Environ deux Tunisiens sur trois pensent que leur pays est sur la mauvaise voie. Cette sentence sans appel est l’une des conclusions majeures du 9ème Baromètre politique mensuel de Sigma, publié ce mardi par le quotidien Al Maghreb.
Ce sont exactement 61,4% à être persuadés que la Tunisie est sur la mauvaise pente. La base électorale de Nidaâ Tounès est la plus pessimiste sur ce registre avec 47,9%, presqu’à égalité avec celle d’Ennahdha. Le taux global de l’insatisfaction se situe à 64,8%.
Il n’en demeure pas moins que le taux de satisfaction du rendement des trois présidents est en progression en dépit du fait que le président de la République essuie un recul de 4 points et le chef du gouvernement de 1,5 point alors que le président de l’ARP voit sa cote grimper de 4 points. Dans ce classement, Habib Essid s’en tire à bon compte puisqu’il demeure sans discontinuer en tête depuis le mois d’avril.
Le sécuritaire et l’économique sous les mêmes latitudes !
C’est la question sécuritaire qui habite au premier chef les Tunisiens avec la lutte contre le terrorisme et l’instauration de la sécurité, même si c’est dans une proportion moindre par rapport au mois d’août (42,3% contre 49,3%). La question économique revêt une importance presqu’égale aux yeux des Tunisiens avec un taux de 46,4%, alors que les questions sociales ont toujours rang de priorités, notamment la réforme de l’enseignement et l’amélioration des services de santé.
La lutte contre le terrorisme est en tête des priorités pour 36,7% des jeunes, pour les trois du gouvernorat du Sahel (Sousse, Monastir, Mahdia) et pour les femmes, alors qu’elle l’est moins dans les gouvernorats du Nord-ouest ( Béja, Jendouba, Le Kef et Siliana), soit 30,1%, c’est-à-dire toujours au dessus de la moyenne nationale. Dans le gouvernorat de Sfax, ce taux descend à 19,1% et à davantage dans les gouvernorats du Sud-est (18,3%).
Le podium de la cote de confiance, BCE indétrônable !
Nonobstant une perte de 5 points, le président de la République, Béji Caïd Essebsi est toujours crédité du taux de confiance le plus élevé que lui témoignent les Tunisiens. Il est talonné par le chef du gouvernement avec deux points de moins que lui, ex aequo avec l’ex chef du gouvernement Mehdi Jomaâ qui n’a pas été oublié par les Tunisie malgré son éloignement de l’échiquier politique.
Abdelfattah Mourou conserve la 4ème position. Mais la nouveauté dans ce classement est l’ascension du ministre de l’Education, Néji Jalloul, qui accède à la 5ème position gravissant ainsi 9 points dans le Baromètre où il se trouvait à 23 points du « tête de podium », Béji Caïd Essebsi. Il n’en est plus maintenant qu’à 7 points.
Loin derrière, on trouve les protagonistes de la crise au sein de Nidaâ Tounès. Mohsen Marzouk se retrouve à la 20ème position, Lazhar Akremi à la 23ème gagnant deux positions et Hafedh Caid Essebsi à la 28ème.
Néji Jalloul, l’étoile montante de Nidaâ
S’agissant de la cote de confiance de la base électorale de Nidaâ Tounès, c’est Nèji Jalloul qui bat à plate couture tous les dirigeants du parti. Il surclasse le président de Nidaâ Tounès de deux points alors qu’il figurait derrière lui de 18 point dans le dernier Baromètre. Mohsen Marzouk dégringole de deux positions bien qu’ayant gagné trois points en termes de confiance.
Bochra Behaj Hamida est en avance de 10 point sur son poursuivant Lazhar Akremi alors la lanterne rouge est partagée par Hafedh Caïd Essebsi, Selma Rekik et Faouzi Elloumi.
Du côté du mouvement Ennahdha, Hamadi Jebali passe de la 5ème place à la première, cependant que le président du parti fait le même trajet à reculons dégringolant de la 1ère place à la 5ème .
Pour les personnalités que les sondés souhaitent voir jouer un rôle politique à l’avenir, c’est Mehdi Jomaâ qui est toujours le plus plébiscité même s’il a perdu 2 points, alors que Néji Jelloul en gagne 11, pour occuper la 2ème place avec Abdelfattah Mourou. Il est à noter que BCE est exclu de ce classement.
Concernant l’avenir politique des dirigeants de Nidaâ, c’est encore et toujours Néji Jalloul qui a les suffrages de la base électorale du parti, avec un gain de 15 points, en avance de 10 points sur son poursuivant, Saïd Aidi, qui gagne trois places et 9 points.








