AccueilLa UNETunisie : L’attentat du Bardo a ouvert les portes de l’enfer terroriste

Tunisie : L’attentat du Bardo a ouvert les portes de l’enfer terroriste

En un an, la Tunisie a été martyrisée par pas moins de quatre attentats terroristes de grande ampleur et à effet particulièrement déflagrateur. Tout  a commencé un certain 18 mars 2015, deux « loups solitaires » ont fait irruption dans le Musée national du Bardo pour commettre un carnage  dont les victimes étaient pour la plupart des touristes en visite dans ce haut lieu de la culture et de la civilisation tunisienne, suivi par trois autres dans la même année d’égale ampleur, portant surtout un très sérieux coup  à l’activité touristique dans le pays.

A bien des égards, de par leurs effets dévastateurs, leurs auteurs , des Tunisiens, et  leur nature dont la Tunisie n’étaient nullement coutumière, ces attaques ont été l’expression d’une nouvelle tactique de l’activité terroriste qui n’était plus concentrée sur les hauteurs du Nord-ouest du pays sous la forme d’accrochages sporadiques avec des groupes d’extrémistes appartenant censément à l’Aqmi ou à Ansar charia et ses ramifications. Surtout, elles ont marqué la sinistre entrée en scène de Daech, à partir de la Libye voisine où des Tunisiens, convertis en jihadistes étaient initiés au maniement des armes et bien davantage au « dogme » terroriste tel que professé et appliqué par cette organisation auto baptisée « Etat islamique » et dont les odieuses et inhumaines menées faisaient, à chaque fois, les titres de la presse internationale, sans appeler au départ, des réponse fermes de la part des pays occidentaux ni d’ailleurs des pays arabes.

La Tunisie dont l’armée et les forces de sécurité n’étaient nullement rompues à la lutte antiterroriste, a été littéralement prise au dépourvu, ne sachant quoi faire face à cette hydre qui faisait déjà des ravages en Irak et En Syrie, et plus tard en terre européenne, en France singulièrement. Il est vrai que , depuis l’attaque du Bardo, les forces militaires et sécuritaires ont commencé à apprendre comment affronter les groupes terroristes pour pouvoir les décimer de temps à autres, mais principalement pour faire avorter leurs plans  et partant éviter aux Tunisiens des désastres autrement plus dévastateurs. Il n’en demeure pas moins que le terrorisme dont la vocation est de frapper là on l’attend le moins, et toujours indistinctement, demeure une menace permanente et capable de déployer sa machine de guerre de manière encore plus sophistiquée et ingénieuse, sur le terrain et dans les esprits.

En commençant par s’en prendre à l’économie du pays à travers l’un de ses piliers majeurs, le tourisme, les groupes terroristes ont réussi à couper les vivres aux centaines de milliers d’employés qui y travaillent, et à faire tarir dans une large mesure les flux touristiques en provenance des principaux pays émetteurs, essentiellement ceux de l’Europe. Deuxième phase de la stratégie terroriste : cibler l’appareil sécuritaire et ce qui est considéré comme son élite, la Garde présidentielle, plus est, en milieu urbain, au cœur de la capitale Tunis, et à quelques dizaines de mètres du ministère de l’Intérieur. Enfin, troisième phase, l’acte de guerre constitué, avec l’attaque de Ben Guerdane dont le but déclaré était d’instaurer un « émirat de Daech » sur une partie du territoire tunisien.

Et c’est sur ce roc que le projet terroriste semble s’être brisé alors qu’il escomptait rallier à sa cause la population frontalière qu’il pensait acquise à ses menées et à ses sinistres visées. Les citoyens de Ben Guerdane se sont dressés comme  un seul homme  pour leur faire barrage et prêter main forte aux unités de l’armée et des forces de sécurité, ce qui a permis de décimer les assaillants et de capturer ceux d’entre eux qui ont survécu à la ferme réponse commune des citoyens, des militaires et des sécuritaires.

Pour autant, pourrait-on décréter que c’en est fini  des opérations terroristes en Tunisie ? La réponse est de toute évidence : non, car les terroristes vont récidiver et tenter de « redorer leur blason » et poursuivre leurs sanglantes « équipées » même s’ils savent qu’elles sont vouées à l’échec. Il n’en demeure pas moins que la lutte antiterroriste doit s’offrir une stratégie bien pensée, cohérente, aussi mobilisatrice que possible, et surtout revêtue d’une extrême fermeté, sans aucune concession. C’est à cette aune que le gouvernement va devoir travailler et les politiques cesser de baliverner !

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