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L’UGTT exige du futur gouvernement le dialogue pour résoudre la crise des caisses sociales

« Le futur gouvernement est appelé à traiter la question des caisses sociales dans le cadre du dialogue social », a estimé l’UGTT par la voix de Bader Smaoui.

Dans une interview accordée à Africanmanager, le syndicaliste a exigé le retour au dialogue et que chaque partie assume sa responsabilité conformément aux dispositions du contrat social signé en 2014 et ce, pour pouvoir sortir de la crise profonde que connaissent les trois caisses sociales.

« Le dossier des caisses sociales est une question sociétale qui implique tous les intervenants dont notamment les partenaires sociaux », a expliqué le coordinateur du service de la couverture sociale, de la santé et de la protection professionnelle au sein de l’UGTT. Il a exhorté le futur gouvernement à bien jouer son rôle, tout en assurant la croissance économique, le développement régional et la création de richesses.

« La nouvelle équipe ministérielle est appelée à créer de grands projets et à garantir le climat favorable à l’investissement dans les zones intérieures », a dit Bader, faisant savoir que la résolution de la question sociale passera certainement par la résolution de la crise économique et politique.

L’UGTT dénonce les diktats du FMI

L’appel de l’UGTT intervient à un moment critique où la crise des caisses sociales ne cesse de s’aggraver. Chiffre à l’appui, la CNSS a enregistré un déficit de -439, 2 millions de dinars en 2015 pour atteindre 583,3 millions de dinars en 2016 et 805 millions de dinars en 2017, si les réformes ne viennent pas.

Pour la CNRPS, le déficit est passé de 32 millions de dinars en 2005 à 375 millions de dinars en 2015 et les prévisions tablent sur 529 millions de dinars en 2016. Le déficit prévisible du régime des pensions est de 436 millions de dinars en 2015, d’après les résultats comptables des caisses de la sécurité sociale

Une telle situation continue à alimenter la polémique, puisqu’il y aura certainement des menaces sérieuses quant au paiement des pensions, à cause d’une mauvaise gestion de la part du gouvernement actuel. Ce gouvernement a par ailleurs écarté toute concertation avec les partenaires sociaux, elle a préféré recourir au Fond Monétaire International (FMI) pour chercher une issue à cette crise.

Une telle démarche prouvant les diktats de cette institution financière internationale a provoqué l’inquiétude, a avancé Bader Smaoui, tout en s’appuyant sur le récent message envoyé par les autorités en place aux premiers responsables dudit fonds.

Un message qui contient une panoplie de mesures sur le système de retraite, pour le rendre plus complet et financièrement viable afin qu’il sécurise les pensions des personnes retraitées.

D’après le contenu de ce message, le gouvernement s’oriente vers l’adoption du recul volontaire de l’âge de départ à la retraite en 2016, ce qui aidera à rétablir les équilibres à très court terme de la CNRPS (Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale), laquelle n’a aujourd’hui plus de fonds disponibles et affiche un déficit annuel de 0,4% du PIB.

Un axe de travail sera défini selon les autorités, en se basant sur des concertations dans le cadre du Conseil du Dialogue Social qui sera mis en place en 2016 après l’adoption par le Parlement de la loi portant sur sa création. En 2017, une réforme globale du système permettant de rétablir la viabilité financière à moyen terme des caisses de retraite sera lancée.

Les éléments clés de cette reforme porteront sur la révision des paramètres de calcul des pensions (par exemple, le taux de remplacement), le taux de cotisation et les prestations de services, sachant que l’élaboration de cette stratégie tiendra compte des orientations définies par la réforme de la fonction publique, lit-on dans ce message dont Africanmanager a obtenu une copie.

«  C’est illogique, le gouvernement parle d’un dialogue social, or il s’agit d’un processus bloqué depuis quelque temps », a reproché Bader Smaoui, avant de critiquer les mesures proposées vu qu’elles viennent toucher les acquis de la classe ouvrière.

Il est temps de diversifier les ressources financières des caisses

Pour sortir de l’ornière, notre interviewé a souligné la nécessité de mener un dialogue consensuel afin d’assurer une révision globale du système et de trouver par la suite les solutions « tunisiennes » appropriées à cette crise.

Pour la centrale syndicale, cette démarche est cruciale, surtout qu’elle n’a pas rejeté le projet de loi portant l’allongement volontaire de l’âge de départ à la retraite, texte finalement amendé à la suite d’une grosse polémique et qui est encore au bureau de l’ARP.

« Il est temps de diversifier les ressources financières de nos caisses sociales », a recommandé Bader Smaoui, tout en exigeant l’adoption d’un socle social qui sera financé par l’Etat de manière à garantir une vie digne et équitable pour tous.

Parmi les autres propositions, il a suggéré la mise en place de nouveaux impôts exceptionnels sur la consommation, sur le transport pour financer la retraite, comme c’était le cas en 2009.

Tout est possible, a déclaré le syndicaliste, précisant toutefois que cela reste tributaire d’une réforme globale de la fiscalité.

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