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Tunis : Bientôt, la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre l’extrémisme violent

« La stratégie de lutte contre l’extrémisme violent sera bientôt soumise au Conseil des ministres  et au Conseil national de sécurité », a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Taieb Baccouche lors de son intervention ce mardi 3 novembre,  à l’atelier national qui se tient sur deux jours sur la lutte contre l’extrémisme violent, l’incitation à commettre des actes de terrorisme et pour une application efficace des résolutions 1624 (2005) et 2178 (2014).

Le ministre a précisé que ce nouveau projet élaboré alors que le phénomène terroriste continue de prendre de l’ampleur avec l’embrigadement d’un grand nombre de jeunes que ce soit par conviction ou par ignorance, s’articule autour de quatre axes  essentiels.. Il s’agit de la prévention, de la protection des personnes, des biens et des institutions alors que le troisième pilier a trait aux poursuites judiciaires contre ceux qui sont impliqués dans les affaires terroristes. Le dernier axe porte sur  la recherche de moyens nécessaires à même  de mettre fin à ce phénomène dangereux.

D’après Taieb Baccouche, l’élaboration de cette stratégie par une commission spéciale présidée par le ministère des Affaires étrangères, revêt une importance vitale. Car, elle vise à renforcer la volonté des représentants tant du gouvernement que de la société civile de s’atteler à la question de l’extrémisme violent, en faisant appel autant que possible à un effort conjoint pour déterminer les causes ayant poussé les jeunes à rejoindre les organisations terroristes.

Il a rappelé que ceci intervient  dans un contexte marqué par l’évolution du nombre des jeunes tunisiens ayant choisi de rejoindre le Djihad. D’après les dernières statistiques du Conseil de sécurité de l’ONU, les Tunisiens représentent 1/5 des étrangers ayant adhéré aux groupes armés en Syrie et en Irak, l’équivalent de 5000 sur 25 mille étrangers.

Il s’agit, tout simplement de jeunes facilement exploitables par des groupes terroristes dont  80% ont été embrigadés par voie de réseaux sociaux, selon ses dires.

La Tunisie déterminée à appliquer la loi…

En dépit de ce chiffre préoccupant, la volonté de l’Etat tunisien s’accentue pour déterminer les causes réelles de la recrudescence de ce phénomène, mais aussi pour appliquer la loi contre ceux ayant participé à ces crimes odieux.

Cette volonté est fortement appuyée par l’organisation des Nations Unies qui,  par la voix de son représentant, a apporté un soutien significatif à la politique menée par le gouvernement tunisien pour relever ce challenge.  « La stratégie en question est dans le droit fil des normes internationales d’autant plus elle répond aux critères mises en place par les Nations Unies », a-t-il fait remarquer avant de poursuivre : « On est engagé à soutenir la Tunisie dans sa lutte contre le terrorisme et c’est pour cette raison qu’on va accompagner la création d’un Observatoire spécialisé dans ce domaine et qui  sera chargé d’évaluer les risques tout en développant les liens avec les différents acteurs intervenants. Ajoutons à cela, la facilitation de la fourniture de l’assistance technique nécessaire ».

Les Nations Unies globalement, le bureau exécutif en particulier sont aux côtés de la Tunisie, a-t-il encore assuré précisant que leurs ressources  sont mobilisées pour l’accomplissement de cette mission ».

Une démarche appuyée par les observateurs

L’initiative lancée par le gouvernement est aussi saluée par les experts, observateurs et universitaires, mais elle nécessite un travail de longue haleine.

C’est le cas de Fayçal Cherif, expert des politiques sécuritaires et de l’analyste militaire.. Il  a mis l’accent sur l’importance de ce genre d’initiative qui vient dans un contexte où manque encore une vision claire pour lutter contre le terrorisme.. «Ladite stratégie pourrait jouer un rôle déterminant, mais  elle devrait être accompagnée par d’autres stratégies culturelles, éducatives et sécuritaires  pour relever ce défi de taille », a-t-il enchaîné. Et d’ajouter : « C’est important puisque la Tunisie est engagée dans  une guerre contre le Terrorisme intellectuel et idéologique ».

Un avis partagé par la présidente du Centre international des études stratégiques, Badra Gaâloul qui a souligné que la lutte contre le terrorisme exige aussi une étroite coopération « régionale » pour pouvoir minimiser son impact et assurer la stabilité non seulement de la Tunisie, mais aussi d’autres  pays.

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