AccueilLa UNEITCEQ : Des études coûteuses et essentielles ignorées par les décideurs politiques !

ITCEQ : Des études coûteuses et essentielles ignorées par les décideurs politiques !

De nombreuses réformes économiques contribueront de manière significative au cours de la période à venir, à améliorer le climat des affaires en Tunisie et à renforcer sa compétitivité. Davantage qu’un souhait, telle est la perspective esquissée  par le Directeur général de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives, Alaya Bencheikh, dans une interview accordée à African Manager,, tout en révélant que es études livrées menées par l’ITCEQ produisent  un impact limité sur la prise de décision gouvernementale. Autre souci dont il ne s’est pas gardé de faire état, l’aggravation du phénomène de la fuite des cerveaux, qui pose un sérieux problème aux entreprises  économiques, puisque 35% des offres d’emploi ne sont pas satisfaites.

En tant que centre d’études économiques, sociales et de compétitivité, les tâches de l’Institut se déclinent  dans la  publication de rapports, dont le plus important est le rapport annuel sur le climat des affaires et la compétitivité des entreprises, basé sur une enquête de terrain qui porte sur un échantillon d’environ 1 100 petites et moyennes entreprises.

L’une des interventions de l’Institut consiste également à assurer le suivi des différents rapports internationaux pour connaître la position de la Tunisie par rapport à d’autres pays dans le domaine de la compétitivité et de l’économie.

Le deuxième volet est lié aux études quantitatives, où l’institut travaille à la réalisation de nombreuses études dans les domaines économique et social, en particulier en ce qui concerne les perspectives de développement, les études sur l’économie du savoir, l’intégration, les politiques financières, les transformations sociales et les ressources humaines.

Selon son DG, l’institut encadre des chercheurs dans leurs travaux de recherche en partenariat avec des institutions universitaires.

S’agissant de la contribution des études réalisées par l’Institut et de ses propositions dans la décision publique et dans la préparation de la législation et des lois, Bencheikh a  a avoué que, actuellement « notre impact est en deçà des attentes, d’autant plus que l’institut existe depuis près de 50 ans et que nous avons réalisé bon nombre d’études, notre ambition demeure plus grande que ce qui existe déjà. »

L’espoir de voir les études converties en lois et règlements

Ila  cependant ajouté que le manque d’influence de l’institut sur les décisions gouvernementales ne diminue en aucun cas l’importance des études et des consultations qui sont élaborées  « Nous espérons qu’elles seront traduites à l’avenir en lois et règlements relatifs aux affaires économiques », a-t-il dit.

Selon ses propos, comprendre les stratégies prises par les entreprises et institutions pour faire face à la situation économique difficile est un fait clé que le gouvernement doit comprendre afin d’être en mesure de modifier et de changer ses politiques d’une manière qui contribue à mettre en place un climat d’affaires approprié pour améliorer et attirer plus d’investissements.

L’autre ordre d’inquiétude  habitant l’ITCEQ a trait à l’érosion des compétences sur le marché du travail et l’exacerbation du phénomène de la fuite des cerveaux. A cet égard, le DG a affirmé que 35 % des postes dans les entreprises  économiques sont vacants, cet indicateur reflétant l’ampleur de la crise à laquelle les entreprises sont actuellement confrontées.

Cela signifie que les entreprises ouvrent la porte au détachement et ne parviennent pas à trouver ce qui répond à leurs leurs besoins, et en plus des données ou des formes structurelles liées à l’inadéquation entre les diplômés universitaires et les besoins du marché du travail, l’institut tend à trouver les nouvelles données de situation, qui sont la fuite des cerveaux.

« Ce point souligne, à nos yeux, l’importance de tels rapports dans la prise de décision, et donc les pouvoirs publics, lorsqu’ils prennent des données réalistes, se rendent compte de l’importance des problèmes de développement et vont donc soit dans le sens d’une modification des politiques, soit dans la création de nouveaux mécanismes pour faire face aux problèmes circonstanciels émergents.

Regagner la confiance

Se pose alors la question de savoir si la Tunisie est maintenant confrontée à l’impératif d’adopter de nouvelles lois pour stimuler l’investissement.  Pour le DG, le climat des affaires est encore difficile. Toutefois, depuis le début de 2023, le gouvernement a commencé à appliquer de nombreuses nouvelles lois et législations, qui devraient avoir un impact positif sur le climat des affaires dans la période à venir.

En effet, le nouveau projet de code des changes a atteint un stade avancé et devrait être renvoyé au Parlement pour discussion au cours de la période à venir.

« Nous espérons qu’une fois le code opérationnel, il contribuera à améliorer le climat des affaires, à accroître la confiance des épargnants et des concessionnaires et à rétablir la confiance pour encourager les flux d’investissements étrangers », a-t-il déclaré, soulignant que le code des changes est à l’étude.

C’est la bonne approche selon ses propos, étant donné qu’un long dialogue est actuellement en cours entre les différentes parties prenantes pour élaborer un code bancaire qui réponde aux aspirations des acteurs économiques à stimuler l’investissement, améliorer le climat des affaires et internationaliser les entreprises. 

« Le grand pari qui s’offre à nous est de réduire l’incertitude pour gagner la confiance, qui est une responsabilité partagée entre les différentes parties concernées, les entreprises du secteur privé sont tenues de s’intégrer dans le cadre de la responsabilité sociale, notamment au regard de la situation difficile des finances publiques et des niveaux élevés d’endettement… »,a-t-il affirmé.

Il est également du devoir de l’État de mettre en œuvre des réformes et de renforcer ses politiques de communication afin d’apporter une plus grande clarification à l’opinion publique, ce qui est également important pour assurer la stabilité de la législation.

Toujours selon Bencheikh, le retour de la production de phosphate et la restauration du secteur du tourisme sont également  des facteurs de soutien à la croissance économique, et la stimulation des exportations et à l’élargissement des accords commerciaux d’autres pays ouvriront de grandes perspectives commerciales pour la Tunisie.

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