La production énergétique, dans toutes ses déclinaisons, n’arrive toujours pas à remonter le courant, perpétuant ainsi une spirale de baisse d’autant plus massive que les moyens d’y remédier font cruellement défaut.
8 pour cent, c’est à ce taux que la production totale d’électricité a diminué, à fin juin 2023, pour se situer à 8470 GWh (hors autoproduction consommée) contre 9179 GWh à fin juin 2022.
Selon le rapport sur la conjoncture énergétique pour le mois de juin 2023, publié lundi, par l’Observatoire national de l’énergie et des mines relevant du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, la production destinée au marché local a enregistré une diminution de 5%.
Ainsi, les achats d’électricité de l’Algérie et de la Libye ont couvert de 12% des besoins du marché local à fin juin 2023, et la STEG conserve toujours la part du lion dans la production électrique avec 99% de la production nationale à fin juin 2023.
L’électricité produite à partir de gaz naturel (STEG + IPP) a enregistré une diminution de 8%. La production d’électricité à partir des énergies renouvelables s’est située à 2.5%.
Il est utile de signaler que 182 MW de toitures photovoltaïques ont été installées dans le secteur résidentiel et 304 autorisations ont été octroyées pour une puissance totale de 79MW dans les secteurs industriel, tertiaire et agriculture.
Selon la même source, la pointe a enregistré une baisse de 22% pour se situer à 3566 MW à fin juin 2023 contre 4563 MW à fin juin 2022. Toujours selon le document, les ventes d’électricité ont enregistré une baisse de 1% entre fin juin 2022 et fin juin 2023. Les ventes des clients de la haute tension ont enregistré une diminution de 5%, celles des clients de la moyenne tension ont enregistré aussi une baisse de 3%.
A noter que les ventes basses tensions destinées majoritairement au secteur résidentiel (près de 75% en moyenne), ne permettent pas d’avoir une idée exacte sur la consommation réelle. Les industriels restent les plus grands consommateurs d’électricité avec 61% de la totalité de la demande des clients HT&MT à fin juin 2023.
La majorité des secteurs ont enregistré une baisse des ventes principalement l’industrie du papier et de l’édition (-22%), des industries extractives (-14 %) et des IMCCV (-10%), contre une hausse des ventes du secteur de pompage ( eau et services sanitaires ) (+11%)et le secteur de tourisme (+3%).
Pétrole : Pas de nouveaux permis, ou si peu
Le nombre total de permis en cours de validité à fin juin 2023, est de 17 dont 14 permis de recherche et 3 permis de prospection, selon le même rapport.
Le nombre total de concessions est de 56 dont 44 en production. L’Etat participe à travers l’ETAP dans 34 de ces concessions en production et directement dans trois.
ll est à rappeler qu’un nouveau permis de recherche » Boughrara » a été attribué en janvier 2023 (Journal officiel de la République tunisienne (JORT) n° 6 du 17 janvier 2023).
S’agissant des opérations d’exploration, aucune nouvelle opération d’acquisition sismique n’a été enregistre à fin juin 2023, ni d’ailleurs, aucune nouvelle opération de forage de développement.
Par contre, il y a de nouvelle opération de forage de deux nouveaux puits d’exploration » Araifa-2 » et » Sabeh-1 « , à fin juin 2023.
L’énergie primaire décroche de 10%
Autre baisse mentionnée par l’Observatoire national de l’énergie et des mines relevant du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, celle du bilan de l’énergie primaire qui a diminué de 10% durant le 1er semestre de 2023, par rapport à la même période 2022.
Ce repli est dû, essentiellement, à la baisse de la demande d’énergie primaire.La production des hydrocarbures a joué, par contre, en défaveur de cette baisse, a expliqué la même source. En comptabilisant la redevance, le bilan d’énergie primaire fait apparaître à fin juin 2023, un déficit de 2.08 Mtep enregistrant, ainsi, une diminution de 10% par rapport à fin juin 2022.Le taux d’indépendance énergétique, qui représente le ratio des ressources d’énergie primaire par la consommation primaire, s’est situé à 52% à fin juin 2023 contre 51% à fin juin 2022.Sans la comptabilisation de la redevance, le taux d’indépendance énergétique se limiterait à 41% à fin juin 2023 contre 40% à fin juin 2022.
Les ressources d’énergie primaire se sont situées à 2.3 Mtep à fin juin 2023, enregistrant ainsi une baisse de 6%, par rapport à la même période de l’année précédente, en raison principalement, à la diminution de la production nationale de pétrole brut et de gaz naturel. Les ressources d’énergie primaire restent dominées par la production nationale de pétrole et de gaz qui participent tous les deux à hauteur de 74% de la totalité des ressources d’énergie primaire. La part de l’électricité renouvelable (production STEG uniquement) reste timide et ne représente que 1% des ressources primaires.
La redevance du gaz algérien également
A signaler que la redevance sur le transit du gaz algérien a enregistré une diminution de 2% à fin juin 2023 par rapport à la même période de 2022. Selon la même source, la demande d’énergie primaire a diminué de 8% entre le premier semestre de 2022 et le premier semestre de 2023. La demande de gaz naturel a baissé de 12% alors que celle des produits pétroliers a enregistré une régression de 4%. A signaler que la demande de gaz naturel a diminué de 12%, suite à la limitation des achats du gaz algérien. Pour faire face et couvrir la totalité de la demande nationale en électricité, la STEG s’est orientée vers les importations d’électricité. La structure de la demande d’énergie primaire a enregistré un léger changement, en effet, la part de la demande des produits pétroliers est passée de 48% à fin juin 2022 à 50% à fin juin 2023.Par contre, la part de gaz naturel est passée de 52 % à fin juin 2022 à 50% à fin juin 2023.







