Des heurts ont éclaté dimanche à Dakar entre forces de sécurité et manifestants protestant contre le report inédit de la présidentielle annoncé la veille par le chef de l’Etat Macky Sall dans une atmosphère hautement volatile.
Les gendarmes ont déclenché un tir nourri de grenades lacrymogènes contre des centaines d’hommes et de femmes de tous âges qui, drapeau du Sénégal à la main ou maillot de l’équipe nationale de foot sur le dos, convergeaient sur l’un des principaux axes routiers de la capitale vers un rond-point où plusieurs candidats d’opposition leur avaient donné rendez-vous, ont constaté les journalistes de l’AFP.
Ce sont les premiers troubles consécutifs à l’annonce par le président Sall du report de la présidentielle du 25 février.
Le report de la présidentielle a suscité un tollé et fait craindre un accès de fièvre dans un pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, mais qui a connu différents épisodes de troubles meurtriers depuis 2021.
L’annonce a aussi provoqué l’inquiétude à l’étranger.
Plusieurs candidats d’opposition ont annoncé à la presse leur décision d’ignorer la décision et de maintenir le lancement de leur campagne.
C’est la première fois depuis 1963 qu’une présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal, un pays qui n’a jamais connu de coup d’Etat, une rareté sur le continent.
Le président Sall a invoqué le conflit qui a éclaté entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale après la validation définitive par la juridiction de vingt candidatures et l’élimination de plusieurs dizaines d’autres.
Les députés doivent se réunir lundi pour examiner une proposition de loi pour le report de la présidentielle de six mois, a appris l’AFP auprès du Parlement. Le texte doit être approuvé par les 3/5 des 165 députés pour être validé.
Ce débat s’annonce comme un autre temps fort de la crise et l’approbation du texte ne semble pas acquise.
Sénégal: Premiers heurts après le report de la présidentielle
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