L’afflux des Tunisiens vers les zones de conflits ne cesse de croître. Plus de 5500 d’entre eux , hommes et femmes confondus, ont rejoint les foyers de guerre telles que la Syrie l’Irak ou encore la Libye. C’est ce qu’a annoncé le président de l’Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger, Mohamed Iqbal Ben Rejeb dans une déclaration ce lundi 7 décembre 2015 à Africanmanager, dénonçant ainsi le grand nombre des Tunisiens ayant rejoint les zones en question. Selon lui, 4500 mercenaires ont rejoint les zones de conflits en Irak et en Syrie alors que 1000 autres ont gagné la Libye. Ajoutons à cela le grand nombre non encore recensé des décès . En Syrie, les Tunisiens officiellement déclarés décédés sont au nombre de 200.
Pis ! L’affluence des Tunisiens pour rejoindre les combattants en Syrie, en Libye ou en Irak s’amplifie pour toucher, aujourd’hui, plusieurs familles (parents et enfants). Selon Ben Rejeb, le Sud tunisien demeure la principale victime et la cible de choix des groupes terroristes en raison de sa proximité avec la Libye. « En Tunisie, ce sont surtout les jeunes des régions proches de la Libye qui sont ciblés à l’instar de Médenine, Gabès et Djerba. Viennent ensuite les régions côtières telles que Sousse et Msaken puis Kairouan et Sajnène », a-t-il indiqué.
Il a, toutefois, démenti les informations selon lesquelles les jeunes tunisiens à travers leur enrôlement dans ces organisations terroristes s’y engagent à des fins lucratives, à la recherche de l’argent : « Ceux qui sont partis pour le djihad, je ne crois pas qu’ils l’aient fait pour gagner de l’argent sinon ils auraient dû choisir des pays stables et non des zones de conflits », a indiqué le président de l’Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger, faisant savoir que les jeunes qui quittent tout pour partir faire le jihad sont influencés par une croyance et une idéologie religieuse.
Iqbal Ben Rejeb a dénoncé, en outre, la passivité du gouvernement tunisien à rapatrier les Tunisiens bloqués à l’étranger (Yémen, Libye, Syrie, Irak…), estimant que 43 Tunisiens sont incarcérés dans les prisons syriennes depuis le mois de juin 2013 alors qu’ils ne sont pas impliqués dans des crimes terroristes, sans que le gouvernement ne bouge. « Le gouvernement tunisien n’a aucune intention de rapatrier les Tunisiens bloqués à l’étranger », a affirmé Ben Rejeb, faisant savoir que l’association en question a sollicité le ministère des Affaires étrangères à travers plusieurs correspondances pour qu’ au moins il facilite les procédures administratives permettant aux familles des détenus de visiter leur proches dans les prisons en question, mais aucune réponse ne lui est parvenue à ce jour.
Il a, dans le même contexte, indiqué que l’association a également sollicité le ministère des Affaires étrangères et les autorités tunisiennes pour réintégrer, suivre et encadrer les jeunes de retour des zones de conflits, mais en vain.
De même, l’association a proposé de procéder à une classification des ceux qui reviennent des zones de conflits du plus dangereux au moins dangereux et ce afin de faciliter leur intégration en Tunisie.
Le président de l’Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger a appelé à lutter efficacement contre le terrorisme tout en s’attaquant à ses racines et pas uniquement à ses résultats, accusant certaines parties de financer le terrorisme sans qu’ils soient poursuivis en justice. « Aujourd’hui, ce sont les jeunes tunisiens qui sont en train de payer cher la facture », a-t-il dit.
Selon lui, 15 mille jeunes tunisiens, hommes et femmes, ont tenté de rejoindre des groupes terroristes dans les zones de conflits.








