Pour une frappe chirurgicale, c’en était visiblement une. Le raid mené ce vendredi à l’aube par des avions de combat américains F-17 avant décollé de la base de Suffolk en Grande-Bretagne, contre un immeuble de Sabrata, ville libyenne située à 100 kilomètres des frontières tunisienne a fait des dizaines de morts, certaines sources parlent de 60 , d’autres de 40 ou 50, pour la plupart des Tunisiens enrôlés dans un camp d’entraînement, d’après le Pentagone.
La frappe visait à liquider un « cadre opérationnel » de Daech, le Tunisien Noureddine Chouchane, accusé d’être derrière les attentats de Sousse et du Bardo qui ont fait une soixantaine de tués parmi les touristes étrangers, dont 30 Britanniques. Chouchane a été très probablement tué, selon le service de presse du ministère américain de la Défense, qui a déclaré en attendre confirmation officielle, sitôt terminées les vérifications en cours par les services de renseignement. Une source militaire US affirmé que le chef terroriste tunisien a été effectivement tué.
Un responsable américain a précisé à l’AFP que le camp bombardé par les avions de combat américains est une cible de « haute valeur », et la mort de CHouchane représenterait un coup dur pour les combattants de Daech.
« La destruction de ce camp et l’élimination de Chouchane vont amputer l’EI d’un intermédiaire d’expérience et nous estimons que cela aura un impact immédiat sur les capacités de l’EI à ancrer ses activités en Libye, pour recruter des combattants, établir des bases et potentiellement planifier des attentats à l’extérieur du pays contre des intérêts américains dans la région », a indiqué le responsable de presse du Pentagone, Peter Cook dans un communiqué écrit.
La maison visée est située à Sabrata, à 70 km à l’ouest de Tripoli. Elle a été entièrement détruite selon un responsable de la municipalité, Hussein al-Dawadi. «Le raid a fait 41 morts et toutes les victimes se trouvaient à l’intérieur de la maison», a-t-il ajouté en faisant également état de six blessés.
«La frappe a été très précise, touchant seulement la maison», a souligné de son côté un responsable du gouvernement parallèle installé à Tripoli. Ce bâtiment avait deux étages et une réunion de membres présumés de Daech s’y tenait probablement au moment du raid, a dit un membre du conseil militaire de Sabrata qui a requis l’anonymat.
Selon lui, l’un des blessés interrogés par les forces de sécurité «a raconté être venu dans cet endroit avec d’autres personnes pour s’entraîner au combat». Le groupe qui les avait «emmenés à Sabrata leur avait bandé les yeux pendant tout le trajet». Il a ajouté que l’immeuble visé abritait des « travailleurs étrangers ». Plusieurs Tunisiens, un Jordanien et deux femmes font partie des victimes, a-t-il précisé. Ce bilan n’a pas été confirmé.
D’après la municipalité, qui a diffusé des photos montrant un gigantesque cratère, des armes de calibre moyen et des roquettes ont été retrouvées dans les décombres.
Les services de renseignements occidentaux considèrent Sabratha comme un bastion de l’EI et les services de sécurité tunisiens avaient indiqué après les attentats de l’an dernier qu’ils pensaient que ces attaques avaient été orchestrées depuis cette ville.
Barack Obama avait promis mardi « de passer à l’action » là où des cibles seraient clairement identifiées. « Et nous coopérons avec nos partenaires au sein de la coalition pour ne manquer aucune occasion d’empêcher l’EI de s’implanter en Libye », avait-il ajouté.
L’US Air Force était déjà intervenue en novembre en Libye, où les djihadistes tirent parti du chaos qui règne depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, en 2011. Il s’agissait alors d’éliminer Wissam Najm Abd Zaïd al Zoubaïdi, alias Abou Nabil, un commandant irakien de l’EI.















