Le président du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie, Naoufel Amira, a déclaré que l profession est en train de gérer la pénurie des médicaments de concert avec toutes les parties prenantes, à savoir le ministère de la Santé, la Pharmacie centrale et les divers autres syndicats, rappelant que le problème n’a de cesse de se poser depuis six ans, à tout le moins.
« Nous constatons qu’il y a une forte pression sur le budget et les ressources financières de la Pharmacie centrale( PCT), qui croule sous des dettes très importantes auprès des laboratoires internationaux, lesquels refusent de nous fournir des médicaments qui répondent aux besoins du marché tunisien en raison du passif que la PCT n’arrive toujours pas à liquider et qui s’accumule auprès desdits laboratoires », a-t-il affirmé dans une déclaration à Shems Fm.
Amira a également souligné la nécessité de trouver des solutions pour ce problème qui menace la santé du Tunisien, d’autant plus que cette pénurie de médicaments affecte ipso facto l’ensemble du secteur et la santé dans le pays.
Au demeurant, la Pharmacie centrale est considérée parmi les établissements publics à haut risque en raison de l’accumulation des dettes que lui doivent les hôpitaux publics et les caisses sociales.
Pour ce qui est des chiffres, le résultat net de la Pharmacie Centrale de Tunisie au cours de l’année 2019 s’est élevé à 11,9 MD, contre 234,6 MD une année auparavant, enregistrant une hausse de 246,5 MD, soit 105%, due notamment à la baisse des charges financières nettes d’une valeur de 291,6 MD, soit 137,7%, en raison de la baisse des pertes de change à hauteur de 117,3 MD.
Au cours de l’année 2020, le RN a accusé une baisse de 23,7 MD, soit 199,2%, principalement due à la hausse des charges financières nettes de 166,6 MD, soit 208,5%.
Les cotisations de la pharmacie centrale sont estimées à 542,9 MD au titre de 2020, qui sont dues aux structures hospitalières publiques.
Quand le coronavirus s’en mêle…
D’autre part, la pandémie de Covid19 a été, ces dernières années, à l’origine d’une nouvelle dégradation de la situation de la pharmacie centrale, ce qui a provoqué une pénurie dans la distribution des médicaments importés et l’absence de certains autres, notamment les médicaments prescrit pour les maladies chroniques telles que le diabète et un certain nombre de maladies insidieuses et incurables.
La pénurie constatée d’un certain nombre de médicaments est due aux problèmes d’approvisionnement en matières premières de l’industrie locale, auxquels s’ajoutent ceux en rapport avec de liquidité financière dont elle souffre et qui ont affecté son équilibre. Outre le retard de livraison des fournisseurs étrangers, ce qui a conduit au manque d’approvisionnement de certains médicaments de la part des fournisseurs posant moult conditions pour le paiement.
Dans son budget pour l’année 2022 et dans l’article 62, le gouvernement a fixé de nouvelles modalités de soutien à la Pharmacie centrale de Tunisie en réduisant à 0% la part des droits de douane dus sur les médicaments fabriqués localement fournis par la pharmacie centrale et répertoriés dans les nomenclature n° 30.03 et 30.04 du tarif des droits de douane jusqu’au 31 décembre 2023.
D’un autre côté, le paiement de la valeur ajoutée exigée pour les médicaments équivalents de fabrication locale fournis par la Pharmacie Centrale de Tunisie et énumérés aux nomenclatures 30.03 et 30.04 est suspendu jusqu’au 31 décembre 2023.
La Pharmacie centrale est également exonérée des droits de douane et taxes sur ses importations de produits de protection individuelle réalisées au cours de l’année 2020, pour lesquelles elle a bénéficié du régime de l’entrepôt conformément aux dispositions de l’article 181 du code des douanes.








