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Un nouveau chapitre pour le secteur minier tunisien

Classée récemment première, à l’échelle africaine, en économie de transformation (celle des matières butes et articles semi finis en produits finis), la Tunisie aspire à développer et à diversifier son secteur minier en vue de mieux se positionner également dans le domaine des explorations et exploitations minières.

Justement, le secteur minier tunisien est resté, au cours de ces deux dernières décades, dépendant de la production du phosphate et dérivés. Il est dominé à 80% par l’activité du phosphate, alors que les ressources minières métalliques  et non métalliques en Tunisie sont très diverses, et certaines d’accès faciles. Au même moment, l’exploration et l’exploitation minières y sont aussi vieilles que la révolution industrielle.

Pour ne signaler qu’un seul exemple, le groupe tunisien « Les Industries Chimiques du Fluor » (ICF) est l’un des plus grands producteurs de fluorure d’aluminium au monde avec une capacité́ de près de 45 mille tonnes par an entièrement destinées à la commercialisation aux fonderies d’aluminium dans le monde. La Société ICF dispose aussi d’une unité́ de production d’anhydrite.

Mais, outre le fluor,  le spécialiste Salah Bouhlel a recensé parmi les substances métallifères et semi métalliques en Tunisie, le plomb, le zinc, le fer, le baryum, le cuivre, l’argent, le cadmium, l’arsenic, le mercure, le manganèse, le strontium, l’or.

S’agissant des substances non métalliques et des roches industrielles, Najeh Chérif, chargée de la direction générale des mines au ministère de l’Industrie, des mines et de l’énergie, dans un exposé détaillé sur le secteur minier tunisien, en mai dernier 2023, lors d’un séminaire organisé par la Chambre tuniso-allemande d’Industrie et de Commerce, à Tunis, avait mentionné les sels naturels solides ou dissous (chlorures, bromures, iodures, sulfates, nitrates), le gypse, le sable siliceux, le carbonate de calcium, le bentonite.
Elle a confirmé que la Tunisie dispose de la quatrième réserve mondiale en gypse jurassique  au Sud-est, à Tataouine, notamment, ainsi que de réserves importantes de carbone de calcium de bonne qualité dans plusieurs gouvernorats du Nord au Sud : Bizerte, Béja, Kef, Kasserine, Sidi Bou Zid, Gafsa, Kébili, Tataouine.  
Or,  selon Najeh Chérif et Salah Bouhlel, les perspectives de relance du secteur minier tunisien sont prometteuses.

Elle a signalé la reprise de l’exploration et de l’exploitation des gisements de plomb et de zinc en 2018 après leur suspension en 2005 pour .épuisement de la dernière mine exploitée alors, et ce grâce à la découverte occasionnelle d’autres gisements rentables.

A cet égard, un récent rapport de l’Office national des mines affirme en substance. Pour l’avenir de l’exploration minière en Tunisie, un nouveau chapitre doit être abordé, c’est la recherche de gisements aveugles dans des structures dépourvues d’indices affleurantes ou sub-affleurantes. La découverte par l’ONM du gisement Fe.Pb.Zn.Ba.Sr de Guébli (Province fluorée, c’est-à-dire la région de Zaghouan) en est la plus belle illustration ».
Il s’agit de gisement de fer, plomb, zinc, baryton, strontium.

Nombreux avantages

Dans son exposé cité, Najeh Chérif a confirmé également que « la recherche minière doit passer à des niveaux plus profonds pour découvrir des sites aveugles ».
Après la fermeture des dernières  mines métalliques,notamment celle de plomb et de zinc, certains spécialistes dont Salah Bouhlel avaient prédit l’existence de nombreux autres gisements rentables enfouis quelques parts et attendant à être découverts. Et c’est ainsi qu’il y a eu la découverte signalée dans la Province fluorée.

Des gisements aveugles de fer existeraient aussi, ce qui permettrait de relancer l’extraction du fer pratiquement en veilleuse, limitée actuellement à environ 220 mille tonnes par an.
Aussi, Najeh Chérif a fait état de nombreux projets programmés dans ce domaine  par des structures publiques et des opérateurs privés tunisiens et d’autres nationalités. Elle en a signalé 4 projets dans le domaine du phosphate dont un projet à Tozeur- Nefta (2,5 millions tonnes par an), et celui de Sra Ouertane au Kef (4 millions tonnes), 3 projets dans le domaine des  Pb. Zn. Ba, Sr, outre 4 concessions de gypse, 8 concessions de sel, 19 concessions de sables siliceux et 3 concessions de carbonate de calcium.  

Dans ce même ordre d’idées, le secteur minier tunisien offre de nombreux   atouts et divers avantages aux investisseurs tunisiens et d’autres nationalités résumés, ainsi, par  Najeh Chérif : infrastructure géologique de base développée, bon emplacement géographique, bonne gouvernance du secteur à travers la publication périodique des données et l’adhésion à l’EITI (Extractive Industries Transparency Initiative), mais aussi et surtout un bon Code minier tunisien avec la perspective de la création d’une autorisation des rejets miniers et la révision de la fiscalité minière.

S.B.H

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