La candidate démocrate à la présidence américaine Hillary Clinton a passé 11 heures au Congrès, répondant aux questions des sénateurs sur l’attaque meurtrière contre le consulat américain de Benghazi en 2012. Lors d’une séance marathon, elle a témoigné devant les 12 élus de la commission spéciale créée l’an dernier par la majorité républicaine de la Chambre des représentants pour enquêter sur cette attaque. Mme Clinton, qui était alors chef du Département d’Etat ( ministre des Affaires étrangères) a nié toutes les accusations portées contre elle par des sénateurs républicains, qui lui reprochent notamment d’avoir ignoré les demandes des services de renseignement de renforcer les mesures de sécurité en Libye et d’avoir désinformé le public sur les véritables causes de l’attaque contre le consulat.
Lors de son audition, elle a été amenée à parler par le menu de l’attaque des locaux de l’Ambassade américaine à Tunis, le 15 septembre 2012, par des manifestants islamistes.
« Nous étions particulièrement inquiets à propos de ce qui pourrait arriver le vendredi, parce que le vendredi est le jour de la prière pour les musulmans », a-t-elle, d’abord déclaré. « « Nous étions dans un état d’alerte très élevé le jour de l’attaque contre l’Ambassade US à Tunis, qui coïncidait avec un vendredi, jour de prières chez les musulmans. J’ai reçu un appel -par le biais de notre Département des opérations- de notre ambassadeur à Tunis qui se trouvait dans la salle sécurisée de l’ambassade en Tunisie. Il y avait des milliers de manifestants à l’extérieur. Ils enfonçaient et démantelaient les barrières et les murs autour de notre ambassade. Ils avaient déjà mis le feu à l’école américaine, qui est très proche de l’ambassade. Et l’ambassadeur et son équipe avaient désespérément besoin d’aide. Leurs appels au gouvernement de la Tunisie, le gouvernement hôte, sont restés sans réponse ».
Et Hillary Clinton d’ajouter : « Je me suis ruée immédiatement vers le téléphone pour appeler le ministre (tunisien) des Affaires étrangères et le Premier ministre, qui étaient aux commandes du gouvernement. Je ne pouvais joindre ni l’un ni l’autre. Alors, j’ai appelé le président, le président Marzouki. Je l’ai eu au téléphone. Je lui ai dit qu’il devait sauver les nôtres. Il était tenu de disperser la foule qui était là ». La Secrétaire d’Etat a indique que Marzouki lui a répondu : « Je ne contrôle pas l’armée. Il n’y a rien que je puisse faire. Je lui ai dit, Monsieur le Président, vous devez pouvoir faire quelque chose. Les nôtres qui se trouvent à l’intérieur de l’ambassade sont attaqués. Si les manifestants s’introduisent dans l’ambassade, je ne sais pas ce qui va arriver ».
Lui répondant, Marzouki, lui a dit: “Eh bien, vous savez, j’ai une Sécurité présidentielle ». « Monsieur le Président, s’il vous plaît, déployez votre Sécurité présidentielle, au moins pour montrer que la Tunisie se tient aux côtés des États-Unis contre ces manifestants », lui a demandé Hillary Clinton qui ajoute : « A son grand crédit et à mon grand soulagement, c’est exactement ce qu’il a fait. Il a envoyé la Sécurité présidentielle. Ceux d’entre vous qui ont voyagé savent qu’il y a parfois des hommes qui portent de faux uniformes, parfois, ils enfourchent un cheval, mais il les dépêcha sur les lieux Il y a envoyé tout ce qu’il pouvait rassembler à notre secours, et la foule a été dispersée. Les dégâts étaient très importants. Mais, heureusement, nous n’avons déploré rien que des dégâts matériels à l’ambassade et à l’Ecole américaine. Et le gouvernement de la Tunisie nous a aidés plus tard dans leur réparation », a conclu Hillary Clinton.








