de mendicité dans les rues et dans les mosquées ont fini par irriter les pouvoirs publics.
Selon de récentes données communiquées par l’association de la communauté syrienne en Tunisie, environ 1000 syriens résident en Tunisie alors que le nombre de réfugiés ou d’immigrants illégaux syriens est entre 3000 et 4000.
En réaction à cette annonce, Moez Cherif, président de l’Association Tunisienne des Droits de l’Enfant (ATDDE) a catégoriquement démenti ces informations, affirmant à ce propos que ce chiffre est très gonflé et que le nombre des réfugiés syriens en Tunisie ne dépasse pas les 800 personnes, étant donné que les Syriens ont rejoint l’Algérie et le Maroc.
Interrogé sur le phénomène de l’exploitation des femmes syriennes dans des réseaux de prostitution et du mariage coutumier (Orfi), le président de l’ATDDE,a affirmé que ce phénomène existe bel et bien en Tunisie ajoutant à ce propos que la dégradation des conditions économiques et sociales de ces femmes est derrière l’augmentation de ce phénomène qui reste non dévoilé par les autorités tunisiennes.
S’agissant de dernières déclarations du ministre des Affaires étrangères Taieb Baccouche qui avait affirmé que la Tunisie est incapable d’accueillir les réfugiés syriens, le responsable a vivement critiqué ses déclarations qui relèvent, a-t-il dit, que le gouvernement ne veut pas assumer ses responsabilités vis à vis de ces réfugiés.
Toutefois, le secrétaire d’Etat chargé des affaires de l’immigration et de l’intégration sociale, Belgacem Sabri, a affirmé qu’environ 4 mille réfugiés syriens se trouvent actuellement en Tunisie dont la majorité bénéficie d’aides sociales.
Dans une déclaration aux médias à l’occasion de l’ouverture de la première école d’été en Tunisie sur la migration, Sabri a fait savoir que l’Etat a alloué des aides occasionnelles au profit des réfugiés syriens à travers l’Union tunisienne de solidarité sociale.
« La Tunisie traite les réfugiées syriens sur le même pied d’égalité que les citoyens tunisiens », a souligné Sabri précisant, à ce propos, que les réfugiés bénéficient de la couverture sanitaire dans les établissements publics de santé et que la majorité de leurs enfants sont scolarisés dans des établissements éducatifs tunisiens.
Le secrétaire d’Etat de l’immigration a indiqué par ailleurs, que l’Etat tunisien ne pourra pas accueillir de nouveaux réfugiés syriens compte tenu des moyens limités du pays résultant de la situation économique actuelle.
Moncef Marzouki appelle le gouvernement à accueillir les Syriens
L’ancien président de la République Moncef Marzouki a récemment publié un statut sur sa page officielle facebook, selon lequel il a appelé le gouvernement, les Tunisiens et les Arabes à ouvrir la porte aux Syriens et à assumer leurs responsabilités.
«Il est inacceptable que les Tunisiens et les Arabes continuent à regarder la tragédie de nos frères syriens sans réagir. Cette tragédie humaine est un examen pour les Arabes et leurs valeurs.
J’appelle notre gouvernement à ouvrir la porte à nos frères les Syriens, comme nous avons fait en 2011, avec les Libyens. Il est temps d’accomplir notre devoir envers eux et je suis certain que des milliers de familles tunisiennes, dont ma famille, seront prêtes à les accueillir.» a-t-il écrit.
En réaction à cette publication, le secrétaire général de l’association de la communauté syrienne en Tunisie, Chawki Rabah, a déclaré que le président Moncef Marzouki n’a pas le droit de soutenir les réfugiés syriens. Selon ses dires, la Tunisie sous la Troïka a participé à la guerre contre la Syrie en accueillant le congrès des « ennemis » de la Syrie. Et d’affirmer que la Tunisie été le premier pays à rompre ses relations diplomatiques avec elle.








