Pour le ministère du Commerce, « 2016 est une année exceptionnelle en termes de stagnation des prix de plusieurs produits alimentaires ».
Par la voix de son directeur général du commerce intérieur Mohamed Ifaa, ce département a précisé que « la Tunisie n’a pas connu une telle stagnation en cinq ans de la révolution, depuis 2011 ».
Dans une interview accordée à Africananager, il a expliqué cet état des choses par l’évolution de l’indice des prix à la consommation qui, en glissement annuel , continue sa tendance baissière amorcée depuis mi-2015, pour se situer à 3.5% contre 4.1% au cours de mois de décembre 2015 et 5.5% en janvier 2015, d’après les chiffres de la Banque Centrale de Tunisie.
D’après lui, ceci était attendu pour de multiples raisons dont notamment abondance de l’offre, mais aussi la mise en place de plusieurs mesures prises lors de l’élaboration de la loi des finances pour l’exercice 2016 de manière à alléger le coût de certains produits en faveur du consommateur. A titre d’exemple, cette loi prévoit une réduction des droits de douane pour les produits de consommation à un taux de 20%, à l’exception des produits agricoles.
« Il faut reconnaître que les prix de certains produits de base ont chuté ces derniers temps, après une période difficile qui a été essentiellement marquée par une flambée des prix », a-t-il expliqué avant de constater que « la stagnation des prix est certes positive, mais elle toucherait bien évidemment le système de production ».
C’est la raison pour laquelle le département du Commerce multiplie les efforts pour trouver une issue à ce problème. « On se penche actuellement sur l’examen de quelques difficultés confrontées et des séances de travail ont eu lieu en coordination avec les professionnels pour trouver les solutions susceptibles de protéger les producteurs », a-t-il enchaîné.
Parmi les propositions recommandées, il a mis l’accent sur la promotion de l’exportation de certains produits comme le lait ou encore le séchage des œufs où le ministère veut investir de plus.
Mohamed Ifaa a par ailleurs démenti les informations relayées sur plusieurs médias selon lesquelles les prix de produits alimentaires seront encore une fois revus à la baisse suite aux dernières attaques terroristes qui ont eu à la ville de Ben Guerdane et qui ont obligé le gouvernement de fermer les frontières. « Si on procédait à d’autres baisses, on ne pourrait jamais garantir la continuité du système de production. Car, on serait face à un effondrement des prix, mais aussi face à l’effondrement de notre système de production », a-t-il affirmé.
Le directeur général a d’autre part estimé que « cette tendance baissière se poursuivra étant donné qu’elle créerait un certain équilibre chez le consommateur tunisien » tout en mettant en valeur le projet de loi régissant la concurrence, adopté en septembre dernier par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).
Une loi qui jouera un rôle déterminant tout en permettant à l’administration tunisienne de se doter de mécanismes à même de maîtriser les prix tout en renforçant les prérogatives du conseil de la concurrence, selon ses dires.








