Selon des statistiques officielles, environ 80% des artisans, en Tunisie, sont des femmes dont 60% vivent et produisent dans les zones rurales. 150 projets artisanaux sont créés annuellement par des femmes, lesquelles représentent 70% des artisans. Le coût du projet dans ce domaine est estimé à plus 7 mille dinars.
Le volume des investissements dans l’artisanat est estimé à 18 millions de dinars annuellement. Plusieurs produits artisanaux sont exportés vers les Etats-Unis d’Amérique, le Canada et les pays européens tels que l’Italie, la France, l’Espagne et l’Angleterre. Ce secteur se distingue par son fort potentiel en matière de création d’emplois et son implantation essentiellement dans les régions intérieures du pays où les femmes rurales lui accordent un grand intérêt.
La femme rurale est un élément moteur dans le développement économique et touristique en Tunisie. Néanmoins, malgré son importance, ce secteur est confronté depuis des années à de multiples difficultés en raison du problème de la disponibilité des matières premières et de leur qualité, du manque de moyens pour la commercialisation du produit artisanal et du manque flagrant de main-d’œuvre qualifiée. Il est également fortement affecté par la crise sans précédent qui a touché le secteur touristique ces dernières années, notamment depuis les attentats terroristes qui ont eu lieu au Bardo et à Sousse !
Des financements sans taux d’intérêt entre 1000 et 10 mille dinars
Pour soutenir les femmes rurales et renforcer leur contribution dans l’économie tunisienne, des financements sans taux d’intérêt allant de 1000 à 10 mille dinars, seront accordés aux artisanes porteuses de projets en partenariat avec le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées.
Le président de l’arrondissement municipal de Ksar Saïd, Dhafer Sghiri a affirmé que » le rôle de la municipalité devrait consister à faciliter la commercialisation des produits des artisanes (bijoux, objets de décoration, tissage, pâtisserie…), dans le cadre des manifestations régulièrement organisées par la municipalité, de manière à leur garantir une source de revenu , une indépendance économique et une stabilité sociale « .
Il a, à ce titre, souligné l’importance de la coopération entre la municipalité, la société civile et les institutions de l’État pour assurer à ces artisanes la formation nécessaire à la pratique de leurs activités.
Toujours selon lui, » les municipalités doivent se transformer en un espace de formation et d’encouragement à l’investissement et faciliter l’accès des artisanes aux financements, de manière à favoriser leur intégration dans le circuit économique local « .
Pour sa part, la présidente du Groupement national de l’artisanat et des petits métiers Rim Harbaoui, a considéré que » les arrondissements municipaux ont un rôle à jouer en matière de développement « , soulignant » la nécessité d’une coopération entre toutes les parties prenantes pour atteindre un développement inclusif et durable « .
Elle a aussi plaidé pour la généralisation des sessions de formations au profit des femmes sans emploi dans tous les arrondissements municipaux afin de mieux faire connaitre les produits artisanaux et dynamiser le circuit économique.
D’une forte contribution dans le développement socioéconomique dans toutes les régions du pays, le secteur de l’artisanat bénéficie d’une année à l’autre, en Tunisie, d’un intérêt privilégié, compte tenu de ses pertinents atouts tels que le faible coût de création d’un emploi estimé en moyenne à 2000 dinars, le faible coût d’investissement, ainsi que la disponibilité des 76 branches d’activité du secteur dans l’ensemble des régions du pays.








