Ancien ministre des Finances dans le gouvernement de Habib Essid, Hakim Ben Hammouda a refusé le poste de super-ministre de l’économie dans le prochain et incertain gouvernement de Habib Jemli. Hammouda aurait expliqué ce refus par le «risque énorme en raison des difficultés auxquelles le pays sera confronté dans la période à venir » et notamment les colossaux besoins budgétaires à devoir trouver, dans les conditions qui sont celles de la Tunisie, estimant que «cela représente un défi quasi-impossible». Mais le voici qui se rétracte, après avoir dit son refus sur un hebdomadaire de la place. «Je ne me rétracterais pas quelle que soit la gravité du défi», affirmait-il ce lundi 16 décembre 2019, sur une radio privée. Or, selon nos sources, rien n’est moins sûr que cette seconde position.
- Pourquoi les compétences fuient-elles Jemli et d’autres le snobent ?
Avant lui, le député Fayçal Derbel avait refusé le poste de ministre des Finances. Lui, il dit qu’il préfère rester à l’ARP. On est tout de même en droit de supposer, appuyés par plus d’une source proche du député, que le fin connaisseur qu’est Derbel, des chiffres du budget et de la loi de finances, et de la situation économique du pays, a certainement refusé de s’engager, alors que rien n’est encore clair chez Jemli. Des causes relatives aux énormes défis de trouver l’argent nécessaire, pour un pays qui n’arrête pas d’en donner à une population qui se refuse à admettre l’imminente obligation de se remettre au travail, à en faire même plus qu’avant, et à produire plus, et encore moins à accepter certaines difficiles réformes.
Avant ces deux compétences économiques, Habib Karaouli, Fadhel Abdelkefi, Nouri Jouini, et d’autres dont n’a pas entendu parler, auraient refusé de prendre part à l’improbable gouvernement d’un Habib Jemli. Et pour tous, ce serait ce flou qui entoure encore, d’abord la ceinture politique supposée être assez forte pour assurer de la sérénité à l’action gouvernementale, et lui permettre de réaliser les réformes nécessaires pour sortir le pays, d’abord et en premier lieu, de la crise financière où il se débat depuis 2011. Un flou, qui n’a plus rien d’artistique après plus d’un mois de consultations, nourri par la procédure adoptée par Jemli pour former ce gouvernement qui ne vient toujours pas.
Il semblerait, en effet, selon plusieurs sources par nous consultées, que Jemli aurait fait les choses à l’envers. Beaucoup pensent, en effet, que le chef de gouvernement missionné aurait en quelque sorte pris le taureau par la queue au lieu des cornes, et aurait ainsi mis trop de temps à consulter un peu trop n’importe qui, au lieu de s’atteler directement au boulot de chasseur de têtes bien faites.
- Jemli, l’homme qui a pris le taureau par la queue au lieu des cornes !
Nos sources estiment, en effet, qu’il aurait dû, dès les premiers jours de sa nomination, préparer sa propre liste de ministres, avant de lancer la très, trop large consultation qui lui a pris tout le temps qu’il aurait dû consacrer à la recherche des compétences et les convaincre de prendre part à l’aventure du 6ème gouvernement de la seconde République (ou, le 38ème gouvernement, depuis le temps des Beys, selon Wikipedia). Le travail de recrutement aurait pris nettement moins de temps, cristallisant les consensus autour de personnalités déjà identifiées, et les changeant au gré des consensus qui se seraient dégagés au fur et à mesure de consultations plus ramassées. A force de vouloir faire un gouvernement de tout le monde, il n’a réussi qu’à faire l’ébauche d’un gouvernement de personne !
Les mêmes sources reprochent à Jemli son inconsistance par rapport à l’éventail des partis qui pourraient composer son gouvernement. Il avait ainsi, par exemple, exclu Ettayar lorsque Mohamed Abbou qui avait lié sa participation à l’obtention de 3 ministères de souveraineté. Il sait pourtant qu’il reste, au sujet d’Ettayar, obligé de suivre la dernière position de son sponsor Ennahdha à son propos, même lorsqu’il déclare que son «parti a été sollicité pour participer au pacte politique, mais il a informé la présidence du gouvernement de son refus».
Jemli a aussi, deuxième exemple, écarté Qalb Tounes, sachant malgré cela que si le parti de Nabil Karoui tournait casaque et revenait à Dar Joued, il sera obligé de l’accepter pour garantir son passage à l’ARP. Et comme pour donner raison à nos sources, rien n’est encore joué dans cette partie de cache-cache qu’est la constitution du 6ème gouvernement. Entretemps, Jemli entame la première semaine de son moratoire, alors qu’Abbou évoquait une volonté de Jemli de faire un «pacte politique». Entre gouvernement et pacte politique, le temps qui lui est imparti, prend valeur d’éternité.
De toutes les façons, que ces noms de compétences économiques et financières aient fuité de la liste des short-listés par Jemli, ou plutôt son recruteur le Nahdhaoui Ridha Saïdi, cela voudrait au moins dire une chose : l’importance que semble attacher le chef de gouvernement missionné à la question économique. Et la réaction de Hakim Ben Hammouda chez Assabah Al Ousbouii, lorsqu’il parlait d’un poste cumulant finances et développement et coopération internationale, semble signifier que Jemli aurait opté pour un gouvernement où les ministères en lien transversal avec l’économie, pourraient être réunis en pôle. En sera-t-il de même pour le commerce et l’industrie, les mines et l’énergie ? On verra lorsqu’il l’annoncera et s’il l’annoncera !
- On (Jemli et tout le pays) n’est pas sorti de l’auberge !
De ce souci, on pourrait tirer la conclusion-évidence que le prochain gouvernement que peine toujours à mettre en place Habib Jemli, qui se mure désormais dans le silence, au moins sur sa page des réseaux sociaux où le dernier statut date du 8 décembre 2019, c’est que le 6ème gouvernement sera à caractère partisan, et non de compétences comme l’avait à plusieurs reprises dit la personnalité qui a pour mission de le mettre en place. Il ne serait pas, dans ce cas, exclu que Jemli veuille mettre le pôle économique directement sous sa houlette, dans une ultime tentative de «dépolitiser» cette équipe et opérer une séparation de corps entre politique et économique.
Pour l’instant, le dernier groupe parlementaire à avoir été reçu en fin de semaine dernière à Dar Dhiafa, n’est en pas sorti optimiste sur le sort du gouvernement à former par Jemli. Selon l’un de ses membres, qui préfère garder l’anonymat, le chef du gouvernement missionné chercherait encore la plus large participation politique à son gouvernement, pour en assurer le passage sans encombre à l’ARP. Cela semble, pour l’instant, être son principal souci. Un souci partagé par son sponsor officiel (même lorsqu’il dit le contraire par la voix de Noureddine Bhiri) qu’est Ennahdha et qui préfèrerait noyer la responsabilité du gouvernement entre plusieurs partis de la place, et assurer du même coup le plus large vote à l’ARP.









Une idée comme ça: et si demain il rendait son tablier?
Une attente qui dure depuis plus de 70 jours ne présage rien de bon!
Une idée comme ça: et si demain il rendait son tablier?
Cela fait plus de 70 jours d’investigation et toujours rien à l’horizon ce qui ne présage rien de bon…
Personnellement je pense qu’ennhadha ne veut pas du gouvernement, il n’a jamais voulu exercer ce pouvoir car il sait qu’il n’en a pas la capacité. Il a tout intérêt à échouer à la création du gouvernement plutôt que d’échouer à gouverner. Le délai passera, un autre Qui n’est pas issu de leurs rangs sera nommé pour essayer de composer un gouvernement dans la conjoncture extrêmement difficile où les islamistes ont mis le pays depuis la révolution, époque depuis laquelle il faut se rappeler qu’ils ont plus ou moins toujours été de manière cachée aux rênes du pays et à niveau, ils pourront critiquer sans s’exposer directement.