Quelques heures après l’avoir nommé au poste de chef du gouvernement en remplacement de Najla Bouden, le président de la République Kais Saied a présidé, mercredi au palais du gouvernement à la Kasbah, la cérémonie d’investiture d’Ahmed Hachani.
L’Etat et toutes les institutions continuent ; la responsabilité, nous l’assumons tous, où que nous soyons », a-t-il déclaré en prologue d’une allocation d’une vingtaine de minutes au cours de laquelle il a expliqué l’essence et les contours du mandat du nouveau locataire du palais de la Kasbah, un mandat qui intervient en cette étape historique de la Tunisie, a-t-il dit.
S’agissant de la fonction exécutive, Kais Saied a indiqué qu’elle est assumée par le président de la République avec le concours d’un gouvernement présidé par un chef du gouvernement, mettant l’accent sur la nécessité d’une symbiose et d’une complémentarité dans l’action, une harmonie d’autant plus indispensable qu’elle doit régner entre toutes les institutions de l’Etat, comme le stipule la Constitution et qui doit être rigoureusement la règle, a-t-il souligné.
Abordant les défis auxquels la Tunisie fait face à l’heure actuelle, le président de la République les a qualifiés d’énormes, dont certains ont été relevés, alors que d’autres devront l’être, d’autant que la route est longue.
« Nous ne ménagerons aucun effort pour répondre à la volonté de notre peuple », a assuré le chef de l’Etat, citant parmi les défis auxquels il importe de s’attaquer, le terrorisme, et encore plus une autre forme de terrorisme que s’emploient à perpétrer des cartels en affamant le peuple. « Il n’y a nullement lieu de tolérer ni faire montre de mansuétude envers ces cartels qui doivent rendre des comptes et répondre de leurs actes, », a insisté Kais Saied.
« Il est du droit du peuple de vivre, et quiconque tente de toucher à son gagne-pain et attenter à la paix civile de la Tunisie le paiera très cher conformément à la loi et dans le cadre d’une justice équitable », a averti le président de la République, qui a ajouté que «ce qui se passe actuellement dans plusieurs régions du pays vise à attiser la situation sociale à l’instigation de lobbies qui tirent les ficelles tout en restant dans l’ombre ».
« Nous allons poursuivre l’assainissement du pays, et continuerons à demander des comptes aux instigateurs et acteurs de la corruption qui se croient hors d’atteinte de toute imputabilité » a prévenu le chef de l’Etat.
L’Etat attaché à son rôle social
Autre thème sur lequel le président de la République a mis l’accent en évoquant le mandat du nouveau chef du gouvernement, le rôle social de l’Etat, outre ses fonctions régaliennes, notamment la préservation de la sécurité, assurant que « nous ne sommes nullement prêts à renoncer à cette vocation sociale ».
Le chef de l’Etat a, d’autre part, appelé tous ceux qui assument des responsabilités au sein de l’Administration à s’y investir avec toute la sincérité et toute la loyauté requises, car il est de leur rôle premier de servir les Tunisiennes et les Tunisiens, et non d’entraver l’action du gouvernement dans bien des cas. Il a annoncé le projet qui portera sur la révision des nominations qui ont été faites au niveau des fonctions et postes administratifs, et qui étaient entachées de fraudes et de faux diplômes en plus du fait que nombre d’entre elles ont été décidées sur la base de l’allégeance.
Le président de la République a lancé un ardent appel en faveur du travail et de l’effort pour pouvoir sortir de la Tunisie de la situation dans laquelle se trouve, alors qu’elle dispose de toutes les potentialités et des capacités pour évoluer et prospérer.
De la fonction exécutive
Des propos qui s’inscrivent dans la lignée de ceux tenus par le président de la République tard dans la nuit, lors de la cérémonie de prestation de serment du nouveau chef du gouvernement Ahmed Hachani ancien cadre de la Banque centrale de Tunisie.
En effet, le chef de l’Etat a affirmé que la Tunisie fait face à des défis de taille qu’il faut relever avec détermination et une volonté de fer afin de préserver la patrie et défendre la paix sociale. Il a mis l’accent sur » l’engagement d’œuvrer à la réalisation des attentes des Tunisiens, de la justice escomptée et de la dignité nationale « .
Il est utile de rappeler à cet égard les dispositions qui régissent la nature et le fonctionnement de la fonction de l’Exécutif, exercée par le président de la République assisté d’un Gouvernement. La Constitution stipule, dans son article 101 que le président de la République nomme le Chef du Gouvernement et, sur proposition de celui-ci, les autres membres du Gouvernement. Il peut, également mettre fin aux fonctions du Gouvernement ou de l’un de ses membres de sa propre initiative ou sur proposition du Chef du Gouvernement (article 102).
Le Président de la République détermine la politique générale de l’Etat, en définit les options fondamentales et en informe l’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts. Il peut s’adresser à eux conjointement, soit directement, soit par message.
A noter que les articles 111 à 116 déterminent les domaines de compétence et prérogatives du gouvernement qui est responsable de sa gestion devant le Président de la République.
Le gouvernement veille à la mise en œuvre de la politique générale de l’Etat, conformément aux orientations et aux options définies par le Président de la République








