Sur la toile, plusieurs groupes ont été créés par les internautes pour dénoncer les arnaques et les mauvais plans qu’on peut souvent croiser sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, premier réseau utilisé par les Tunisiens où ils sont présents avec 7.625.400 utilisateurs locaux, représentant 64 % des internautes du pays.
Des arnaqueurs utilisent ces supports pour écouler leurs marchandises douteuses. Ils promettent monts et merveilles avec des messages publicitaires trompeurs. Mais une fois le consommateur pris dans leurs filets, il saura à quoi s’en tenir.
Selon la dernière étude ‘Stay Secure’ de Visa, l’excès de confiance expose les consommateurs tunisiens à être victimes de fraudes et de manœuvres dolosives. Bien que près de la moitié des personnes interrogées (49%) affirment être suffisamment averties pour éviter les escroqueries en ligne et par téléphone, la réalité est que huit personnes sur dix (86%) sont susceptibles de ne pas tenir compte des indices d’alerte qui suggèrent une activité criminelle en ligne.
Réalisée par Wakefield Research, l’étude ‘Stay Secure’ 2023 de Visa Visa’s 2023 Stay Secure Study révèle qu’un peu plus de quatre personnes sur dix (43%) en Tunisie ont été victimes d’une arnaque au moins une fois. Plus alarmant encore, 15 % ont été trompés plusieurs fois.
Selon l’étude, les escroqueries deviennent de plus en plus sophistiquées et leurs auteurs utilisent de nouveaux procédés pour tromper les consommateurs qui ne doutent de rien. Qu’il s’agisse d’un colis retenu à la douane, d’un abonnement à un service de streaming prétendant avoir expiré ou d’un bon d’achat gratuit pour une marque préférée, les fraudeurs adoptent des tactiques extrêmement persuasives pour tromper leurs victimes.
Mise en garde des fraudes sur la toile
L’ampleur prise par la fraude en ligne et sur les réseaux sociaux a été au cœur d’une conférence de presse tenue, mardi, à Tunis par l’Organisation de défense du consommateur. L’ODC a, ainsi, appelé les citoyens à faire preuve de vigilance et à ne pas se laisser tenter par les publicités mensongères.
L’organisation a indiqué que ses services reçoivent environ 25 plaintes par semaine concernant des pratiques de vente frauduleuse via les réseaux sociaux ou des chaînes de télévision, ajoutant que son compte Facebook a reçu 290 plaintes entre le 1er janvier et le 3 octobre 2024.
Ces plaintes concernent, principalement, la vente d’appareils électroniques avec 46 plaintes dénonçant la non-conformité des appareils livrés à ceux affichés et la mauvaise qualité de certains appareils. Les ustensiles de cuisine arrivent en deuxième place avec 32 plaintes, puis les produits alimentaires (miel, confiture, jus de fruits…) avec 25 plaintes.
Le président de l’ODC, Ammar Dhaya, a souligné que la majorité de ceux qui pratiquent la vente en ligne et via les réseaux sociaux sont anonymes et actifs uniquement dans l’espace virtuel, ce qui rend difficile d’engager des poursuites en cas d’infraction.
Il a ajouté que l’organisation œuvre à sensibiliser les consommateurs à la nécessité d’être vigilants pour éviter les problèmes qui pourraient résulter des ventes en ligne, notamment face au vide juridique qui entache ce phénomène.
Il a indiqué que l’organisation trouve des difficultés à suivre les contrevenants en raison de l’absence de structures de contrôle qualifiées, soulignant l’impératif d’activer le rôle des services compétents du ministère du Commerce pour développer une approche pratique de lutte contre la fraude en ligne.
Dhaya a appelé les consommateurs à ne pas se laisser tenter par les pages de vente sur les réseaux sociaux, affirmant que les entreprises de commerce électronique doivent se conformer à la loi et procéder aux autorisations administratives nécessaires.








