Bien que l’accord relatif aux majorations salariales au titre de 2015 et 2016 au profit des agents de la fonction publique et des entreprises et établissements publics ait été signé en 2015, les négociations relatives aux augmentations salariales du privé demeurent toujours bloquées. Les deux parties négociatrices, à savoir l’UGTT et l’Utica, ne sont pas satisfaites du résultat de leurs pourparlers. Elles ne sont pas parvenues à se mettre d’accord sur le montant de l’augmentation. Chaque organisation s’en tient obstinément à ses demandes. A défaut, l’UGTT a décidé de décréter une grève générale dans le secteur privé, le 21 janvier 2016 dans la région du Grand Tunis, si l’UTICA n’accepte pas d’accorder aux employés de ce secteur une majoration salariale qui puisse atténuer, un tant soit peu, la détérioration de leur pouvoir d’achat.
Dans un communiqué signé par le secrétaire général de l’organisation syndicale et publié au terme d’une réunion, lundi 28 décembre, au siège de l’UGTT, le groupement souligne qu’il se réunira, à nouveau, le 4 janvier 2016 pour examiner l’avancement des négociations, tenant l’UTICA pour responsable de la dégradation du climat social. Attendons alors ce qui va se passer en 2016.
Rien que de la pauvreté et du chômage
Envolée des prix, inflation, chômage, pertes d’emploi, endettement et appauvrissement, la classe moyenne qui est en réalité pauvre ne trouve où donner de la tête surtout avec la cherté de la vie et la dégradation du pouvoir d’achat au point que remplir le couffin même avec le nécessaire devient un rêve pour tous les Tunisiens.
Durant les quatre dernières années, l’érosion du pouvoir d’achat du consommateur tunisien est estimée à 40% selon une enquête réalisée par l’Université de Tunis, soit une moyenne de 10% par an. Cette dégradation s’explique, dans une large mesure, par la hausse de l’inflation réelle à 4,3%.
Ajoutons à cela le chômage qui ne cesse de s’accentuer en Tunisie, atteignant 15,2% contre 15% au cours du premier trimestre de la même année.
Selon les résultats du deuxième trimestre de 2015 de l’enquête nationale sur la population et l’emploi, le nombre de chômeurs a atteint 605,1 mille du total de la population active estimée à 3 millions 199 mille contre 601,4 mille sans emploi au cours du premier trimestre.
2015, l’année des tensions sociales !
S’agissant des grèves, quoique leur nombre ait diminué par rapport aux années précédentes, celui des mouvements sociaux reste toutefois élevé. Le nombre des grèves dans les secteurs public et privé a accusé une baisse de 39%, au cours des huit premiers mois de l’année 2015. Selon les statistiques du ministère des Affaires sociales, 37 grèves ont été recensées dans le secteur public au cours de cette période, soit 19% de l’ensemble des grèves observées.
Les grèves dans le secteur public ont enregistré une baisse de 29% par rapport à la même période de l’année 2014. Dans le secteur privé, 161 grèves ont été enregistrées au cours des 8 premiers mois de l’année 2015, soit une baisse de 40% par rapport à la même période de l’année 2014.
Des caisses sociales vides !
La situation financière des caisses sociales a été très précaire durant l’année 2015, notamment celle de la CNSS qui a enregistré en 2014 un déficit de l’ordre de 222 millions de dinars. A cela s’ajoute le déficit relatif aux salariés du secteur agricole qui a dépassé les 500 millions de dinars.
Toutes les caisses sociales sont actuellement dans une situation très délicate. Les réserves de la CNSS ne permettent pas de couvrir les prestations au delà de 6 mois. Face à ces difficultés financières, le versement des pensions de retraite a été et sera directement affecté par cette crise en 2016.
L’année des suicides !
Le nombre des suicides enregistrés durant l’année 2015 a été aussi très important et les tentatives de suicide observées en Tunisie restent alarmantes. 6 cas de suicide et tentatives de suicide ont été observés durant le mois de novembre 2015, enregistrant ainsi une baisse par rapport au mois d’octobre durant lequel 42 cas de suicides et tentatives ont été enregistrés.
Un cas sur sept est un acte d’enfants de moins de 15 ans et le gouvernorat de Kairouan continue à être le théâtre du plus fort taux de suicide avec le tiers des cas relevés. Il est à remarquer également qu’une augmentation des suicides des jeunes garçons de moins de 15 ans passant d’un seul cas, durant le mois d’octobre 2015 à 4 cas en novembre 2015.
Pas mois de 1300 tués sur les routes
Le nombre des accidents de la route survenus au cours de l’année 2015 a connu une légère baisse, soit une diminution de 11,18% du nombre des accidents de la route par rapport à l’année dernière. En effet, 6842 accidents ont eu lieu en 2015. 1336 décès et 10300 blessés sont dus aux accidents de la route cette année.
Pas moins de 1565 personnes ont toutefois trouvé la mort dans les accidents de la route en 2014 contre 1505 en 2013. Parmi les principales causes des accidents vient en premier lieu l’excès de vitesse avec un pourcentage de 21,62% du nombre d’accidents. C’est, en plus, la cause du plus grand nombre de décès avec 34,38% et 29,78% du nombre de blessés.
Le plus grand nombre d’accidents a été enregistré dans le gouvernorat de Tunis (12,93%), suivi de Sfax (6,87%), Mahdia (6,46%), puis de Nabeul, Gafsa et Kairouan. Le Gouvernorat de Tozeur a enregistré le nombre le plus bas d’accident avec 0,81%. Le nombre d’accidents le plus élevé a été enregistré durant les mois d’avril, de juin et d’août. La plupart des accidents surviennent les samedis et lundis entre 18H00 et 20H00.








