La Tunisie cherche à réduire l’usage du « cash » et à rationaliser la circulation de l’argent en espèces, en lançant une nouvelle application de paiement mobile.
Le Directeur général de la Société Monétique Tunisie (SMT), Bilel Dernaoui, a expliqué, dans une interview à AfricanManager, que le nouveau service sera officiellement lancé dans un très proche avenir, sitôt achevés les essais nécessaires avec un certain nombre de banques. « Nous sommes prêts et travaillons à mettre la dernière touche à l’application avant sa mise sur le marché », a-t-il dit
L’application permettra aux clients, que ce soit en utilisant des cartes bancaires ou des téléphones, d’effectuer des transactions financières de la manière la plus simple possible, et de payer leurs achats, que ce soit dans les petits commerces, les taxis ou même les marchands de légumes, etc… ce qui améliorera les services déjà disponibles actuellement .
Ce service vise également à rendre les processus de paiement accessibles à toutes les catégories en s’appuyant sur des solutions technologiques actualisées dans les différents gouvernorats de la République.
Les opérations financières pouvant être effectuées via ce service comprennent le paiement et le retrait d’argent, le transfert d’argent instantané d’une personne à une autre, le paiement des factures chez les commerçants et la recharge du téléphone….
« Nous nous efforcerons de faire de ce projet un succès, qui sera un catalyseur pour le développement d’autres services électroniques », a déclaré le DG, notant que la SMT avait déjà mené une expérience similaire réussie, lors de la crise de la pandémie du Covid19, où des aides sociales exceptionnelles ont été versées via une plateforme électronique.
L’entreprise aspire à faciliter le processus de paiement pour le citoyen et à réduire l’usage du cash en Tunisie, selon Bilel Dernaoui, indiquant que l’usage du « cash » coûte très cher à la communauté nationale. Il a également déclaré que le nouveau produit s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de décashing et de l’inclusion financière.
Le e-commerce… une nouvelle culture
« Nous cherchons à promouvoir le commerce électronique en tant que culture et un nouveau mécanisme pour faciliter les services et les transactions quotidiennes, au lieu d’y recourir comme une solution imposée par les circonstances et les crises », a-t-il expliqué.
Dernaoui a également assuré que « le nouveau produit contribuera au développement du commerce électronique, estimé aujourd’hui à seulement 30% du volume total des transactions commerciales électronique, alors que le pourcentage d’utilisation du cash dans certains pays ne dépasse pas 10% ».
Aussi a-t-il lancé un appel aux institutions financières, qu’il s’agit des banques ou de la Poste tunisienne, pour améliorer la qualité des services rendus aux clients et répondre à leurs attentes afin qu’ils ne renoncent pas à utiliser les cartes électroniques, le tout dans le but d’améliorer le système numérique en Tunisie.
« La réussite de ce projet nécessite une large campagne de communication et l’explication de ses atouts afin d’atteindre les objectifs fixés », a-t-il souligné.
Plateforme de facturation en ligne
Dans le cadre de la diversification des services, le D G de la SMT a exprimé l’intention de lancer une plateforme de facturation électronique qui permettrait de sécuriser le paiement de tout type de factures telles que celles de la « STEG» et la « SONEDE», ainsi que d’autres services comme le paiement des vignettes, la douane et les assurances… sans être dans l’obligation d’accéder à leurs sites internet.
En fait, ce service actuellement en cours de mise en œuvre, s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de la qualité des services basés sur l’utilisation des technologies modernes et de la communication, et permettra la réduction des impayés de certaines entreprises publiques et privées.
Dernaoui affirme que le développement des services financiers et le suivi de leur qualité sont parmi les principaux éléments de la réussite des nouveaux projets numériques.
70 millions de transactions par carte bancaire
Le nombre de cartes bancaires actuellement en circulation en Tunisie est d’environ 6 millions, selon la même source qui a précisé que l’acquisition d’une carte nécessite l’ouverture d’un compte courant.
Ce qui compte, selon le directeur général de la SMT, c’est moins le nombre d’utilisateurs que la motivation des clients à utiliser leurs cartes dans les différentes opérations.
Selon les derniers chiffres et indicateurs, le nombre de transactions financières acceptées que la Tunisie enregistre annuellement par carte bancaire est estimé à 70 millions , enregistrant ainsi une évolution annuelle comprise entre 15 et 20%, ce qui représente un indicateur important de l’évolution de l’utilisation des cartes par les clients.
4 000 distributeurs automatiques
Bien que le retrait d’argent soit l’opération dominante pour l’utilisation des cartes bancaires dans le passé, à un taux de 80%, alors que seulement 20% étaient destinés au paiement des commerçants, les nouveaux chiffres indiquent un changement de pourcentage. Entre 55 et 60 % des Tunisiens utilisent la carte pour le retrait d’argent, tandis que le pourcentage restant l’utilise pour payer des services ou des achats à distance.
Le nombre de distributeurs automatiques est estimé à 4 000, fournissant divers services comme le retrait de l’argent, l’extraction d’un relevé de compte, le transfert de l’argent, ou la recharge de téléphones… Par ailleurs, le directeur général a indiqué que le pourcentage de pannes de celles-ci est faible et limité par rapport au nombre d’utilisations par jour.
En réponse à une question concernant la possibilité de piratage du système de services des institutions financières, le directeur général a souligné que ces établissements sont dotés des mesures de protection les plus élevées.
Il a expliqué que les tentatives de piratage de logiciels sont des opérations aléatoires, qui sont effectuées par voie électronique et peuvent se produire n’importe où, notant que l’investissement le plus important dans les banques est axé sur les systèmes de sécurité.
En conclusion, Bilal Dernaoui a déclaré que la SMT est l’une des premières entreprises en Tunisie et en Afrique, car elle est liée par de nombreux accords et partenariats à un certain nombre de pays comme l’Algérie, la Libye et certains pays d’Afrique francophone, qu’il s’agisse d’adopter l’expérience tunisienne dans le domaine du développement du secteur financier et du conseil, ou de leur fournir des cartes bancaires…








