Près de 30 enfants dont 5 filles ont été exploités par des organisations terroristes, rapporte le quotidien « Achourouk » dans son édition de ce lundi 18 janvier 2016.
Il s’agit de gamins de moins de 16 ans dont un a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à rejoindre Jebel Chaâmbi avec en sa possession des téléphones mobiles et une somme d’argent estimée à mille dinars, toujours selon la même source qui précise qu’environ 11 enfants âgés entre 13 et 17 ans sont détenus dans les prisons tunisiennes.
Ils ont été enrôlés par des organisations terroristes à l’effet de repérer et surveiller les mouvements des forces de l’ordre et aussi de fournir un soutien logistique aux terroristes retranchés dans les montagnes.
Une tradition…
Selon le sociologue Sami Nassera, l’enrôlement des enfants n’est pas un phénomène isolé. C’est tout simplement un exercice que l’on retrouve dans d’autres domaines comme la politique et le sport, a-t-il souligné à Africanmanager affirmant que « notre enfance est visée surtout que l’implication des enfants a connu une évolution considérable en Tunisie ces dernières années».
Interrogé sur l’enrôlement des enfants de la part des groupes terroristes, il a souligné qu’ « il s’agit d’une pratique répandue parmi les organisations interdites qui ont exploité certaines fragilités sociales telles que la pauvreté et la marginalisation, pour atteindre leurs objectifs ».
Une menace sociétale…
Côté sécuritaire, l’expert de la sécurité stratégique et ex-Colonel de la Garde Nationale, Ali Zeramdini a affirmé que l’enrôlement des enfants est une tactique facile pratiquée par certaines organisations terroristes pour exécuter leurs plans.
Pourquoi ? C’est simple, a répondu l’expert étant donné que cette population n’éveille pas les soupçons et peut être ainsi facilement utilisée pour l’exécution des opérations terroristes.
« C’est une menace sociétale », a estimé l’expert précisant que « ces organisations misent également sur les enfants dans la conception de leurs plans. C’est dangereux surtout que cette réalité ne pourrait que semer la panique auprès des parents».
Ali Zeramdini n’a toutefois pas écarté « d’autres opérations terroristes menées par les enfants » se référant à des attaques semblables perpétrées dans d’autres pays comme en Irak.
Pour remédier à cette situation, l’expert de la sécurité stratégique a jugé nécessaire d’intensifier le suivi des enfants de la part de leurs parents. « Les familles devront agir et contrôler leurs enfants de plus en plus exposés à l’addiction aux réseaux sociaux », a estimé Zeramdini.
C’est important étant donné que plusieurs études ont mis en garde contre la prolifération du terrorisme électronique. D’après les récentes statistiques de l’association Afek pour les forces civiles armées, 75% des jeunes tunisiens sont enrégimentés via Internet en vue de leur enrôlement pour le jihad en Syrie et en Irak. Pis, 1000 Tunisiens sont enrôlés annuellement par des groupes terroristes via Internet, soit 3 jeunes recrues par jour, d’après la même source.
Des programmes participatifs pour lutter contre ce phénomène
Ce dossier brûlant est désormais entre les mains du gouvernement qui diversifie ses programmes pour éradiquer ce phénomène dangereux.
A cet égard, le ministère de l’Intérieur par la voix de porte-parole du Walid Loughini a annoncé que « son département, en coordination avec d’autres ministères comme celui de la Femme, est en train d’élaborer des programmes participatifs de lutte contre l’enrôlement des enfants dans les groupes et les organisations terroristes ».
Le ministère de la femme, la famille et l’Enfance, de son côté, a annoncé la mise en place d’un projet de protection visant 5000 enfants notamment ceux des régions intérieures.
Lors de son passage aujourd’hui sur la Radio nationale, la ministre Samira Marai, a précisé que ce programme vise à encourager les associations artistiques et à créer des maisons de la culture dans ce régions, et ce, de manière à encadrer les enfants qui sont de plus en plus exposés aux dangers terroristes.
Samira Marai a dans ce cadre fait savoir que « son département œuvre à promouvoir la formation sociale, psychologique et culturelle de l’enfant à travers ce projet dont le coût est estimé 20 millions de dinars ».








