Les Tunisiens piaffent d’impatience de savoir qui sera à la barre à la Kasbah dans les accoutrements de chef de gouvernement ou de premier ministre pour contribuer à donner une consistance pratique aux décisions prises, le 25 juillet, par le président de la République . Les jours défilent et peut-être bientôt les semaines, ce qui risque d’accélérer la forclusion du délai de 30 jours prescrit par la Constitution sans que les premiers signes de concrétisation des mesures présidentielles ne puissent se manifester et avoir prise sur la vie et le quotidien des Tunisiens.
Sans doute Kais Saied serait-il habité par le souci d’éviter les travers qui avaient entaché ses précédents choix des deux chefs de gouvernement qui se sont avérés d’autant moins heureux que leur passage à la Kasbah, pour l’un comme pour l’autre, a tourné en eau de boudin. L’attente n’en commence pas moins à être perçue comme pesante, et c’est qui aurait décidé le palais de Carthage à engager l’un de ses conseillers à écumer les plateaux de télévision et les studios de radio pour se dépenser en assurances.
« Jusqu’à présent, aucune décision définitive n’a été prise concernant le nouveau chef de gouvernement, mais le rythme est accéléré dans ce sens », a affirmé, jeudi, le conseiller du président de la République, Walid Hajjem. Dans une déclaration à l’agence de presse Tunis Afrique, il a assuré que le président de la République a une réelle prise de conscience de tout ce qui se passe notamment en ce qui concerne les attentes des citoyens. « Le président Kaies Saïd travaille régulièrement selon un vision claire » ajoute-t-il.
Le lendemain, sur Shems Fm, il est revenu à la charge pour indiquer que « le choix du chef de gouvernement et de ses membres nécessite un certain temps, car le processus se fait et avance à pas sûrs et à l’enseigne d’une indispensable sagesse pour le bien du peuple tunisien et du pays. »
Il a également souligné que l’identité du chef de gouvernement sera dévoilée selon une démarche conduite par le Président de la République sous sa propre supervision » a-t-il précisé, assurant que « toute mesure prise par le président de la République ne sortira pas du cadre de la loi et de la constitution. »
Comprenons qu’il est tenu d’officier dans le périmètre de l’article 80 de la Loi fondamentale, ce qui lui enjoint, comme il s’y est engagé, de mettre fin à l’état d’exception et , ce faisant, de lever les mesures exceptionnelle dès que leurs causes n’auront plus de raison d’être.
Un casting qui commene à s’esquisser
En attendant l’annonce officielle du nom d’un nouveau chef de gouvernement, le gouverneur de la Banque centrale Marouane semble se positionner comme l’un des candidats les plus en vue pour ce poste, d’autant plus que la période à venir est une étape chargée de défis économiques, et donc le candidat doit maîtriser la conjoncture économique du pays et être capable de prendre des décisions audacieuses pour faire sortir la Tunisie de la crise qui l’étouffe depuis des années.
D’autres noms circulent dans les coulisses, tels que ceux des anciens ministres des Finances, Hakim Hammouda et Nizar Yaich qui peuvent être des candidats potentiels pour le poste du chef de gouvernement.
Entre temps, de nombreux partis et composantes de la société civile ont appelé le président de la République, à adopter une voie participative à laquelle contribuent les organisations nationales, afin de fixer une feuille de route claire pour la période exceptionnelle et la prochaine étape, à condition qu’elle ne dépasse pas 30 jours. Cette feuille de route doit prioriser certains sujets d’une extrême urgence à l’instar de la lutte contre le coronavirus Corona, la révision de la loi électorale et peut-être même de la constitution.








