La finance numérique représente une solution nouvelle pour l’inclusion financière. Portée par la téléphonie mobile, les nouvelles données et les innovations technologiques, la finance numérique est devenue un outil abordable et pratique pour les clients non bancarisés, afin d’accéder aux services bancaires formels. Bien que ces nouveaux développements technologiques et acteurs financiers offrent des possibilités nouvelles, le paysage émergent devient également plus complexe et exerce une pression croissante sur les institutions financières traditionnelles pour passer au numérique.
En Tunisie, le projet » Education financière sur les services financiers digitaux (SFD) en Tunisie » a permis à ce jour de former plus de 9000 mille personnes, dont 73% de femmes sur les concepts clés et les usages liés aux SFD, selon des données présentés vendredi, lors de l’atelier de clôture de ce projet tenu à Tunis.
Piloté par l’Observatoire d’Inclusion Financière (OIF) et mis en œuvre par le Centre de la Femme Arabe pour la Formation et la Recherche (CAWTAR), le projet a également, contribué à créer un réseau national de 25 ambassadeurs et ambassadrices d’éducation financière chargés d’assurer la diffusion des connaissances et des bonnes pratiques au niveau régional. Il a également permis la création d’une plateforme gratuite d’éducation financière.
Ayant démarré en 2022, le projet Education financière sur les SFD s’inscrit dans le cadre du projet » Inclusion Financière en Tunisie (IFT) est porté par l’Agence Allemande de Coopération Internationale (GIZ) en collaboration avec le ministère des Finances.
Ciblant principalement les femmes économiquement actives, à faibles revenus et issues des zones rurales et périurbaines, ce projet a pour objectif d’instaurer une culture financière » accessible « , » inclusive » et » équitable » en Tunisie. S’inscrivant dans le droit fil du » programme national d’éducation financière 2023-2027 » initié par l’OIF, le projet a été développé dans le but de fournir plus de possibilités et d’opportunités pour les femmes, afin qu’elles puissent accéder à des connaissances et des outils de soutien en matière de littératie et d’éducation financière.
Un projet de loi relatif bientôt soumis à l’ARP
Lors de l’atelier de clôture du projet, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Marouane El Abassi a déploré le manque d’inclusion financière en Tunisie, rappelant que plus de 60% des ménages n’ont pas accès aux services financiers. » Il est impératif par conséquent de mettre en place des mécanismes afin de renforcer l’inclusion numérique des Tunisiens, notamment, à travers l’éducation financière a-t-il déclaré soulignant l’intérêt de ce projet .Et de souligner le rôle important des ambassadeurs d’éducation financière dont la mission est de sensibiliser la population notamment, rurale à l’importance des services financiers digitaux comme le portefeuille électronique lancé par le ministère des Technologies de la Communication. Le gouverneur de la BCT a, par ailleurs, indiqué que le projet de loi relatif à l’inclusion financière sera prochainement soumis à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).
Citant une étude réalisée par le ministère des Finances et la GIZ en 2022, Jacqueline Groth, Représentante de la coopération allemande en Tunisie a fait remarquer que le taux d’accès à une institution financière formelle s’élève à 54% dans les zones rurales et périurbaines, tandis qu’il est de l’ordre de 63% dans l’ensemble du pays.
Selon elle, la Tunisie dispose de plusieurs atouts lui permettant de renforcer son inclusion financière digitale, citant à cet égard, la pénétration d’internet et de téléphonie mobile ainsi que l’écosystème de fintechs très dynamique.
Elle a, dans ce contexte, souligné que le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) soutiendra une nouvelle phase de ce projet qui débutera l’année prochaine.








