Des incendies de forêt ravagent l’Ouest de la Tunisie et l’Est de l’Algérie et, depuis le week-end dernier, plusieurs villes tunisiennes et algériennes ont été touchées par d’importants incendies de forêt, obligeant la population locale.
En Tunisie, les feux de forêts s’enchaînent, depuis que s’est déclaré l’incendie de Melloula qui a été circonscrit dans un premier temps, pour enregistrer un autre départ de feu que les sapeurs-pompiers n’arrivent pas à maîtriser totalement malgré les renforts dépêchés sur place de diverses régions de la République
Du reste, d’autres incendies se sont également déclarés dans plusieurs villes tunisiennes du Nord-ouest, notamment dans les gouvernorats de Béja et Bizerte. Un autre incendie s’est déclaré à Jbel Semmema, Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, que les gardes forestiers et l’armée tunisienne ont réussi à circonscrire. Selon les autorités locales de Kasserine, les flammes ont détruit cinq hectares de forêt.
Depuis dimanche, l’Algérie est ravagée par des incendies de forêt, les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur faisant état d’un total de 34 morts, dont dix militaires. Le service de santé de la wilaya de Béjaïa a dressé le bilan provisoire à 22 morts et 194 blessés, faisant de Béjaïa la commune avec le plus grand nombre de morts et de blessés à ce jour.
Selon les autorités algériennes, 97 incendies sévissent en Algérie, impactant directement les forêts et les terres agricoles de seize gouvernorats de la côte Est. Les incendies se sont propagés jusqu’à la frontière tunisienne près de la ville de Tabarka, où une douzaine de familles ont été évacuées vers des auberges de jeunesse, des crèches et d’autres espaces publics. Selon des sources locales, les flammes se sont rapidement propagées à travers le pays, atteignant donc les forêts de Meloula et des environs.
En Algérie, les équipes de la protection civile et les forces armées algériennes ont évacué des dizaines de familles bloquées dans le gouvernorat de Béjaïa, situé sur la côte méditerranéenne à 250 km de la capitale. D’autres opérations de sauvetage et de lutte contre les incendies se poursuivent dans d’autres zones. Selon le ministère de la Défense, 25 militaires ont été blessés lors des opérations de sauvetage dans la région de Beni Kesila.
Les autorités tunisiennes sont assistées dans les opérations par des vedettes des garde-côtes, des hélicoptères militaires et des véhicules de l’armée. La Protection civile est guidée par une priorité absolue, celle de sauver des vies en attendant l’arrivée des secours des gouvernorats voisins et des équipements supplémentaires pour contenir les incendies.
Au total, 2 500 habitants des villages de Melloula ont été évacués par les autorités tunisiennes, qui ont reçu le soutien de plusieurs volontaires locaux. Cependant, certaines zones restent inaccessibles, car les flammes en bloquent l’accès.
La Tunisie et l’Algérie les plus exposées
L’Algérie et la Tunisie, comme d’autres pays du pourtour méditerranéen, font partie des pays les plus exposés aux conséquences du changement climatique, avec des canicules en été et des inondations le reste de l’année. Quelques jours avant le déclenchement des incendies, les autorités algériennes avaient relevé le niveau d’alerte au maximum après que cinq communes algériennes aient enregistré des températures parmi les plus élevées au monde, selon El Dorado Weather, cité par Atalayar.
Ces incendies, qui se sont multipliés ces dernières années du fait du réchauffement climatique, ont contribué à une réduction du couvert végétal de la Tunisie d’environ 6 % depuis 2000. L’Algérie, qui compte environ 1,5 million d’hectares de forêt, a également vu sa végétation diminuer. En Tunisie, la saison des incendies débute généralement fin juin et dure environ treize semaines. Ces dernières années, les incendies sont devenus plus fréquents, ce qui suscite de vives inquiétudes. En Algérie, la saison des incendies commence généralement début juin et dure 22 semaines.
Ces derniers incendies se produisent pendant l’un des étés les plus chauds au monde, en particulier dans les pays du Moyen-Orient où les températures les plus élevées ont été enregistrées. Dimanche, Sweihan, une petite ville située à environ 80 km à l’est d’Abu Dhabi, a enregistré une température de 51,77°C, la plus élevée jamais enregistrée aux Émirats arabes unis.
Le pays touchés en Afrique du Nord sont-ils suffisamment équipés pour faire face à ces sinistres qui sont appelés à se multiplier à l’avenir ? Ce qui est certain et convenu par les experts, c’est que les actions ponctuelles ne suffisent plus pour protéger les forêts et les populations riveraines, ce qui dicte un changement radical de la politique de prévention des incendies et autres catastrophes naturelles. Une véritable politique environnementale est aussi incontournable pour protéger les hommes et les forêts.
En Tunisie, le couvert forestier en Tunisie s’étend sur 4,6 millions d’hectares, soit 34% du territoire national. Le massif forestier se situe essentiellement dans les régions du nord et du centre ouest et abrite près d’un million d’habitants. Sa valeur économique est estimée à 932 millions de dinars selon des données du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.
Selon la même source, l’année 2020 a été marquée par un nombre record d’incendies, avec une moyenne dépassant le nombre d’incendies enregistrés entre 2011 et 2019, d’après des données de la Direction générale des forêts relevant du ministère de l’Agriculture. 55 incendies ont été enregistrés entre le 22 juillet et la première semaine d’août 2020, avec 18 incendies dans les régions de Béja, Jendouba, le Kef, Siliana, Bizerte et Nabeul.
Le phénomène des feux de forêts s’est poursuivi en 2022 qui a connu 88 incendies ayant ravagé près de 3 mille hectares sur la période allant du 1er juin au 26 juillet 2022.








