AccueilLa UNETunis : Le textile sur le fil du rasoir !

Tunis : Le textile sur le fil du rasoir !

Le secteur des Industries du textile et habillement est considéré stratégique pour l’économie nationale. Il était un des secteurs-clé de l’industrie manufacturière tunisienne en termes d’exportations,  d’emploi et de valeur ajoutée. Aujourd’hui, le secteur file du mauvais coton.

Le président du groupement professionnel de la confection et de l’habillement et industriel, Samir Ben Abdallah et l’expert consultant Slim Khedher, s’exprimant sur les ondes de  RTCI, ont fait l’état des lieux  du secteur et esquissé les perspectives de son évolution dans le contexte social, économique et politique actuel.

En fait, noté  Ben Abdallah, le secteur compte 1 852 entreprises employant entre 180 et 185 mille salariés, soit 34% de l’ensemble des emplois dans les industries manufacturières.

Parmi les 1 852 unités du secteur, poursuit-il, 1 548 entreprises  produisent pour l’exportation, soit 85% du secteur et 70% du total des entreprises totalement exportatrices installées en Tunisie. 820 entreprises sont en partenariat, dont 551 unités sont à capitaux 100% étrangers.

En termes d’emploi, le secteur du textile-habillement  assure  entre 180 mille et 185 mille emplois directs, se plaçant ainsi en deuxième position par rapport aux secteurs pourvoyeurs d’emplois, après le secteur des industries électriques et électroniques.

L’expert consultant Slim Khedher a rebondi pour rappeler qu’en Tunisie le secteur textile-habillement était classé deuxième secteur manufacturier en termes d’emploi et de valeur exportée.

« C’était un secteur qui occupait  une place stratégique dans le pays. C’est un secteur qui, en termes d’entreprise, a la plus grande employabilité et dont les gisements d’emplois sont très importants. Nous sommes actuellement dans un carrefour stratégique pour le secteur textile tunisien et le gouvernement doit prendre des mesures au niveau de ce secteur. »

Pour Slim Khedher, la situation actuelle du secteur habillement est peu reluisante.

« Si on faisait un comparatif des chiffres de l’année de 2009 par rapport à l’année 2014 ou de 2015, l’on s’apercevra bien que les indicateurs ont reculé », a-t-il souligné.

Et si on comparait les chiffres des années de 2008 – 2009 – 2010 par rapport à 2015, rappelle-t-il, « le secteur textile et habillement qui représentait 50 % en termes d’emploi et de valeurs exportées, il affiche aujourd’hui un taux de 30 %. »

Expliquant ce recul, il a indiqué que « nous ne sommes plus concurrentiels, car nous sommes restés  un pays de sous-traitance, un pays qui vend les minutes de travail. Nous avons un grand problème de positionnement, de compétitivité, et nous ne pouvons plus être un pays de sous-traitance. »

Pour demeurer, à l’avenir, dans le peloton de tête des grands producteurs et exportateurs mondiaux de textile-habillement, l’expert-consultant préconise qu’on revoie notre offre de services qui « doit s’intégrer pour répondre aux nouveaux besoins des marchés extérieurs.

Et pour conclure, il a préconisé que « nos entreprises doivent revoir leur organisation qui, jusqu’à aujourd’hui est taylorienne, alors que le système de production en ligne n’est plus d’actualité par rapport aux commandes dont les quantités sont très petites. « Il faut être réactif pour pouvoir s’adapter à la demande », recommande Slim Khedher.

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