La Première ministre italienne Giorgia Meloni a été recrue avec tous les honneurs à la Maison blanche, Joe Biden, qui lui a déroulé le tapis rouge, scellant ainsi l’avènement d’une nouvelle ère où le retour sur investissement pour la communauté transatlantique passe par la Méditerranée et les régions environnantes.
Ce qu’il faudra désormais engager à cette enseigne prendra à la fois les allures de meilleures initiatives et d’un parti à tirer parti de l’ampleur qu’un effort de coopération de la communauté transatlantique et de partenaires partageant les mêmes idées au Moyen-Orient et dans l’Indo-Pacifique (comme l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan) peut apporter pour faire pièce à l’influence « malveillante » de Pékin et de Moscou.
Le gouvernement italien a attiré l’attention sur cette nécessité lors du dernier sommet de l’OTAN, en insistant sur la nécessité pour l’Europe de jouer un rôle de premier plan en Afrique et en Méditerranée. Dans les jours qui ont suivi, l’Union européenne (toujours sous l’impulsion de l’Italie) a signé un mémorandum avec la Tunisie, relève The Heritage Foundation.
Ce mémorandum peut servir de précurseur à la stabilisation de la Tunisie, la rendant moins susceptible de tomber entre les griffes de la Chine, dont les ambitions ne sont rien de moins que de dominer l’Occident et l’Afrique, souligne le think tank. Mais l’accord, conçu principalement pour stabiliser l’économie tunisienne, devrait encore plus viser à apporter de réels progrès en matière de commerce et d’investissement ou les réformes économiques nécessaires pour lutter contre les causes sous-jacentes de la détresse économique du pays. Pour réussir, la communauté transatlantique doit donner suite à cet accord avec un réel engagement sur les questions difficiles, ajoute-t-il.
La Tunisie, un cas test
La Tunisie devrait être un cas test. La conclusion d’accords sur place devrait déboucher sur des accords avec la Libye, l’Égypte, le Niger (une plaque tournante des flux migratoires) et avec d’autres pays du Sahel, en vue d’établir des relations solides et mutuellement bénéfiques avec les pays africains.
Des investissements ciblés qui exploitent la puissance du capital occidental (plutôt que l’aide) et renforcent l’interconnectivité commerciale entre l’Afrique du Nord et l’Europe sont également essentiels pour contrer les efforts russes et chinois visant à tirer profit de la déstabilisation des nations africaines et à en faire des États clients.
Rome, avec sa position géographique et sa profondeur culturelle dans la région, offre une base d’opérations pour un double rôle. Ses moyens de défense et de renseignement peuvent aider à protéger les communications sous-marines vitales (gazoducs, câbles Internet, réseaux électriques) tout en garantissant le libre-échange dans la Mare Nostrum. Et il peut devenir une plaque tournante énergétique européenne, aidant le continent à rompre sa dépendance vis-à-vis du gaz russe et, ainsi, à renforcer la sécurité énergétique de l’Europe ainsi que les relations euro-atlantiques.
Le « Plan Mattei »
La récente proposition de l’Italie pour un « plan Mattei » pourrait servir de modèle pour un engagement coopératif plus poussé. Le plan prévu envisage un effort de coopération internationale visant, selon les mots d’un député italien, à « redonner à l’Afrique sa dignité », à travers le développement de son énergie et d’autres ressources. L’objectif est d’établir un partenariat mutuellement bénéfique pour le développement, à l’opposé de ce que font la Chine et la Russie. L’Italie promet solennellement que cela « ne sera pas prédateur ». Mais l’Italie ne peut agir seule.
L’Occident tout entier comprend l’importance du flanc sud pour sa propre sécurité et sa prospérité. C’est là que le rôle de l’Amérique est crucial. Washington pourrait être une force galvanisante pour amener des partenaires disparates à la table afin d’élaborer un programme qui profite à nous tous, estime The Heritage Foundation.
L’Italie assurera la présidence du G7 en 2024. Il n’y a pas de meilleur moment pour mettre la coopération en Méditerranée en tête de l’agenda. L’Italie devrait donner le ton en se retirant de la ceinture et de la route chinoises, en indiquant clairement qu’il n’y a pas de place pour l’influence déstabilisatrice de Pékin dans la région. Les États-Unis et l’Italie devraient promouvoir un G7 plus sur cet ordre du jour, afin que le prochain sommet du G7 inclue des pays comme l’Inde, la Corée du Sud et l’Australie. L’Italie et les États-Unis devraient également promouvoir conjointement l’Initiative des Trois Mers reliant l’Europe du Nord et du Sud.
L’Italie et les États-Unis ont une occasion unique de prendre la tête de ce dossier au sein de l’OTAN et de l’UE. L’établissement de partenariats avec des nations de l’autre côté de la Méditerranée, des partenariats qui fonctionnent vraiment, profiterait grandement à ces nations ainsi qu’à l’alliance et à l’union, conclut le groupe de réflexion et laboratoire d’idées basé à Washington.








