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El Abassi, entre le marteau de la guerre, l’enclume du FMI et l’inaction du gouvernement

Il ne fait aucun doute que la Tunisie qui vivait depuis 2011 au-dessus de ses moyens, a changé depuis 2021 son fusil d’épaule et vit désormais dans le déni de la conjoncture internationale qui conditionne pourtant son économie et partant, ses moyens de subsistance.

Comme si de rien n’était, la Tunisie continue sa consommation de ressources naturelles aux prix qui flambent, au même rythme d’avant les crises, et à subventionner pains de toutes sortes, cigarettes importées, lait, café, carburants, transport et autres denrées désormais rares.

Le tout, dans un pays où chacun fait tranquillement ses petites affaires ; le chef de tout l’Etat et son « Istichara », les ministres, certains des sinistres, et qui ne pipent mot que sur ordonnance ou qui parlent plus vite que leur bailleur de fonds, les partis politiques et leur ARP fermée, les contrebandiers et leur commerces parallèles avec les pays voisins et ailleurs. Même les ménagères et les circuits légaux s’y sont mis !

–        D’abord, les appels du pied qui ne disent pas leur nom

Il y a une semaine, le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) intervenait en Conference-Call, lors de la réunion des ministres africains des Finances et des gouverneurs des banques centrales du continent africain, avec la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Kristalina Georgieva,  le 9 mars 2022.  Au menu, l’impact des événements à la frontière russo-ukrainienne sur les économies africaines et les éventuelles mesures à prendre par les institutions financières internationales pour en atténuer les retombées.

Face à Kristalina et son FMI, dont tous appelaient de leurs vœux les plus pieux l’aide et l’assistance financière, Marouane El Abassi a préféré se la jouer « franco ». D’emblée, il évoque « le principe de la solidarité », « des programmes plus flexibles et étalés sur une plus longue période ».

Sans vouloir parler directement de son pays (الكلام علي و المعنى على حارتي), il évoque les conditionnalités de l’institution de Bretton Woods et voudrait la remplacer par « une logique conséquentielle entre conjoncture et conduite des réformes, dans la mesure où nos pays sortent juste d’une crise sanitaire, qu’ils se retrouvent à faire face à une situation d’incertitudes qui pourraient durer ».

Et comme une petite piqûre de rappel, enveloppée en politiquement correct de louage, au FMI pour une promesse non encore tenue, il évoque son initiative de créer un Fonds pour aider les pays à renforcer leur résilience et leur viabilité, sans rater l’occasion de lui faire remarquer que « les fonds mobilisés risquent d’être en-deçà des attentes, notamment à cause des limites d’accès par pays » et que « le FMI pourrait sûrement réfléchir davantage sur ce point et remédier à cette situation ».

Prêchant, sans le dire, pour sa paroisse, El Abassi s’avance à conseiller à Kristina Georgieva « une meilleure et plus large mobilisation des DTS alloués aux pays qui en ont le plus besoin[qui] est essentielle », et un « rechanneling des DTS nécessaire ». 

Autant d’appels du pied, faits par le Gouverneur de la BCT qui était toujours en négociation avec le FMI pour un nouveau programme d’assistance financière, qui ne disaient pas leur nom, qui valent pour tous, mais qui feraient du bien aussi à la Tunisie dont il défendait bien les intérêts.

–        Il prêche bien pour sa paroisse …

Pour sa propre paroisse, le gouverneur de la BCT a prêché devant Kristalina Georgieva en faveur d’un

« plus grand engagement du FMI sur des programmes de long terme [qui] aidera à faire face aux pressions de plus long terme sur leurs balances des paiements. Une décision du FMI dans le sens de l’extension de  son soutien aux pays membres en difficulté afin de les aider à surmonter cette crise est fortement souhaitable ». Il est vrai qu’afin de limiter les répercussions des réformes demandées par les bailleurs de fonds, les autorités auraient besoin d’activer certaines mesures, en collaboration avec les IFI.

El Abassi, dont le pays vit entre deux grandes puissances pétrolières et gazières qui la calculent très peu, évoque aussi, « une meilleure intégration régionale (…), et dit, certainement sans trop y croire, « nous nous devons aussi de coordonner ensemble pour apporter une réponse collective, régionale et continentale, soit-elle ».

Pressé, comme le patient qui se retrouve sous perfusion en attendant les Médocs, le gouverneur de la BCT, y va ensuite encore plus franco : « Avec le FMI, il faudrait accélérer le processus, tout en intégrant la conjoncture particulière dans les négociations avec les bailleurs de fonds ». Tellement pressé qu’il ajoute que « s’il est nécessaire d’évaluer les retombées de ce facteur exogène sur les différents secteurs ou agrégats macroéconomiques et financiers, ceci ne doit pas constituer un élément retardant les négociations (…). Il faudrait, également, prévoir des mécanismes spécifiques sous forme d’appui budgétaire et aide à la balance des paiements ».

–        …, mais seul dans le désert de La Kasbah

Dans la même logique d’un lanceur d’alerte, le Gouverneur de la BCT se tourne ensuite vers le gouvernement.  En Tunisie, en effet, la realpolitik rejoint la réalité politique tunisienne. Elle pèse dessus de tout son poids, et chamboule désormais les desseins et les perspectives économiques que la majorité des Tunisiens prennent toujours pour des acquis inamovibles et inviolables.

Lors de sa réunion exceptionnelle tenue le 14 mars 2022, en effet, sur le même sujet que la réunion avec la DG du FMI, le Conseil d’Administration de la BCT note, comme un doigt accusateur en direction de La Kasbah, « l’envolée des prix internationaux des produits de base et de l’énergie, la contraction de l’activité chez les principaux partenaires commerciaux de la Tunisie et le climat d’incertitude, en l’absence de la prise de toute urgence des mesures appropriées », avertissant que cela serait « de nature à aggraver le déficit de la balance des opérations courantes et à exacerber les tensions inflationnistes au cours de la période à venir ».

L’inflation approche déjà des 7 % et ne devrait pas en rester là pour mars et avril. La croissance reste molle, et l’INS évoque « des perspectives confuses », et on ne sait toujours pas ce que compte faire la Cheffe Bouden pour porter secours à l’économie du pays. D’où la pertinente remarque du CA de la BCT quand à l’inaction du gouvernement de Kais Saïed.

Pour l’instant, la BCT, qui fait pourtant bien son boulot comme en témoigne même le patron des banques arabes (ar), semble prêcher seul dans le désert du gouvernement. Force est de remarquer que l’indécision du gouvernement du chef de tout l’Etat, devient un fait dangereux !

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est très dangereux d’assister à un phénomène d’absence de coordination entre le gouvernement et la BCT, Il faut cesser d’importer des produits de luxe ou des produits qui ne répondent pas à un besoin urgent. Faut-il dresser le liste des biens et de services urgents à importer par période (trimestrielle) en fonction du stock disponible de devises, c’est un tableau simple à double entrées de façon à respecter l’équilibre de la balance des paiements. Par ailleurs, il faut commencer à régler la caisse de compensation (révision des produits subventionnés super urgent : produits énergétiques et produits alimentaires, etc,…par urgence), enfermement de tous les boycotteurs qui freinent le programme du gouvernement qui reste encore inactif, l’UGTT doit aussi participer à ces réformes par le gel des augmentations de salaires et le Président de la République doit prendre les décisions qui s’imposent pour arrêter les revendications de l’UGTT, Zaim Bourguiba et Hédi Nouira l’ont fait pour l’intérêt du pays. Si Tabboubi a suffisamment d’argent qu’il le distribue à tous les manifestants de son club. La Tunisie ne peut pas gouverner avec des partenaires ignorants, Tabboubi fait la politique et non un syndicaliste car ses réclamations ne sont pas justifiées en tenant compte de la réalité des choses, ses sorties désagréables sont des incitations à une guerre civile entre les tunisiens, il faut qu’il de calme et qu’il voit les choses d’un bon oeil. Il vend aux tunisiens du vent car il prétend dépenser de l’argent sans en avoir.

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