Que peut-on dire des petites et moyennes entreprises (PME) en Tunisie sauf que dans leur quête d’argent, c’est encore et toujours la croix et la bannière. Pourtant, c’est d’elles qu’arrivent la croissance et l’emploi avec un tissu de 624 000 unités, soit 99,7 % de l’ensemble des entreprises du pays, et 1,2 million d’employés, autrement dit 65% de la force laborieuse du secteur formel.
Certes, il existe une banque dont la vocation première est leur venir en aide dans leur financement. C’est la Banque de Financement des Petites et Moyennes Entreprises (BFPME), mais ses interventions ne répondent pas toujours ou si peu aux attentes. Il n’en demeure pas moins que, jusqu’au mois d’août 2015, elle a cofinancé près de 1537 projets sur un total de 8382 dossiers reçus, selon les dernières statistiques de la Banque qui précise que 2/3 des projets approuvés ont été déjà réalisés, soit 1378 projets. Elle y a mobilisé 347,960 millions de dinars, majoritairement dans les industries agroalimentaires (80 MD pour 330 projets), les services (51MD pour 292 projets), les industries chimiques et plastiques (140 projets) et celles des matériaux de construction, de la céramique et du verre (115 projets). L’enfant pauvre de cette architecture de l’investissement est le secteur agricole avec 15,292 MD pour 80 projets ainsi que les TIC (9,169 mille dinars pour 86 projets que la BFPME dit projeter de cofinancer.
Comme on peut le voir, la banque dédiée au financement des PME, malgré l’obligation ardente qui est la sienne, n’a pas assez de moyens pour approvisionner ces entreprises en fonds, sachant que le secteur bancaire et le leasing représentent près de 92% du financement des entreprises en Tunisie contre environ 8% pour le marché financier.
A vrai dire, l’essentiel se situe ailleurs. Les promoteurs se plaignent régulièrement de l’accès au financement. 25% des PME souhaitent que les taux d’intérêts baissent, 23,7% demandent plus de souplesse dans l’octroi du financement et 20.3% demandent moins de garanties. Ces trois handicaps résument toute la course d’obstacles qui jalonnent la recherche des fonds par les PME. Mais, il s’y ajoute, selon la Banque mondiale, la gouvernance qui a besoin, insiste-t-elle, d’être améliorée. Et c’est dans une large mesure à cette condition qu’il sera possible d’amener le secteur financier du pays à servir davantage de catalyseur de la croissance et de la création d’emplois par le biais de l’accroissement des prêts aux MPME.
A cette fin, l’institution financière internationale a approuvé plus tôt cette année un prêt supplémentaire de 100 millions de dollars, à l’appui d’un projet du Gouvernement visant à soutenir le financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en Tunisie. Il s’agit d’encourager un projet qui s’est révélé efficace pour améliorer l’accès des MPME tunisiennes au financement en temps de difficulté économique. Il s’agit aussi de permettre d’ouvrir des lignes de crédit pour accorder des prêts à des micro-entrepreneurs et de proposer aux petites et moyennes entreprises des financements à long terme assortis de périodes de grâce.
Le salut par le « Tradekey » ?
Besoin d’argent certes, mais aussi et surtout visibilité à l’international. La Banque mondiale et le Centre du Commerce International (CCI), lancent, à cet effet, un partenariat pour aider 600 PME sélectionnées en Tunisie, en Jordanie et au Maroc (200 entreprises dans chaque pays), à accéder à l’un des plus grands marchés virtuels de la planète, « TradeKey ». L’objectif en est de renforcer les capacités des 600 PME choisies, pour les aider à accroître leur visibilité à l’échelle internationale et à bénéficier de nouvelles opportunités d’affaires en utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il s’agit d’améliorer l’environnement de commerce électronique et soutenir les PME dans ces trois pays et à utiliser les marché virtuels comme un nouveau moyen efficace pour élargir et diversifier les marchés d’exportation et les opportunités d’affaires.
Pour l’institution mondiale « l’objectif ultime du projet, qui a débuté en juillet 2014 et qui prend fin en mars 2017, est de créer de nouveaux emplois et d’assurer un développement social et économique plus inclusif et durable ».
Il en est escompté « une plus grande valeur ajoutée et par plus d’efficacité par rapport aux modes classiques de relations commerciales tels que les catalogues imprimés, les foires commerciales, et les tournées promotionnelles ».








